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- Ce que contient la ville engloutie de Fonds-Bulleux
- La mise à jour gratuite en fait presque autant que le contenu payant
- Un pass d’extension étalé jusqu’en 2027
- Quatre millions d’exemplaires et un objectif assumé
- Ce que Pokopia révèle du catalogue de la Switch 2
- Le vrai test attend Pokopia à la fin de l’année
Nintendo Switch 2 héberge depuis le printemps un jeu Pokémon dans lequel personne ne se bat. Pokémon Pokopia place le joueur dans la peau d’un Métamorph humanoïde chargé de repeupler les ruines de Kanto en fabriquant, pièce par pièce, des habitats susceptibles d’attirer chaque espèce. Une simulation de vie greffée sur trente ans de bestiaire, quelque part entre Animal Crossing et Minecraft, coproduite par Game Freak et le studio Omega Force de Koei Tecmo.
Le 5 août 2026, ce bac à sable a gagné un sous-sol. The Pokémon Company a mis en ligne Fonds-Bulleux, première des trois parties de son pass d’extension payant, en même temps qu’une mise à jour gratuite ouverte à tous les possesseurs du jeu de base. Deux contenus distincts sortis le même jour, avec des règles d’accès qui n’ont rien de commun. Qu’est-ce qu’une ville engloutie change réellement à un titre que Nintendo présentait déjà comme l’un de ses succès de l’année ?
Ce que contient la ville engloutie de Fonds-Bulleux
Le communiqué diffusé depuis Londres par The Pokémon Company décrit un contenu construit autour d’un principe unique, transposer sous l’eau les mécaniques de terraformation du jeu de base. La verticalité devient le vrai apport de l’extension, puisque les constructions cessent d’être posées sur un sol.
- des blocs flottants qui permettent de bâtir à plusieurs niveaux sous la surface, jusqu’à un sous-marin Sharpedo transformable en cachette ;
- des Pokémon spécialisés en électrification pour alimenter les machines à bulles et allumer les lampadaires ;
- des Pokémon spécialisés en arrosage pour faire pousser des pastèques, culture jusqu’ici absente du jeu ;
- une capacité Surf améliorée, des tenues supplémentaires, des meubles inédits et une boisson nouvelle, le smoothie ;
- un trou noir posé au fond de la mer, porte d’entrée d’abysses que l’on explore en suivant des coraux lumineux.
L’accès, lui, se mérite. Il faut détenir le pass d’extension vendu 34,99 € sur le Nintendo eShop, avoir terminé la requête « Un environnement plus agréable » à Grisemer, et avoir installé la mise à jour gratuite 2.0.0 qui débloque la capacité Plongée. Trois conditions cumulatives, ce qui écarte d’office les joueurs qui viennent tout juste de commencer leur Kanto.
La mise à jour gratuite en fait presque autant que le contenu payant
La version 2.0.0 ne coûte rien et concerne tout le monde. Elle organise une rencontre avec Manaphy, Pokémon fabuleux de type Eau, qui enseigne la capacité Plongée : nager aux côtés des Pokémon aquatiques et bâtir sous l’eau devient possible sur l’ensemble de la carte, sans jamais mettre un pied à Fonds-Bulleux.
Le partage est plus malin qu’il n’y paraît. Offrir la mécanique et vendre le décor évite de couper la communauté en deux, puisque même un joueur qui refuse le pass voit son monde s’agrandir vers le fond. Le contenu payant devient une destination, pas un prérequis, ce qui limite le sentiment de fracture que provoquent d’ordinaire les extensions payantes.
La contrepartie est visible dans les proportions. Une capacité de déplacement offerte à tous pèse lourd dans l’équilibre du jeu, quand la ville sous-marine relève surtout de l’ajout de contenu. Les joueurs qui espéraient un renouvellement des règles trouveront donc l’essentiel de la nouveauté du côté gratuit.
