Marvel enterre Blade : Mahershala Ali solde sept ans d’un film jamais tourné

Annoncé au Comic-Con de San Diego en 2019, le Blade de Marvel Studios ne verra jamais le jour. Mahershala Ali quitte le projet et renvoie la question au studio, qui laisse un personnage libre et un calendrier à repenser.

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Sept ans après son annonce en fanfare au Comic-Con de San Diego, le film Blade de Marvel Studios n’existera pas. Mahershala Ali, l’acteur deux fois oscarisé qui devait incarner le chasseur de vampires, a confirmé le 31 juillet 2026 dans un entretien au magazine GQ qu’il avait quitté le projet et que le film ne se ferait pas.

Dans le vocabulaire des studios, un film annulé désigne un projet qui a consommé des budgets de développement, mobilisé des équipes et signé des contrats, mais que personne n’a jamais tourné. Blade en est devenu le cas d’école : deux réalisateurs partis, trois ou quatre scénarios successifs, pas une caméra allumée. Le rôle repart à la case départ, sans acteur et sans calendrier.

Reste une question que l’annonce n’éclaire pas vraiment : comment un studio qui aligne les milliards de recettes se retrouve-t-il incapable de mettre en production un personnage qu’il a lui-même remis sur le devant de la scène ?

Un projet annoncé en fanfare, jamais mis en boîte

L’annonce remonte à juillet 2019. Sur la scène du Comic-Con de San Diego, Marvel dévoile Blade et Mahershala Ali dans le rôle-titre, quelques mois après le triomphe d’Avengers : Endgame. Le casting est salué comme un coup de maître, l’acteur venant d’enchaîner deux Oscars du meilleur second rôle.

Bassam Tariq est engagé à la réalisation dans la foulée. Il quitte le projet en 2022, deux mois avant le début prévu du tournage, pour des divergences créatives. Yann Demange reprend le siège avant de partir à son tour, laissant le film sans metteur en scène et sans date de sortie.

Le scénario, lui, a connu trois ou quatre versions distinctes, dont deux qui déplaçaient l’intrigue vers un récit d’époque. Aucune n’a convaincu le studio de lancer la production, ce qui n’a pas empêché le film de figurer officiellement dans les plans de Marvel pendant des années.

L’acteur renvoie la question au studio

Mahershala Ali a choisi de ne pas endosser la responsabilité de cet échec. Dans son entretien à GQ, il rappelle qu’il était lié par contrat et que la décision ne lui appartenait pas, avant de renvoyer explicitement les questions à Marvel.

Encore une fois, j’étais sous contrat avec eux, ils ont des milliards de dollars. S’ils avaient voulu faire ce film, nous l’aurions fait. Donc nous ne ferons pas ce film.

Mahershala Ali, dans un entretien accordé au magazine GQ, propos rapportés le 31 juillet 2026

Le ton reste mesuré, la mécanique est limpide. Un studio disposant de moyens considérables n’a pas voulu, ou pas su, transformer une annonce en film. L’acteur se dit prêt à passer à autre chose, et il a d’ailleurs retrouvé Bassam Tariq sur un autre long métrage, signe que la rupture ne concernait pas ce duo mais bien le projet.

La chronologie d’un développement qui n’a jamais pris

Remis bout à bout, les jalons de ce dossier racontent mieux que n’importe quel commentaire ce qui s’est joué entre 2019 et 2026, et à quel moment précis le projet a cessé d’avancer.

  • Juillet 2019 : annonce du film au Comic-Con de San Diego, avec Mahershala Ali dans le rôle-titre ;
  • 2019 : Bassam Tariq est engagé comme réalisateur du long métrage ;
  • 2022 : départ de Bassam Tariq, deux mois avant le tournage prévu, pour divergences créatives ;
  • Après 2022 : Yann Demange reprend la réalisation avant de quitter le projet à son tour, sans successeur désigné ;
  • 31 juillet 2026 : Mahershala Ali confirme son départ et l’abandon définitif du film.

Sept ans séparent la première ligne de la dernière. C’est plus long que la fabrication d’une trilogie complète, et tout cela s’est déroulé sans qu’un seul plan soit tourné.

Un aveu inhabituel de la part de Kevin Feige

Le patron de Marvel Studios n’a pas contourné le sujet. Kevin Feige a reconnu s’être senti comme « un immense loser et un échec » sur ce dossier, tout en assumant la décision d’arrêter : le studio préférait ne rien livrer plutôt qu’un Blade jugé insuffisant pour l’acteur qui devait le porter.

L’aveu tranche avec la communication habituelle de la maison, plus prompte à annoncer qu’à expliquer. Il pose surtout une question de méthode, car dévoiler un film sur une scène de Comic-Con avant d’avoir un scénario stabilisé revient à vendre une promesse au public sept ans avant de savoir si elle est tenable.

Blade n’est pas un cas isolé chez Marvel

L’abandon s’inscrit dans une série. La veille de la confirmation de Mahershala Ali, Disney+ annulait la série Wonder Man, quelques mois seulement après en avoir officialisé le renouvellement. Deux projets rayés du calendrier en vingt-quatre heures, sur deux supports différents, cela dessine autre chose qu’une coïncidence.

La machine à annonces continue pourtant de tourner. Ryan Gosling a été présenté au Comic-Con 2026 comme le prochain Ghost Rider, un film Nova est en préparation, le calendrier reste dominé par le Docteur Fatalis installé en deux ans, et la licence prospère ailleurs, notamment côté jeu vidéo avec un Logan amnésique et sans X-Men. L’écart entre le rythme des annonces et celui des tournages devient la vraie donnée du dossier.

Cette tension dépasse largement Marvel. Elle traverse toute la production de franchises, où un simple trailer devient un événement planétaire bien avant que le film ne soit terminé. L’attente créée se transforme en actif à gérer, avec le risque, quand rien ne sort, qu’elle se retourne contre celui qui l’a fabriquée.

Ce que l’abandon dit du prochain cycle

Blade laisse derrière lui un personnage disponible et une leçon coûteuse. Le rôle du chasseur de vampires n’a plus d’acteur attaché, aucune piste de relance n’a été évoquée, et il retourne donc au vivier des propriétés que le studio pourra ressortir quand un cycle narratif le réclamera.

La suite se lira surtout dans la façon dont Marvel annoncera ses prochains films. Un studio qui a payé sept ans de développement pour rien a toutes les raisons de reculer le moment de l’annonce, quitte à priver ses conventions de leur effet de surprise. Le prochain Comic-Con dira si la leçon a porté, ou si la scène reste plus forte que le calendrier de production.

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