Below : Netflix lâche une créature marine sur Terre-Neuve avec Josh Hartnett

Netflix a dévoilé les premières images de Below, série limitée en six épisodes attendue le 8 octobre, où un pêcheur de Terre-Neuve affronte une créature marine. Derrière le monstre se joue un pari sur le format court et sur un genre sans franchise pour le porter.

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Netflix a dévoilé fin juillet les premières images de Below, une série limitée en six épisodes attendue le 8 octobre 2026. Le pitch tient en une ligne : une créature marine non identifiée s’en prend à un village de pêcheurs de Terre-Neuve, et les habitants doivent apprendre à riposter. On appelle ça une creature feature, un genre où le monstre sert surtout de révélateur aux tensions humaines qui l’entourent.

Le format n’a rien d’anecdotique dans la stratégie de la plateforme. Netflix multiplie les séries limitées calibrées pour être avalées en un week-end, et place ses productions de genre les plus ambitieuses à l’automne, quand le public réclame des frissons. Below arrive avec un casting solide, un créateur passé par The Umbrella Academy et un décor rarement filmé. Reste à savoir si le monstre suffit à faire tenir six heures de fiction : qu’est-ce que cette série propose que le genre n’a pas déjà servi cent fois ?

Un pêcheur, une créature et une île qui se referme

Calvin Penney, incarné par Josh Hartnett, est un pêcheur de Snooks Arm, père célibataire de trois enfants, encore hanté par la mort inexpliquée de son propre père des décennies plus tôt. Quand la créature commence à terroriser sa ville, il doit maintenir soudée une communauté qui se fissure. Le personnage se croit maudit et inutile aux yeux des siens, ce que l’acteur décrit comme un homme sans amarres dans un village minuscule.

Pour affronter la chose, il s’allie à Fonda Howander, chercheuse en biologie marine de passage jouée par Mackenzie Davis, et tente de protéger son fils Wade, confié à Charlie Heaton. La série mêle mythologie locale, suspense et humour à fleur de peau, et promet de déterrer les secrets enfouis de l’île. Six épisodes suffisent à refermer l’histoire, sans porte laissée ouverte pour une hypothétique suite.

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Le teaser dévoilé par Netflix pose l’ambiance de Below, entre côte battue par les vents et menace sous-marine.

Derrière la caméra, la série a été écrite par Karen Walton, Perry Chafe et Natty Zavitz, et réalisée par Jamie Childs, Helen Shaver et Stephen Dunn. Jessica Rhoades, productrice de Black Mirror et Station Eleven, la porte via sa société Pacesetter. Le pedigree tire clairement vers le genre soigné plutôt que vers la série B de fin de soirée.

Terre-Neuve n’est pas un décor, c’est le sujet

Le tournage s’est déroulé intégralement en décors naturels à Terre-Neuve-et-Labrador, entre juillet et octobre 2025. Jesse McKeown, créateur et showrunner, fréquente la province depuis des années et voulait y installer une histoire à sa mesure, en jouant sur le contraste entre un paysage hostile et isolé et la chaleur excentrique de ses habitants. La province a longtemps été un pays à part entière, avec son dialecte et sa généalogie propre, un détail que Josh Hartnett dit avoir découvert en lisant les scripts.

L’acteur raconte d’ailleurs une lecture expédiée d’une traite, ce qui en dit long sur ce qui l’a convaincu de rejoindre le projet. Son enthousiasme porte moins sur le monstre que sur la voix narrative et le personnage qu’on lui proposait.

J’ai lu les deux premiers scripts en moins d’une heure. La voix était si claire, le concept si prenant, et le personnage formidable. Je n’avais jamais rien lu de tel auparavant.

Josh Hartnett, entretien accordé à Tudum, le média officiel de Netflix, le 14 juillet 2026

Ce que le format en six épisodes change

La série limitée est devenue une pièce maîtresse du catalogue Netflix, et Below coche méthodiquement les cases du modèle. Quatre caractéristiques distinguent ce format des séries à saisons multiples que la plateforme renouvelle au compte-gouttes.

  • une histoire complète et refermée, sans cliffhanger destiné à justifier une commande supplémentaire ;
  • une mise en ligne intégrale le 8 octobre, pensée pour être consommée en une soirée ou deux ;
  • un budget concentré sur une poignée d’épisodes, ce qui autorise des effets et des décors naturels coûteux ;
  • un casting de cinéma que le format court rend disponible, là où huit saisons le feraient fuir.

Cette économie explique pourquoi la plateforme préfère de plus en plus le format fermé, comme elle l’a fait en juillet en offrant un film final à sa série culte plutôt qu’une saison de trop. Le risque se limite à six heures de programme, et l’échec ne laisse pas derrière lui une intrigue orpheline.

L’ombre de Stranger Things plane sur le casting

La présence de Charlie Heaton n’est évidemment pas neutre. L’acteur sort de la cinquième et dernière saison de Stranger Things, qui a totalisé près de 134 millions de vues terminées et 1,39 milliard d’heures de visionnage. Sa semaine de lancement a battu tous les records de la plateforme pour une série anglophone, avec 59,6 millions de vues et 8,46 milliards de minutes cumulées selon les relevés Nielsen.

Netflix se retrouve donc avec un vide à combler et un vivier d’acteurs identifiés par le public du genre. Recruter Heaton pour une histoire de créature dans une petite ville isolée relève d’une continuité assumée plutôt que d’un hasard de casting. La plateforme avait déjà tenté de recycler la formule avec des retraités quelques mois plus tôt, avec un succès inattendu.

La comparaison a ses limites. Stranger Things s’appuyait sur une nostalgie des années 1980 et une bande d’adolescents, quand Below construit son récit autour d’un père de famille de quarante ans et d’une communauté de pêcheurs qui voit son mode de vie disparaître. Le monstre y menace une économie autant qu’une population, ce qui déplace le sujet vers un terrain nettement plus social.

Josh Hartnett a trouvé sa deuxième carrière

Longtemps cantonné aux rôles de jeune premier au début des années 2000, Josh Hartnett a bâti depuis quelques années une seconde trajectoire à base de personnages inquiétants ou fêlés, de Penny Dreadful à Oppenheimer en passant par Trap. Below lui offre son premier rôle principal en série depuis cette reconversion, et il en est aussi producteur exécutif.

Ce type de retour n’a rien d’exceptionnel dans le catalogue de la plateforme, qui a fait de la relance de carrières un savoir-faire, à l’image de la mécanique bien rodée des thrillers Coben. Un visage familier réduit le risque sur une proposition qui, sur le papier, reste un pari de genre.

Ce que l’automne horrifique de Netflix va révéler

Below sortira quelques semaines avant les fêtes, sur un créneau où la plateforme place traditionnellement ses thrillers les plus ambitieux. La saison d’automne fonctionne comme un laboratoire : c’est là que Netflix teste si le public suit encore des propositions de genre sans franchise préexistante ni univers étendu.

La vraie question porte sur ce qui reste après le monstre. Une creature feature qui tient six épisodes doit trouver autre chose à raconter que la traque, et Below mise sur la disparition d’un métier et d’une communauté. Si ce pari fonctionne auprès du public, il ouvrira la voie à des séries de genre ancrées dans des territoires réels plutôt que dans des décors interchangeables. Terre-Neuve, filmée pendant quatre mois par une équipe entière, saura vite si elle devient un argument ou un simple arrière-plan.

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