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Trois mois après avoir annoncé la dernière mise à jour de contenu de Destiny 2, Bungie change de discours. Le 21 septembre 2026, le studio a publié une vidéo et un long billet dans lesquels il promet de restaurer les campagnes, destinations et raids retirés du jeu depuis 2020. Une volte-face rare, qui touche directement les joueurs ayant payé pour des extensions devenues injouables.
Destiny 2, sorti en septembre 2017, est un jeu de tir en ligne à mi-chemin entre le shooter et le jeu de rôle, pensé comme un service qui évolue pendant des années. Ce modèle a une contrepartie que les joueurs connaissent bien : ce que l’éditeur ajoute, il peut aussi le retirer. Que récupèrent vraiment les joueurs avec cette annonce, et que vaut la promesse d’un studio qui disait il y a peu tourner la page ?
Bungie reconnaît avoir perdu la confiance des joueurs
Le message est signé Poria Torkan, à la tête du studio, et Josh Deane, directeur général de Marathon. Le ton tranche avec les annonces précédentes. En mai, Bungie avait fixé au 9 juin la fin du développement actif de Destiny 2, avant l’annonce en juin de licenciements touchant une grande partie de l’équipe du jeu, selon Engadget.
Les deux dirigeants reconnaissent que la réaction de la communauté a pesé. Ils écrivent que la mobilisation des joueurs autour de « Monuments of Triumph », présenté comme l’ultime mise à jour, a eu un impact réel sur leurs décisions. Le billet se conclut par un engagement sans ambiguïté sur l’avenir de la licence.
Destiny est fondamental pour l’avenir de Bungie. Nous avons d’autres histoires à raconter, de nouveaux mondes à construire, mais nous devons le faire correctement et donner à nos équipes le temps nécessaire. Tout cela pour dire que nous n’en avons pas fini avec Destiny.
Poria Torkan et Josh Deane, billet The Next Chapter for Bungie publié sur Bungie.net le 21 septembre 2026
Le coffre de 2020, une décision qui a coûté cher
Pour mesurer la portée de l’annonce, il faut revenir au 10 novembre 2020. Avec l’extension Beyond Light, Bungie inaugure le « Destiny Content Vault » : des planètes entières, des campagnes et des raids disparaissent du jeu pour alléger son poids et faciliter sa maintenance. Mars, Mercure, Titan et Io quittent la carte, tout comme la campagne originale de La Guerre Rouge.
Le principe s’étend en février 2022, quand la campagne de Forsaken, une extension vendue quelques années plus tôt, rejoint à son tour le coffre. Pour une partie des joueurs, le choc est surtout économique : des contenus achetés deviennent tout simplement impossibles à relancer, sans remboursement ni version hors ligne.
Bungie admet aujourd’hui l’erreur en toutes lettres. D’après Engadget, le billet affirme que le studio ne peut pas changer la décision prise, mais qu’il peut en reconnaître l’impact et travailler à la réparer. Six ans après, le coffre devient donc un chantier de restauration.
Ce que Bungie promet de remettre en jeu
Le billet et la vidéo détaillent plusieurs familles de contenus concernées, qui seront accessibles à tous les joueurs de Destiny 2, selon KultureGeek :
- les campagnes archivées depuis 2020, dont les histoires qui ont fondé l’univers du jeu ;
- les destinations retirées de la carte, ces planètes et lunes où se déroulaient une partie des missions ;
- les raids mis au coffre, les activités à six joueurs les plus exigeantes du jeu ;
- d’anciens événements à durée limitée, d’après NME.
Aucun calendrier n’accompagne cette liste. Bungie prévient que restaurer ces contenus ne revient pas à recharger d’anciens fichiers : l’éclairage, les ennemis et les systèmes de combat ont changé depuis Beyond Light, et chaque activité devra être adaptée. Les prochaines étapes seront détaillées dans les mois à venir.
Marathon change de cap après un lancement en demi-teinte
L’autre jeu du studio est aussi concerné. Sorti en 2026, Marathon, un jeu de tir d’extraction, a reçu un bon accueil critique, mais Bungie reconnaît qu’il n’a pas touché autant de joueurs qu’espéré. Le studio veut désormais l’emmener au-delà des codes du genre, vers une expérience de survie plus riche, avec davantage de liberté en JcE comme en JcJ.
KultureGeek évoque notamment l’arrivée d’un mode coopératif. Pour le reste, aucun détail concret ni aucune date n’ont été communiqués, et la feuille de route publiée récemment pour la fin 2026 reste la seule référence. Le départ de Justin Truman, qui a quitté la direction du studio pendant l’été après environ un an à sa tête, complète ce tableau d’une maison en pleine reconstruction.
Un revirement arraché par la pression des joueurs
Ce retournement s’inscrit dans une série de reculs observés cette année chez les éditeurs. Chez Sony, propriétaire de Bungie depuis un rachat à 3,6 milliards de dollars en 2022, Guerrilla a déjà dû débrancher son jeu-service Horizon après une bêta ratée. Le modèle du jeu à vie montre ses limites quand la communauté ne suit plus.
Les joueurs ont aussi appris à peser. En août, la fronde contre la fin des disques avait envahi un State of Play de PlayStation. Le cas Destiny 2 va plus loin : la mobilisation a obtenu un engagement écrit de restauration, ce que six ans de critiques n’avaient pas obtenu.
Une promesse qui devra se mesurer en contenus
Reste une question que le billet laisse ouverte : à quel rythme, et à quel prix pour le studio, ces contenus reviendront-ils ? Chaque raid restauré mobilise des développeurs dans une équipe fortement réduite par les licenciements de juin. Bungie devra arbitrer entre réparer le passé et financer les nouvelles histoires qu’il annonce.
Pour une communauté qui fréquente cet univers depuis le premier Destiny en 2014, le test sera simple. Si les premières campagnes réapparaissent dans les prochains mois, le coffre de 2020 deviendra un contre-exemple que toute l’industrie du jeu-service aura intérêt à méditer. Dans le cas contraire, cette annonce rejoindra la longue liste des promesses faites pour calmer une colère.