Un pass d’extension étalé jusqu’en 2027
Le pass ne se limite pas à Fonds-Bulleux. Il couvre trois livraisons échelonnées sur près de deux ans, dont le contenu a été détaillé à des degrés très inégaux par l’éditeur.
| Partie du pass | Fenêtre de sortie | Contenu annoncé |
|---|---|---|
| Partie 1, Fonds-Bulleux | 5 août 2026 | Ville sous-marine, blocs flottants, nouveaux Pokémon, meubles et tenues |
| Partie 2 | Fin 2026 | Accessoires portables par Métamorph et les Pokémon, meubles, Pokémon supplémentaires |
| Partie 3 | 2027 | Une nouvelle ville, contenu non détaillé |
Le calendrier révèle une stratégie de fidélisation classique, avec une carotte à long terme : tout achat du pass effectué avant le 31 août 2027 donne droit à trente lingots de Poké Métal rare et à une recette de motif exclusive. L’éditeur sécurise ainsi une audience jusqu’en 2027, à un moment où le catalogue de la console va se densifier.
Quatre millions d’exemplaires et un objectif assumé
Les chiffres expliquent cette confiance. Nintendo a confirmé en mai que Pokémon Pokopia avait dépassé quatre millions d’exemplaires en cinq semaines, ce qui l’a immédiatement installé dans le haut du classement des dérivés de la licence. Le record à battre reste détenu par Donjon Mystère, dont l’épisode Équipe de Secours Rouge et Bleue affiche 5,85 millions de ventes.
Le studio ne s’en cache pas. Interrogé par le magazine japonais Famitsu, le président de Koei Tecmo a reconnu que la barre avait été fixée très haut dès la conception, tout en admettant que personne n’anticipait un tel démarrage à l’international.
Parmi nos titres dérivés, je ressens un fort sentiment d’accomplissement. Nous avons travaillé avec l’objectif d’en faire le dérivé le plus vendu, mais avant le lancement il n’y avait pas vraiment d’attentes.
Hisashi Koinuma, président-directeur général de Koei Tecmo, dans un entretien au magazine Famitsu rapporté le 13 juillet 2026 par GamesRadar+
Ce succès survient l’année des trente ans de la franchise, dont les jeux cumulent désormais plus de 500 millions d’exemplaires écoulés. Un dérivé sans combat qui s’installe à ce niveau dit quelque chose de la demande : une part du public vient chercher l’univers plutôt que l’affrontement, exactement ce que visait le directeur Shigeru Ohmori en lançant le prototype après Écarlate et Violet.
Ce que Pokopia révèle du catalogue de la Switch 2
La console avance pour l’instant sur un mélange d’exclusivités massives et de rééditions. Pokopia se glisse derrière Mario Kart World et Donkey Kong Bananza dans les ventes de la machine, aux côtés des rééditions qui remplissent le calendrier. Un contenu additionnel coûte bien moins cher qu’un nouveau jeu et occupe le terrain entre deux grosses sorties, ce qui explique la place croissante des pass d’extension chez Nintendo.
La manœuvre profite aussi au genre. En dopant un titre paisible plutôt qu’une licence d’action, l’éditeur consolide un créneau devenu rentable où les jeux apaisés ont trouvé leur public, alors même que Game Freak part dans la direction opposée avec l’action-RPG qu’il développe hors de la licence. Deux paris menés en parallèle par les mêmes équipes, sur des publics qui ne se recoupent guère.
Le vrai test attend Pokopia à la fin de l’année
Fonds-Bulleux arrive cinq mois après la sortie du jeu, une fenêtre où la plupart des simulations de vie voient leur fréquentation s’éroder. La partie 2 attendue fin 2026 pèsera davantage, parce qu’elle devra ramener des joueurs partis depuis longtemps plutôt qu’occuper ceux qui sont restés.
La promesse d’une troisième ville en 2027 pose une autre question, celle de la profondeur réelle d’un jeu de collection bâti sur l’aménagement. Ajouter des décors fonctionne tant que la boucle de départ tient ; elle s’use quand le Pokédex approche de la saturation et que les habitats se répètent.
Le sous-marin Sharpedo et les coraux lumineux amusent aujourd’hui parce qu’ils ouvrent un espace que personne n’avait exploré. La suite se jouera sur la capacité d’Omega Force à renouveler la surprise, sur une licence dont les joueurs connaissent déjà par cœur les habitants.


