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Lancé le 22 mars 2024 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series, Dragon’s Dogma 2 a suscité beaucoup d’enthousiasme chez les adeptes du genre RPG en monde ouvert, grâce à son univers distinctif. Le principe reste celui du premier épisode : un action-RPG où l’on explore à pied un territoire dense, accompagné de compagnons contrôlés par l’intelligence artificielle, les pions, empruntés aux parties d’autres joueurs.
Les avis sont partagés en raison de divers facteurs comme l’optimisation, la jouabilité et les transactions in-game. Le jeu a néanmoins réalisé un démarrage record pour Capcom sur PC, dépassant les performances de Monster Hunter: World. Dans l’industrie du jeu vidéo, un tel niveau de ventes ouvre presque toujours la question du contenu additionnel, ces extensions payantes qui prolongent une aventure une fois le générique passé.
Ceux qui ont trouvé du plaisir dans ce jeu pourraient donc se questionner sur la possibilité d’extensions futures pour Dragon’s Dogma 2, dans l’espoir de découvrir encore plus de contenus. Capcom a-t-il réellement quelque chose en préparation, et que peut-on déduire des signaux envoyés par l’éditeur japonais depuis le lancement ?
Un démarrage record, malgré les critiques
Les chiffres du lancement ne laissent guère de place au doute sur le succès commercial. Capcom a annoncé 2,5 millions d’exemplaires écoulés en onze jours, un rythme inédit pour l’éditeur sur cette licence. Sur Steam, le jeu a atteint environ 224 000 joueurs connectés simultanément, soit plus de 30 % au-dessus du remake de Resident Evil 4, jusqu’alors la meilleure ouverture de Capcom sur la plateforme.
Le contraste avec l’accueil des joueurs n’en est que plus frappant. Les critiques de presse, très favorables avant la sortie, ont laissé place à une vague d’avis négatifs dès le premier week-end. Deux reproches dominent : des performances instables sur PC comme sur consoles, notamment dans la capitale du jeu, et la découverte de 21 achats optionnels disponibles dès le jour du lancement.
Ce dernier point a cristallisé l’essentiel du mécontentement. La plupart de ces contenus payants portaient sur des objets que les joueurs estimaient devoir obtenir gratuitement en jouant, comme des cristaux ou des pierres de résurrection. La polémique portait moins sur le prix que sur le principe, dans un jeu solo vendu au tarif fort.
Qu’est-il envisagé ?
Des extensions sont-elles envisagées pour Dragon’s Dogma 2 ? Pour le moment, il n’est prévu aucune extension pour enrichir le récit du jeu. Il ne faut toutefois jamais dire jamais, surtout que Capcom semble désireux de maximiser ses revenus auprès de sa communauté de joueurs.
Il est donc plausible qu’un contenu supplémentaire soit ultérieurement proposé, comme le suggère une enquête diffusée peu après le lancement du jeu. Capcom a lancé un questionnaire invitant les joueurs à donner leur avis, relayé par le média spécialisé VGC. Un éditeur ne consulte pas son public sur le prix d’une extension s’il a déjà tranché la question en interne, dans un sens comme dans l’autre.
Ce que demande vraiment le sondage de Capcom
Le questionnaire, ouvert jusqu’au 21 avril 2024 et récompensé par un fond d’écran numérique, dépasse la simple prise de température. Voici les points sur lesquels l’éditeur cherche des réponses :
- la plateforme sur laquelle les joueurs ont fait tourner le jeu ;
- les éléments du jeu qui leur ont plu, et ceux qui les ont déçus ;
- leur intérêt pour l’achat d’un contenu additionnel s’il venait à sortir ;
- le type de contenu qu’ils aimeraient voir arriver ;
- le prix qu’ils seraient prêts à payer, de moins de 10 € à plus de 50 €.
L’amplitude de la fourchette tarifaire est le détail le plus parlant. Passer de 9,99 € à « plus de 50 euros » revient à couvrir aussi bien un petit chapitre annexe qu’une extension de la taille d’un jeu, ce qui trahit un projet encore ouvert plutôt qu’un calendrier verrouillé.
Le précédent Dark Arisen, la vraie référence
Pour jauger ce qui pourrait arriver, le premier épisode fournit un point de comparaison solide. Sorti en 2013, moins d’un an après le jeu de base, Dragon’s Dogma: Dark Arisen ajoutait l’île de Bitterblack, une zone entière, un bestiaire inédit et un équipement de haut niveau. L’extension a durablement changé la réputation du titre, au point que la plupart des joueurs découvrent aujourd’hui l’original par cette version.
Ce précédent pèse d’autant plus que le directeur du jeu a lui-même décrit sa suite comme une revanche sur les compromis du premier épisode.
Je voulais vraiment, vraiment faire Dragon’s Dogma 2 juste après la sortie du premier. Maintenant que j’y travaille, je le fais de façon à ne rien laisser de côté, cette fois-ci.
Hideaki Itsuno, directeur de Dragon’s Dogma 2, dans un entretien accordé à RPG Site pendant le Tokyo Game Show, le 24 septembre 2023
Cette déclaration se lit dans les deux sens. Elle peut signifier qu’aucune matière n’a été mise de côté pour une extension, ou au contraire qu’un studio libéré de ses frustrations dispose enfin d’une base assez large pour bâtir un Bitterblack de nouvelle génération.
Les correctifs promis passent avant toute extension
Avant de parler contenu additionnel, Capcom a d’abord dû éteindre l’incendie technique. L’éditeur a détaillé une série de mises à jour attendues dans un avenir proche : la possibilité de démarrer une nouvelle partie alors qu’une sauvegarde existe déjà, le passage à 99 exemplaires achetables de l’Art de la Métamorphose auprès des guildes de pions, et l’ajout d’options de rendu sur consoles.
Ces réglages consoles comprennent la désactivation du flou cinétique et du ray tracing, ainsi que le choix entre une fréquence d’images variable et un plafond à 30 images par seconde. Le premier correctif d’ampleur, puis les mises à jour déployées en avril, ont largement occupé les premières semaines de suivi. Un studio occupé à réparer n’annonce pas d’extension dans la foulée, ce qui explique en partie le silence de Capcom sur le sujet.
Une porte laissée entrouverte, et une communauté qui attend
Dragon’s Dogma 2, malgré des critiques mitigées principalement dues à des problématiques d’optimisation et de gameplay, a marqué les esprits avec son lancement record pour Capcom. Les joueurs, captivés par cet univers, restent en attente d’éventuelles extensions pour enrichir encore leur expérience, qu’il s’agisse de nouvelles zones ou d’un approfondissement du système de pions et de leurs synergies. Capcom, conscient de cet engouement, a initié une enquête pour sonder l’intérêt pour de futurs contenus additionnels, ce qui laisse la possibilité d’extensions ouverte.
Reste à savoir ce que l’éditeur retiendra des réponses reçues. Un sondage sert autant à mesurer une envie qu’à préparer un public à une annonce, et la frontière entre les deux tient souvent au ton des retours. Sur ce point, la colère née des 21 achats optionnels du lancement risque de peser lourd dans les résultats.
Les mois à venir diront si Capcom transforme cet essai commercial en véritable rallonge de contenu, ou s’il se contente d’exploiter la licence par petites touches payantes. La réponse en dira long sur ce que devient un action-RPG solo quand il se vend deux millions et demi de fois en onze jours.

