The Witcher 3 : les premières images de Songs of the Past tombent le 25 août à l’Opening Night Live

CD Projekt Red montrera les premières images de Songs of the Past le 25 août, à l'ouverture de la gamescom. Une extension pour un jeu de 2015, confiée à un studio partenaire pendant que The Witcher 4 mobilise l'essentiel des équipes.

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Le compte à rebours de la gamescom 2026 s’est brutalement accéléré dimanche soir. Geoff Keighley a publié la liste des huit jeux retenus pour l’Opening Night Live du 25 août, et The Witcher 3: Wild Hunt – Songs of the Past ouvre cette liste. Trois mois après son officialisation, cette troisième extension du jeu de rôle de CD Projekt Red n’a toujours pas montré la moindre image en mouvement.

Songs of the Past est un ajout scénarisé à The Witcher 3, sorti le 19 mai 2015, dans lequel le joueur reprend le rôle du sorceleur Geralt de Riv pour une aventure inédite. Le studio polonais l’a officialisée le 27 mai 2026 et vise une sortie en 2027 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC. Une extension pour un jeu qui aura alors douze ans : la proposition n’a plus grand-chose d’ordinaire dans une industrie qui range ses titres au placard dix-huit mois après leur lancement.

Le silence observé depuis mai laisse une question ouverte, et elle vaut bien au-delà du seul cas polonais : que reste-t-il à raconter sur un monde que soixante-cinq millions de joueurs ont déjà arpenté ?

Huit jeux pour l’Opening Night Live, et Geralt en ouverture

La publication de Geoff Keighley, dimanche 23 août, tient en une liste sans commentaire. Aux côtés de Songs of the Past figurent Final Fantasy VII Revelation, Gears of War: E-Day, Ananta, Tides of Annihilation, Metro 2039, Game of Thrones: War for Westeros et Warlock: Dungeons & Dragons. L’émission démarre le mardi 25 août à 20 h, heure de Paris, depuis Cologne, et sera diffusée gratuitement sur les chaînes YouTube et Twitch de la gamescom et du présentateur.

L’annonceur n’a rien précisé du contenu réservé à chaque titre, ce qui laisse le champ libre aux hypothèses. CD Projekt Red avait de son côté confirmé sa présence dès le 21 juillet, dans un communiqué qui évoquait de nouvelles informations sans jamais employer le mot bande-annonce. La formulation prudente du studio contraste avec l’attente accumulée depuis le printemps.

Dix ans se sont écoulés depuis Blood and Wine

Pour mesurer l’écart, il faut revenir à 2016. Blood and Wine, deuxième extension de The Witcher 3, refermait alors l’histoire de Geralt dans le duché ensoleillé de Toussaint, et personne n’imaginait sérieusement une suite. Songs of the Past arrive dix ans plus tard, à un moment où la licence occupe une place inhabituelle dans le calendrier du studio.

Le jeu de base, lui, n’a jamais vraiment quitté la scène. Selon le communiqué de CD Projekt Red publié le 21 juillet, The Witcher 3 s’est écoulé à plus de 65 millions d’exemplaires depuis 2015 et a récolté plus de 250 prix du jeu de l’année ainsi que plus de 1 000 récompenses professionnelles. Le chiffre de ventes a d’ailleurs progressé de cinq millions entre l’annonce de mai et le communiqué de juillet, ce qui donne une idée du rythme auquel le titre continue de se vendre.

Cette longévité doit beaucoup à une communauté qui n’a jamais lâché le jeu. Les moddeurs y ont exhumé des vestiges surprenants, dont un passage abandonné reliant Geralt à Night City, et le studio lui-même a fini par leur fournir des outils de modification officiels. Un jeu qui se réécrit tout seul depuis dix ans constitue un terrain préparé pour une extension tardive.

Fool’s Theory tient le chantier, CD Projekt Red garde la main

La particularité du projet tient à sa répartition. Songs of the Past n’est pas développée en interne : elle est confiée pour l’essentiel à Fool’s Theory, un studio polonais fondé par des vétérans qui ont travaillé sur The Witcher 3 et qui planche déjà sur le remake du premier épisode. CD Projekt Red conserve la direction créative sans mobiliser ses propres équipes.

