Spider-Man : Brand New Day détrône Star Wars et redonne du poids à la sortie en salle

Avec 936,77 millions de dollars en Amérique du Nord, Spider-Man : Brand New Day déloge Star Wars : Le Réveil de la Force après 47 jours d'exploitation. Les exploitants y voient un argument pour garder les films plus longtemps en salle.

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Le box-office nord-américain désigne les recettes cumulées d’un film aux États-Unis et au Canada, marché de référence de l’industrie depuis un siècle. Spider-Man : Brand New Day y a franchi la barre des 936,77 millions de dollars le 16 septembre 2026, et s’installe à la première place de tous les temps.

Le film de Destin Daniel Cretton, sorti le 31 juillet, a mis 47 jours à déloger Star Wars : Le Réveil de la Force et ses 936,66 millions de dollars. Le record tenait depuis décembre 2015, à une époque où l’on prédisait déjà la fin de l’exploitation en salle au profit du streaming.

Un chiffre de cette ampleur ne dit pas seulement qu’un film a plu. Il pèse sur ce que les studios vont financer, sur la durée pendant laquelle un long-métrage restera exclusif aux salles, et sur la place laissée aux plateformes. Reste une question que les communiqués n’abordent jamais : ce record profite-t-il vraiment au cinéma ou seulement à une poignée de franchises ?

Un record vieux de plus de dix ans vient de tomber

Star Wars : Le Réveil de la Force avait pris la tête du classement en décembre 2015. Le film de J.J. Abrams a conservé ce statut pendant plus d’une décennie, résistant à Avengers : Endgame comme à Avatar : La Voie de l’eau sur le seul marché nord-américain. Aucun titre ne s’en était approché avant cet été.

Le parcours de Spider-Man : Brand New Day a commencé par un autre coup d’éclat. Son premier week-end a rapporté environ 360 millions de dollars en Amérique du Nord, devant les 357,1 millions d’Avengers : Endgame en 2019, et il avait déjà pulvérisé le record du meilleur premier jour. La suite a été une accumulation méthodique de paliers battus les uns après les autres.

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La bande-annonce officielle publiée par Sony avant la sortie du film.

La chronologie d’une course au record

Le détail des étapes franchies éclaire mieux la performance qu’un total brut. Voici les jalons que le film a battus depuis sa sortie du 31 juillet.

  • Premier week-end à environ 360 millions de dollars en Amérique du Nord, devant les 357,1 millions d’Avengers : Endgame ;
  • Film le plus rapide à franchir chacun des paliers de 400 à 900 millions de dollars sur ce marché ;
  • Barre des 900 millions atteinte en 36 jours seulement ;
  • Six week-ends consécutifs en tête du box-office nord-américain ;
  • Première place absolue franchie au 47e jour d’exploitation.

Cette régularité est plus parlante que le démarrage. Un film qui domine six week-ends de suite n’a pas seulement rempli les salles le premier vendredi : il a continué d’attirer un public neuf pendant un mois et demi, ce qui n’arrive plus si souvent.

Ce que Lucasfilm et Sony en disent

Le studio détrôné a réagi le jour même, sur les réseaux sociaux, en félicitant l’équipe du film pour avoir établi un nouveau record nord-américain. La scène a quelque chose d’ironique : Disney possède à la fois Marvel et Star Wars, et gagne donc quel que soit le vainqueur de ce duel de classements.

Ce métier vous malmène. Alors prenez un instant aujourd’hui pour savourer. Numéro un de tous les temps. Franchement pas mal.

Tom Rothman, président du Motion Picture Group de Sony Pictures Entertainment, dans une note adressée aux salariés le 16 septembre 2026, publiée par Deadline

Le ton en dit long sur l’état de l’industrie. Sony avait vu son précédent meilleur résultat, Spider-Man : No Way Home, plafonner à 814,8 millions de dollars en Amérique du Nord et 1,92 milliard dans le monde. Le nouveau film écrase ces deux repères, et il le fait dans un contexte de fréquentation pourtant jugé fragile.

Le mondial reste hors de portée d’Avatar

Le classement planétaire raconte une histoire différente. Spider-Man : Brand New Day a dépassé les 2,4 milliards de dollars de recettes mondiales, ce qui le place en troisième position historique, derrière Avatar et Avengers : Endgame. Le premier reste largement devant, porté par des marchés où la franchise Marvel n’a jamais eu la même emprise.

L’écart entre le domestique et le mondial mérite une lecture. Un film peut être numéro un absolu aux États-Unis sans l’être à l’échelle du globe, parce que la structure des marchés a changé : la Chine ne fait plus recette pour les blockbusters américains comme au milieu des années 2010. Le record nord-américain vaut donc surtout comme signal domestique, adressé aux exploitants et aux studios.

La comparaison avec les autres succès de l’été confirme cette lecture. L’Odyssée de Christopher Nolan avait signé le plus gros démarrage mondial de sa carrière quelques jours avant la sortie de Spider-Man, sans jamais approcher ces montants. Deux films peuvent réussir la même saison sans jouer dans la même catégorie économique.

Huit millions de spectateurs français et un mois d’août record

En France, le film a attiré 8,2 millions de spectateurs, un score que seule une poignée de titres atteint sur une année complète. La performance s’inscrit dans un mouvement plus large : le mois d’août 2026 a été un mois record pour les salles américaines et canadiennes, avec environ 1,2 milliard de dollars de recettes sur la période.

Ces chiffres nourrissent un argument que les exploitants portent depuis la pandémie. Une sortie exclusive en salle, tenue plusieurs semaines, rapporte davantage qu’une fenêtre écourtée au profit d’une plateforme. Le raisonnement ne vaut toutefois que pour les films capables de remplir six week-ends d’affilée, et ils se comptent sur les doigts d’une main chaque année.

Avengers : Doomsday attend déjà son tour

Le prochain rendez-vous Marvel pourrait remettre ce classement en mouvement dès décembre. Avengers : Doomsday affiche déjà des dizaines de millions de dollars de préventes avant sa sortie, avec un Docteur Fatalis installé en deux ans dans l’esprit du public par Kevin Feige. Un record établi en septembre peut donc ne pas passer Noël.

Le scénario en dit long sur la mécanique en place. Les studios ne fabriquent plus des films isolés mais des séquences d’événements, où chaque sortie prépare la suivante et où une bande-annonce devient un événement planétaire des mois avant la première séance. Le record appartient au calendrier autant qu’au film lui-même.

Reste à voir ce que cette réussite rend possible pour le reste du catalogue. Une saison dominée par deux ou trois titres n’a jamais suffi à faire vivre un parc de salles, et la question des films moyens, ceux qui remplissaient les semaines creuses, se pose avec la même acuité qu’avant ce record. Le succès d’un seul film masque rarement la santé réelle d’une filière.

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