Castlevania : Belmont’s Curse ramène Bloody Tears dans un Paris en flammes

Konami a diffusé le 4 septembre une bande-annonce de Castlevania: Belmont's Curse construite autour de Bloody Tears, thème de la série depuis 1987. À six semaines de la sortie, la question est de savoir si cette fidélité sonore accompagne un jeu capable de tenir sur la durée.

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Konami a mis en ligne le 4 septembre une bande-annonce de Castlevania: Belmont’s Curse entièrement construite autour de Bloody Tears, l’un des thèmes musicaux qui accompagnent la série depuis 1987. Belmont’s Curse est un jeu d’action et d’exploration en deux dimensions, développé par le studio français Evil Empire sous licence Konami, avec Motion Twin en soutien, et attendu le 15 octobre 2026 sur PC, PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch. La vidéo réunit un arrangement inédit du morceau, des séquences de récit jamais montrées et plusieurs affrontements de boss.

Une bande-annonce musicale ressemble d’ordinaire à un exercice de communication sans grande conséquence. Celle-ci arrive pourtant à six semaines de la sortie, sur une licence qui fête ses quarante ans et qui n’avait plus eu d’épisode d’action en deux dimensions depuis longtemps. Konami joue gros sur ce retour, et confie la relance d’un monument à un studio de Bordeaux. Que raconte vraiment cette vidéo sur le jeu qui arrive ?

Bloody Tears, un thème de 1987 remis au centre du jeu

Bloody Tears est apparu dans Castlevania II: Simon’s Quest et n’a plus quitté la série depuis. Le morceau a été repris dans des dizaines d’épisodes, joué en concert, réorchestré, au point de partager avec Vampire Killer le statut de repère sonore de la franchise. Le remettre en tête d’affiche d’une bande-annonce n’est donc pas un choix décoratif.

Le message adressé aux joueurs de longue date est limpide : Belmont’s Curse veut construire du neuf sans couper le lien avec les épisodes classiques. La nouvelle vidéo l’illustre autrement qu’en paroles, puisqu’elle montre des combats plus rapides que ceux des anciens Castlevania tout en gardant la charpente sonore des épisodes en deux dimensions.

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La bande-annonce Bloody Tears diffusée par Konami le 4 septembre 2026.

Le jeu avait déjà été présenté lors du Xbox Games Showcase 2026, mais avec une matière bien plus mince. Cette diffusion apporte un morceau réarrangé, des scènes et des combats absents de la première annonce, ce qui en fait la présentation la plus consistante à ce jour.

Un Paris de 1499 transformé en terrain de chasse

L’histoire s’ouvre dans un Paris en flammes, où des créatures surgissent autour d’un château menaçant. Trevor Belmont s’y engage avec sa fille et le Vampire Killer, avant que Rose ne bascule dans une conspiration qui la dépasse. Le choix d’une ville réelle et identifiable éloigne la série de son château isolé habituel, même si la reconstitution historique s’autorise une large part de fantastique.

Le cadre temporel n’est pas non plus laissé au hasard. Belmont’s Curse se déroule vingt-trois ans après Castlevania III: Dracula’s Curse, dans un espace narratif volontairement resserré entre deux épisodes connus. Cette précision chronologique explique pourquoi l’équipe a puisé en priorité dans Dracula’s Curse et Curse of Darkness plutôt que dans l’ensemble d’une saga vieille de quatre décennies, un principe déjà à l’œuvre quand Konami confie une de ses licences historiques à un studio extérieur.

Ce que la bande-annonce montre du système de jeu

La vidéo laisse volontairement dans l’ombre l’organisation de la carte, mais elle détaille assez précisément les outils dont dispose Rose. Quatre éléments ressortent des images diffusées et des informations publiées par Konami.

  • Un fouet qui sert autant à frapper qu’à se déplacer, en s’accrochant au décor pour traverser les zones ;
  • Sept catégories d’armes, complétées par des reliques qui modifient les capacités offensives et défensives ;
  • Des cartes de tarot capables d’emprisonner certains boss vaincus, qui deviennent alors des Arcanes et ouvrent de nouvelles attaques ;
  • Un bestiaire qui convoque la Mort, Méduse et Carmilla, avec une interprétation de Jeanne d’Arc parmi les adversaires.

Le système d’Arcanes est la vraie nouveauté de cette présentation. Réutiliser le pouvoir d’un boss vaincu transforme chaque affrontement en récompense durable, une mécanique héritée d’Aria of Sorrow et de Circle of the Moon selon les développeurs.

Reste que ces promesses reposent sur une héroïne inédite dans la série, dont l’existence même n’était pas prévue au départ.

Rose Belmont, une héroïne née pendant l’écriture

Rose est la fille de Trevor Belmont, et elle n’a pas été conçue comme une déclaration d’intention. La directrice Yukiko Hokao a expliqué que le personnage principal n’était pas défini comme féminin au lancement du projet : c’est en construisant l’univers et le récit que l’équipe a jugé que le rôle conviendrait mieux à une femme, et le lien père-fille est devenu le cœur émotionnel du jeu.

Ce fonctionnement dit quelque chose de la façon dont Konami a encadré le chantier. D’après l’entretien accordé par les équipes à PCGamesN pendant la gamescom, l’éditeur japonais a laissé Evil Empire proposer des idées jugées audacieuses, tout en veillant à ce que chaque élément d’art, de design et d’écriture reste cohérent avec l’ensemble de la série.

Nous savons à quel point il est important de préserver l’héritage de la franchise et de conserver les éléments qui font de Castlevania un Castlevania.

Tsutomu Taniguchi, producteur chez Konami, entretien accordé à PCGamesN pendant la gamescom, en août 2026

Evil Empire connaît la position, puisque le studio est né pour prolonger Dead Cells au nom de Motion Twin. Le même schéma se rejoue ici, avec Motion Twin en figure tutélaire qui valide l’avancement du projet, comme d’autres studios historiques qui changent de registre à l’image de Game Freak quittant momentanément Pokémon.

Des performances qui varient nettement selon la machine

La bande-annonce ne dit rien des questions techniques, mais le site officiel du jeu publie déjà des chiffres qui distinguent clairement les plateformes.

PlateformeFréquence d’imagesÉdition standardMidnight Edition
PlayStation 560 i/s8 Go10 Go
Xbox Series et PC60 i/s8 Go10 Go
Nintendo Switch30 i/s4 Go6 Go

L’écart de fluidité entre 60 et 30 images par seconde compte double sur un jeu bâti sur le déplacement au fouet et sur des combats de boss exigeants. La division par deux de l’espace disque sur Switch laisse par ailleurs deviner des textures et des ressources audio allégées, un compromis désormais courant sur la machine.

Les textes seront proposés en français, tandis que les voix resteront en anglais et en japonais, un partage qui rappelle les arbitrages de localisation observés sur d’autres retours de licences anciennes.

Quarante ans de fouet et un rendez-vous au 15 octobre

Une mélodie de 1987 replacée au centre d’une campagne promotionnelle en dit long sur l’équilibre que cherche Konami : rassurer les joueurs historiques sans transformer le jeu en musée. La question posée à Belmont’s Curse n’est pas de savoir s’il sonne juste, ce que la bande-annonce démontre déjà, mais si sa carte et ses combats tiennent sur la durée.

Les six semaines qui restent avant le 15 octobre serviront surtout à vérifier ce point. Une licence de quarante ans confiée à un studio de vingt personnes reste un pari, et ce sont les premières heures de jeu qui diront si la fidélité sonore s’accompagne d’une architecture capable de soutenir l’exploration promise par le genre.

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