Le coprésident du groupe a détaillé ce montage devant les analystes, en des termes qui expliquent aussi pourquoi le studio peut se permettre cette extension au milieu de deux chantiers colossaux.

L’extension est désormais dans une phase de production avancée. Environ 190 développeurs, pour la plupart issus de nos partenaires de confiance chez Fool’s Theory, travaillent actuellement avec nous sur le projet. Dans le même temps, CD Projekt Red assure la supervision créative pour préserver la qualité de l’expérience Witcher.

Michał Nowakowski, coprésident de CD Projekt, conférence de résultats du premier trimestre 2026, mai 2026

Ce que la répartition des effectifs révèle des priorités du studio

La même conférence de résultats a livré un instantané chiffré des forces en présence chez CD Projekt au 30 avril 2026, et cette photographie en dit long sur la hiérarchie interne des projets :

  • The Witcher 4, prochain grand épisode de la licence, mobilise 513 développeurs, contre 499 en février ;
  • Songs of the Past en occupe environ 190, très majoritairement chez Fool’s Theory ;
  • Project Orion, la suite de Cyberpunk 2077, en compte 163 ;
  • Project Sirius, dérivé multijoueur confié au studio américain The Molasses Flood, en réunit 83 ;
  • Project Hadar, la nouvelle licence maison, est retombé de 26 à 24 développeurs.

La lecture est limpide : une extension sous-traitée coûte moins cher qu’un jeu complet et entretient la marque pendant que The Witcher 4 avance. Elle rappelle aussi la méthode déjà éprouvée sur l’autre grande licence du studio, dont l’univers continue de vivre par des voies détournées, du jeu aux écrans, jusqu’à la suite animée diffusée sur Netflix cet automne.

Reste que 190 développeurs, ce n’est pas une équipe d’appoint. Le chiffre dépasse celui affecté à Project Orion, présenté comme un jeu à part entière.

À Cologne, une démo guidée plutôt qu’une manette

Les visiteurs de la gamescom auront droit à un traitement particulier, mais pas à ce qu’ils espèrent sans doute. Le studio installe deux dispositifs distincts sur le salon : une présentation dans la zone professionnelle du 26 au 28 août, au stand B065 du hall 4.2, et une seconde dans la zone grand public du 26 au 30 août, aux stands B030 et A031 du hall 8.1.

Le format annoncé reste celui de la démonstration commentée, sans passage de manette au public, selon les indications données par la direction du groupe au printemps. La différence n’est pas anodine pour une extension présentée comme comparable à Blood and Wine en ampleur : montrer sans faire jouer permet de contrôler l’impression laissée à dix-huit mois d’une sortie.

Un jeu de 2015 face aux standards de 2027

La date de sortie annoncée place Songs of the Past dans une situation étrange. En 2027, The Witcher 3 tournera sur un moteur maison conçu au début des années 2010, dont CD Projekt Red s’est publiquement détaché en migrant vers l’Unreal Engine 5 pour The Witcher 4. L’extension sera donc le dernier chapitre écrit dans une technologie abandonnée par son propre auteur.

Ce décalage technique n’a rien de rédhibitoire, et l’histoire du médium regorge de contre-exemples. Il pose néanmoins une question de cohérence : le public qui découvrira The Witcher 4 sur un moteur moderne acceptera-t-il de revenir, quelques mois plus tôt, à une direction artistique figée depuis douze ans ? Le studio a fait le pari inverse de ses concurrents, qui préfèrent le remaster à la rallonge scénaristique.

La réponse tient sans doute moins à la technique qu’à l’écriture. Ce qui a fait la réputation de The Witcher 3 tient dans ses quêtes secondaires et dans un ton adulte que peu de jeux à gros budget assument encore, et c’est précisément là que Fool’s Theory est attendu. Les premières images du 25 août ne diront rien de la qualité des dialogues, mais elles diront si le studio a compris ce qu’il devait préserver.

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