Zelda Ocarina of Time : le remake arrive le 5 novembre et rebat toutes les commandes

Nintendo a montré le 8 septembre la première heure du remake d'Ocarina of Time et l'a daté au 5 novembre sur Switch 2. Caméra libre, saut au bouton, cinématiques doublées : reste à savoir ce que la fidélité au jeu de 1998 coûte au passage.

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Il y a des jeux qu’on ne relance plus, parce qu’on a peur d’abîmer le souvenir. The Legend of Zelda : Ocarina of Time appartient à cette catégorie. Sorti en 1998 sur Nintendo 64, premier épisode de la saga en trois dimensions, il traîne depuis un quart de siècle une réputation encombrante : un score Metacritic de 99, le plus élevé de la base, et une génération entière de joueurs persuadés d’avoir vécu là quelque chose d’unique.

Un remake, ce n’est pas un portage. Là où le remaster 3DS de 2011 se contentait de rafraîchir les textures et d’ajouter l’écran tactile, Nintendo a cette fois reconstruit le jeu : modèles, décors, animations, doublage, interface. Le studio a montré le résultat le 8 septembre pendant un Nintendo Direct d’une trentaine de minutes consacré aux 40 ans de la série, où le producteur Eiji Aonuma a joué en direct la première heure d’aventure.

La démonstration a livré ce que tout le monde attendait, une date, et beaucoup de choses que personne n’avait demandées. Reste la question qui décide de tout dans un exercice pareil : qu’est-ce qui a bougé, et qu’est-ce qui a été gardé intact ?

Une date, un écrin et une console anniversaire

Le jeu sort le 5 novembre 2026, en exclusivité sur Nintendo Switch 2. La version numérique est annoncée à 59,99 $ aux États-Unis, et le premier tirage physique arrivera dans un boîtier à jaquette texturée, tant que les stocks le permettent. Novembre s’annonce chargé pour les joueurs, puisque Grand Theft Auto VI débarque quatorze jours plus tard, le 19 novembre.

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La bande-annonce du remake, diffusée par Nintendo France à l’issue du Direct du 8 septembre 2026.

Autour du jeu, Nintendo a déployé tout l’appareil anniversaire. Une Switch 2 aux couleurs de la Triforce sort le 29 octobre, accompagnée d’une manette Pro et d’une housse assortie. Des amiibo Link enfant et Zelda enfant suivront en 2027, et leur scan débloquera des masques inspirés du rendu graphique d’origine. Une tournée symphonique démarre à Tokyo en janvier 2027, passe par Chicago en février et Londres en avril.

Ce que la manette change par rapport à 1998

La démonstration d’Eiji Aonuma a surtout servi à montrer les gestes, pas les pixels. Plusieurs frustrations tenaces de la version Nintendo 64 disparaissent, et elles tiennent presque toutes au confort de jeu. Voici les changements les plus visibles manette en main.

  • La caméra se pilote librement au stick droit, ce que la manette Nintendo 64 et son unique joystick rendaient impossible ;
  • Link saute sur commande avec un bouton dédié, alors que le saut se déclenchait automatiquement au bord d’une plateforme ;
  • Une roulade enchaînée sur une course permet de traverser la plaine d’Hyrule sans marteler la même touche ;
  • Le changement d’objet passe par un menu rapide, sans repasser par l’écran de pause, et la visée du lance-pierre accepte les mouvements de la manette ;
  • Le cycle jour-nuit continue de tourner dans le bourg d’Hyrule, alors que le temps s’y figeait dans la version d’origine.

Les cinématiques sont désormais doublées, dialogue par dialogue, et la version française conserve ses voix familières. Frédéric Souterelle reprend le rôle de Ganondorf, qu’il tenait déjà dans Breath of the Wild et Tears of the Kingdom.

Un écran inédit, baptisé Fils du temps, tient le journal de l’aventure. Il affiche l’objectif en cours et remplit progressivement une tapisserie au fil des étapes franchies, ce qui règle un vieux problème des parties étalées sur plusieurs mois.

