Film Zelda : Sam Neill y a tourné son dernier rôle, et personne ne sait lequel

Sam Neill apparaîtra une dernière fois à l'écran dans l'adaptation en prises de vues réelles de The Legend of Zelda, tournée avant sa mort en juillet. Nintendo et Sony n'ont toujours pas dit quel personnage il incarne, ni comment le montage traitera ces scènes.

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Le 7 août 2026, la liste des acteurs du film The Legend of Zelda s’est allongée de quatre noms d’un coup. L’un d’eux a fait taire le reste : Sam Neill, mort en juillet 2026 à 78 ans, figure au générique de cette adaptation en prises de vues réelles produite par Nintendo et Sony Pictures. L’acteur néo-zélandais, connu pour Jurassic Park et Peaky Blinders, avait terminé ses scènes bien avant sa disparition.

Une adaptation en prises de vues réelles consiste à transposer un univers de jeu vidéo avec des acteurs et des décors filmés, sans animation de synthèse intégrale. Le projet, annoncé par Shigeru Miyamoto en novembre 2023, avance depuis dans un silence quasi total. Le rôle exact confié à Sam Neill n’a toujours pas été révélé, et le studio n’a pas commenté sa présence au montage. Comment un film gère-t-il l’apparition d’un comédien qui ne pourra ni la promouvoir, ni la commenter ?

Un tournage bouclé au printemps, un rôle encore anonyme

La production a démarré en novembre 2025 et s’est achevée en avril 2026, soit environ cinq mois de prises de vues. Sam Neill a donc tourné ses scènes plusieurs mois avant son décès, ce qui écarte d’emblée la question la plus délicate : aucune reconstitution numérique n’a été nécessaire pour terminer son travail.

Le nom du personnage reste inconnu. Plusieurs observateurs penchent pour le roi d’Hyrule, figure paternelle centrale de la saga, sans qu’aucune confirmation ne vienne des studios. Nintendo tient ses informations à ce point verrouillées que même le réalisateur s’en amuse publiquement depuis deux ans.

Ce mutisme n’est pas un caprice de communication. Il protège une intrigue dont personne ne sait encore si elle adapte un épisode précis ou si elle recompose un récit inédit à partir de quarante ans de mythologie. La discrétion sert aussi à contenir les attentes d’un public qui connaît ces personnages depuis l’enfance.

Trois autres noms tombés le même jour

L’annonce du 7 août ne se limitait pas à Sam Neill. Trois rôles supplémentaires ont été attribués le même jour, complétant un casting dont les deux têtes d’affiche étaient connues depuis l’été 2025. Voici l’état de la distribution :

  • Bo Bragason incarne la princesse Zelda et Benjamin Evan Ainsworth joue Link, annoncés tous deux à l’été 2025 ;
  • Uli Latukefu, révélé par la série Young Rock, interprète Ganondorf, le roi-sorcier antagoniste de la saga ;
  • Yvonne Strahovski, vue dans The Handmaid’s Tale, tient un rôle de reine ;
  • Dichen Lachman, aperçue dans Severance, joue Impa, garde du corps et conseillère de Zelda ;
  • Sam Neill complète l’ensemble dans un rôle non communiqué.

La composition dit quelque chose du projet. Deux inconnus portent les rôles-titres, quatre visages familiers du public de séries occupent l’entourage. Le film mise sur des jeunes acteurs sans image préexistante pour Link et Zelda, un choix déjà éprouvé par d’autres adaptations de licences familiales.

Ce que Hollywood fait des rôles posthumes

La question n’est pas neuve. Heath Ledger avait terminé The Dark Knight avant sa mort en 2008, et le film est sorti tel quel. Paul Walker n’avait pas fini Furious 7 : le studio avait alors combiné doublures familiales et retouches numériques, pour une sortie repoussée de près d’un an en 2015. Carrie Fisher, elle, avait été réintégrée dans le neuvième épisode de Star Wars à partir de chutes de tournage inutilisées de l’épisode précédent.

Ces trois cas dessinent trois régimes très différents. Le premier ne pose aucun problème technique et laisse le film intact. Le deuxième engage un travail de recréation qui a nourri un débat durable sur le consentement des acteurs. Le troisième repose sur des images déjà tournées, mais réassemblées dans un contexte que la comédienne n’avait jamais validé.

Le film Zelda se range dans la première catégorie, la moins conflictuelle. Reste une zone grise : personne ne sait aujourd’hui si le montage final conservera l’intégralité des scènes de Sam Neill, ni comment le studio choisira de les présenter. Un carton de dédicace en fin de générique reste l’usage le plus répandu, et le plus discret.

Hyrule pèse 150 millions de jeux vendus

La série The Legend of Zelda s’est écoulée à plus de 150 millions d’exemplaires depuis sa première apparition sur console en 1986, selon les chiffres relayés au moment de l’annonce du casting. Ce n’est pas la licence la plus vendue de Nintendo, mais c’est celle qui structure le plus fortement l’imaginaire de la marque : une épée, une princesse, un royaume, et un cycle qui recommence de jeu en jeu.

Wes Ball, réalisateur de Kingdom of the Planet of the Apes et de la trilogie Le Labyrinthe, a été choisi pour porter cet héritage à l’écran. Il ne s’en cache pas, il a grandi avec ces jeux.

Je ne peux rien dire. Mais nous sommes très enthousiastes, c’est un rêve qui se réalise pour moi. J’ai grandi en jouant à ces jeux et je connais monsieur Miyamoto depuis de nombreuses années.

Wes Ball, réalisateur du film, dans un entretien accordé à GamesRadar+ et au podcast Inside Total Film, publié le 7 mai 2024

Nintendo avance ses pions au cinéma

Le calendrier du projet est révélateur. Entre l’annonce de Miyamoto en novembre 2023 et la sortie prévue le 7 mai 2027, il se sera écoulé près de quatre ans, dont dix-sept mois entre le premier tour de manivelle et la date de sortie. Nintendo ne traite pas ce film comme un produit dérivé mais comme le socle possible d’une série d’adaptations.

L’indice le plus net vient du contrat signé par Uli Latukefu, un engagement qui court sur plusieurs films. On ne verrouille pas un antagoniste sur plusieurs longs métrages si l’on prévoit une histoire close en deux heures.

Le pari n’est pas sans risque. L’histoire récente des adaptations montre que des projets peuvent rester en développement des années avant d’être abandonnés sans avoir jamais été tournés. Zelda a franchi cette étape, ce qui le place déjà dans une catégorie plus rassurante.

Neuf mois pour découvrir un visage

Il reste environ neuf mois avant la sortie en salles, et rien n’indique que Nintendo lâchera la moindre image avant plusieurs semaines. La première bande-annonce sera scrutée pour une raison inhabituelle : beaucoup y chercheront la silhouette de Sam Neill avant même de juger la reconstitution d’Hyrule.

Cette attente dit aussi quelque chose du rapport que le public entretient désormais avec ces adaptations. Ce ne sont plus seulement des transpositions de jeux, ce sont des objets de mémoire collective, où une distribution se lit comme une liste de retrouvailles. La façon dont le film traitera sa dernière apparition en dira long sur le soin qu’il compte accorder au reste.

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