Pokémon GO c’est fini ? Voici la réponse des créateurs du jeu !

Dix ans après son lancement, Pokémon GO a changé de propriétaire et fêté son anniversaire à Times Square. Entre un rachat à 3,5 milliards de dollars et une semaine de revenus record, la vision annoncée en 2024 se confronte aux faits.

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Lancé le 6 juillet 2016, Pokémon GO a fêté ses dix ans cet été. Le principe n’a pas bougé d’un pouce depuis le premier jour : un jeu de géolocalisation qui superpose des créatures à la carte du monde réel et qui vous demande de marcher pour les attraper. Ce qui a changé, c’est tout le reste, à commencer par le nom inscrit au bas de la page d’accueil.

Au printemps 2024, un dirigeant de Niantic assurait que le studio réfléchissait déjà à la décennie suivante et promettait un rafraîchissement à la hauteur de l’échéance. La déclaration avait de quoi rassurer une communauté qui voyait circuler des rapports réguliers sur l’érosion des revenus du jeu depuis la fin de la pandémie.

Dix ans, deux propriétaires et une refonte d’avatars plus tard, la promesse mérite d’être confrontée aux faits. Qu’est-il vraiment resté de ce plan sur dix ans, maintenant que l’anniversaire est passé ?

La promesse de 2024, dans le texte

C’est Ed Wu, alors vice-président senior de Pokémon GO chez Niantic, qui avait posé le cadre dans un entretien accordé à Eurogamer. Le studio californien y disait penser au dixième anniversaire du jeu et vouloir le célébrer avec un rafraîchissement digne de la décennie à venir. « Nous investissons beaucoup pour assurer que c’est un excellent jeu et qu’il a des fondations solides pour les dix prochaines années », expliquait-il alors.

Les relookages de fonds de biomes en test à l’époque relevaient de cet effort de modernisation, tout comme la refonte beaucoup plus clivante du système d’avatars, déployée le 17 avril 2024. Les retours furent sévères : morphologies jugées ratées, teintes de peau erronées, vêtements qui s’affichaient mal. Niantic n’a jamais présenté d’excuses formelles et a préféré corriger par petites touches.

Sur l’argent, le même dirigeant affirmait pouvoir dire avec confiance que le jeu était en croissance. Son argument tenait à un angle mort des observateurs : le magasin web lancé en avril 2023 échappe aux relevés de dépenses mobiles et évite la commission de 33 % prélevée par Google et Apple, ce qui permet de vendre les PokéCoins moins cher. L’événement Sinnoh Tour de fin février 2024 avait, selon lui, produit la meilleure semaine du jeu sur de nombreux indicateurs.

Ce que Scopely a racheté, et pour combien

Le 12 mars 2025, l’histoire a pris un virage que personne n’avait anticipé un an plus tôt. Niantic a cédé toute sa branche jeux à l’éditeur américain Scopely pour 3,5 milliards de dollars, opération bouclée le 29 mai 2025. Le périmètre vendu comprend :

  • Pokémon GO, de loin l’actif principal de l’ensemble ;
  • Pikmin Bloom, la déclinaison Nintendo du même principe de marche ;
  • Monster Hunter Now, développé avec Capcom ;
  • les applications compagnons Campfire et Wayfarer ;
  • plus de 400 salariés, transférés avec les licences.

Niantic a conservé sa branche technologique dans une société indépendante, Niantic Spatial, dirigée par son fondateur John Hanke et dotée de 250 millions de dollars, dont 50 millions apportés par Scopely lui-même. Les actionnaires de Niantic ont par ailleurs récupéré 350 millions de dollars de trésorerie.

L’équipe historique a fini par changer d’enseigne : début juillet 2026, elle a été rebaptisée Scopely Explore, et la mention de copyright du site officiel porte désormais ce nom. Ed Wu, lui, n’est pas parti : il dirige aujourd’hui la division jeux de Scopely.

Un dixième anniversaire joué à New York

Les célébrations se sont étalées sur tout le mois de juillet 2026. Une fête d’anniversaire a ouvert le bal du 4 au 6 juillet, avec quadruple expérience et quadruple poussière étoile à la capture, une Étude Temporelle payante à 1,99 dollar et l’arrivée de Gimmighoul tenant une pièce commémorative. L’illustration officielle du dixième anniversaire a été confiée à Yusuke Kozaki, character designer du jeu depuis ses débuts.