L’ocarina s’active maintenant à la voix

La trouvaille la plus inattendue passe par le micro de la console. Une fois qu’un air est appris, il suffit de le fredonner près de la Switch 2 pour que le jeu le reconnaisse et le fasse jouer à Link. Un véritable ocarina fonctionne aussi, et Nintendo en commercialisera deux modèles à la fin de l’année, dont une version électronique produite par HORI.

L’application Nintendo Switch prolonge l’idée avec Zelda Notes, déjà utilisée par les éditions Switch 2 de Breath of the Wild et Tears of the Kingdom. Elle enregistre automatiquement des captures, tient le compte des ennemis vaincus, propose des quêtes aux potins où une photo sert d’indice, et embarque un quiz de plus de 2 000 questions jouable une fois par jour, ou davantage en dépensant des rubis.

Ce que Nintendo a choisi de ne pas moderniser

Le plus intéressant, dans ce remake, tient peut-être à ce qui n’a pas été touché. La géographie du jeu reste conforme au plan de 1998, la plaine d’Hyrule conserve son échelle, les donjons gardent leur agencement. Le ciblage Z, mécanique fondatrice qui a essaimé dans tout le jeu d’action depuis, revient exactement tel qu’il fonctionnait sur Nintendo 64.

Les écrans de chargement entre certaines zones ont eux aussi été conservés. Aonuma a expliqué pendant la présentation qu’ils ne sont plus techniquement nécessaires, mais que l’équipe les considère comme une composante du rythme original. Le choix divise déjà, et il éclaire la ligne suivie : on modernise la prise en main, pas la structure.

Cette fidélité a un coût. Les joueurs qui espéraient un monde plus ouvert ou des donjons repensés resteront sur leur faim, comme le rappelle la réception du remake côté presse spécialisée. À l’inverse, ceux qui redoutaient une réécriture façon les libertés prises par Capcom sur la licence à l’époque des Oracle sont rassurés.

Le remake officiel a refermé la scène amateur

Cette annonce a fait une victime discrète. Depuis 2016, un développeur connu sous le pseudonyme CryZENx reconstruisait Ocarina of Time sous Unreal Engine et publiait ses avancées sur YouTube, où une seule de ses vidéos a frôlé les trois millions de vues. En juin, après la révélation du projet officiel, il a tout arrêté.

Le remake d’Ocarina of Time est officiel, et je crois qu’il est temps pour moi de prendre ma retraite. Merci à tous de m’avoir soutenu pendant plus de dix ans.

CryZENx, auteur du remake amateur d’Ocarina of Time sous Unreal Engine, dans un message publié sur Facebook en juin 2026, rapporté par Nintendo Wire le 22 juin

Le développeur a précisé avoir préféré s’arrêter de lui-même plutôt que de risquer une intervention juridique de Nintendo. La prudence se comprend : l’éditeur avait fait retirer quatre cents dépôts d’émulateurs en une seule journée quelques semaines plus tôt. Le remake officiel referme dix ans de travail bénévole, et ouvre la question de ce que devient ce savoir-faire.

Ce que ce remake engage pour la suite du catalogue

Nintendo tient là un test grandeur nature. Si la formule prend, le catalogue Nintendo 64 et GameCube offre une réserve d’œuvres candidates à ce traitement, de Majora’s Mask à The Wind Waker. La méthode compte autant que le résultat commercial, puisqu’elle fixera le niveau d’exigence des dix prochaines rééditions.

Reste une inconnue de taille pour les joueurs français. Aucun prix européen n’a été communiqué, et la conversion depuis le tarif américain ne préjuge de rien. Le calendrier, lui, est déjà serré : la console anniversaire le 29 octobre, le jeu le 5 novembre, le film en salles le 30 avril 2027, dont le casting continue de se dévoiler par bribes.

Vingt-huit ans séparent la version Nintendo 64 de celle du 5 novembre. Entre les deux, la saga a inventé le monde ouvert contemporain avec Breath of the Wild, puis l’a démonté avec Tears of the Kingdom. Revenir à Kokiri après ce détour ne racontera pas la même histoire selon qu’on y a joué en 1998 ou qu’on y entre pour la première fois, et c’est peut-être là que se jouera l’accueil du jeu.

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