Le point d’orgue s’est joué le 9 juillet à New York, avec une diffusion spéciale puis une prise de contrôle de Times Square. Environ deux mille dresseurs invités y ont affronté Mega Mewtwo dans une mise en scène qui rejouait la scène finale de la bande-annonce de 2016, celle où des joueurs convergent vers le même point. La séquence a été retransmise sur la chaîne officielle du jeu.

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La diffusion officielle du dixième anniversaire de Pokémon GO, depuis New York, le 9 juillet 2026.

Le week-end suivant, le GO Fest global des 11 et 12 juillet a été rendu gratuit pour tous, une première dans l’histoire de l’événement, avec les débuts mondiaux de Mega Mewtwo et de Zeraora. La fête a laissé une trace amère chez une partie des joueurs : les invités de Times Square sont repartis avec un Mewtwo exclusif à cent pour cent de valeurs parfaites, dont plusieurs exemplaires se sont ensuite revendus des milliers de dollars sur eBay.

Ce moment de la bande-annonce a été une étoile polaire pour nous. On a un peu le sentiment d’avoir tenu notre promesse.

Ed Wu, président de Scopely Explore, dans un entretien publié par Video Games Chronicle en juillet 2026, au sujet de la soirée anniversaire de Times Square.

Des chiffres qui racontent autre chose qu’un déclin

La thèse défendue en 2024 par Niantic se vérifie plutôt bien sur la durée. D’après les relevés d’AppMagic publiés en juillet 2026, Pokémon GO a généré environ 9,1 milliards de dollars de dépenses de joueurs en dix ans sur l’App Store et Google Play, ce qui en fait le cinquième jeu mobile le plus rentable de la décennie. Les États-Unis pèsent 39 % de ce total, le Japon 30 %.

L’anniversaire lui-même a produit un pic sans précédent. La semaine du 6 au 12 juillet 2026 a rapporté 48,5 millions de dollars d’achats intégrés, soit près de six fois la semaine précédente, avec 15,1 millions de dollars sur la seule journée du 11 juillet. Le jeu s’est classé quatrième application la plus rentable au monde cette semaine-là.

Ces montants s’appuient sur une base de joueurs que Scopely chiffrait, au moment du rachat, à plus de cent millions de joueurs uniques sur l’année 2024 et environ vingt millions de joueurs actifs par semaine. La branche jeux de Niantic dépassait alors le milliard de dollars de revenus annuels, un ordre de grandeur qui explique le prix payé par l’acquéreur. Ceux qui suivent le calendrier mensuel des saisons du jeu savent que cette régularité est une mécanique en soi.

Les engagements tenus, et ceux qui ont été rangés

Le rafraîchissement annoncé n’a pas pris la forme d’une refonte de la boucle de jeu, et c’est assumé. Interrogé en juillet 2026 sur d’éventuels bouleversements, Ed Wu a défendu l’intangibilité du lancer de Poké Ball et de la séquence de capture, qu’il décrit comme un socle auquel il répugne à toucher. Un mois plus tôt, il écartait aussi l’idée d’une suite au sein de la franchise.

Le chantier réellement ouvert concerne les Arènes, restées quasiment identiques depuis des années, et que l’équipe dit examiner en profondeur. Trois axes ont été présentés à la presse le 9 juillet 2026 : la communauté, les souvenirs marquants et le jeu entre générations, pour un public qui passe en moyenne quarante minutes par jour dans l’application.

Un engagement, en revanche, a été purement et simplement abandonné. Après une enquête du quotidien néerlandais Trouw publiée le 5 juin 2026, qui documentait l’usage de trente milliards de scans de joueurs pour entraîner des modèles de navigation destinés à des drones, la fonction de scan en réalité augmentée a été retirée du jeu et le partage de données avec Niantic Spatial interrompu.

Ce que la deuxième décennie devra prouver

Le catalogue continue de s’étoffer, avec 951 Pokémon disponibles fin février 2026 sur les 1 028 que compte la franchise, dans plus de 190 pays. Le carburant du jeu n’a jamais été cette collection seule : il tient à la capacité de faire sortir des gens ensemble, ce que le week-end de Times Square a rappelé aux uns et refusé aux autres.

La tension du dixième anniversaire, entre une soirée réservée à deux mille invités et un GO Fest gratuit pour la planète entière, résume l’équation des dix prochaines années. Un jeu de terrain qui vieillit doit choisir en permanence entre récompenser les fidèles et rester accessible au premier venu, un arbitrage que d’autres succès de la période, comme le phénomène de 2024 qui doit prouver sa durée, affrontent eux aussi. Les Arènes seront le premier terrain où ce choix deviendra visible.

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