Splatoon Raiders : les premiers tests saluent le pari du jeu solo

À la veille de sa sortie sur Nintendo Switch 2, le premier spin-off solo de Splatoon passe l'épreuve des tests. Un virage radical pour une série bâtie sur le multijoueur compétitif.

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Depuis 2015, Splatoon incarne le grand jeu compétitif de Nintendo, celui où deux équipes de calmars humanoïdes s’aspergent d’encre pour recouvrir le terrain. La formule a peu bougé en dix ans : un multijoueur nerveux, des saisons régulières et une communauté soudée, particulièrement au Japon. Voir la marque s’aventurer sur un tout autre terrain avait donc de quoi intriguer.

Ce jeudi 23 juillet 2026, Splatoon Raiders sort en exclusivité sur Nintendo Switch 2 et tourne le dos à cette identité, au profit d’une aventure solo scénarisée. Les premiers tests de la presse spécialisée sont tombés quelques jours avant la sortie, apportant une réponse nette à la question qui accompagnait le projet depuis son annonce. Le pari du jeu en solitaire, si éloigné de l’ADN de la série, a-t-il vraiment convaincu la critique ?

Un virage solo assumé sur Switch 2

Présenté de longue date comme le premier spin-off de la licence, le titre troque l’arène compétitive contre une campagne narrative. On y incarne un mécanicien échoué sur les îles Spirhalite, épaulé par le trio musical Deep Cut, formé de Shiver, Frye et Big Man. Le cœur du jeu devient l’exploration et le pillage d’un archipel, non plus la domination d’une carte face à d’autres joueurs.

Le changement est d’autant plus frappant que la série n’a jamais aussi bien porté ses couleurs. Sorti en 2022, Splatoon 3 s’est écoulé à plus de 13 millions d’exemplaires et figure parmi les plus gros succès de la Switch, porté par son mode Guerre de Territoire devenu un phénomène e-sport. Annoncé en juin 2025 puis daté en avril 2026, Raiders conserve d’ailleurs un mode coopératif jusqu’à quatre joueurs, en local comme en ligne, mais le relègue nettement derrière l’expérience solo.

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La bande-annonce de présentation officielle de Splatoon Raiders, diffusée par Nintendo.

La bande-annonce de présentation met en avant la création de personnage, l’amélioration des armes et des décors inédits, loin des habituels lobbies compétitifs. Reste à savoir si ce changement de cap tient la distance une fois la manette en main, ce que seuls les tests pouvaient réellement trancher.

Des tests qui saluent la métamorphose

La première salve de critiques, publiée le 21 juillet, donne le ton. D’après les notes compilées par la presse spécialisée internationale, l’accueil est largement favorable, avec des écarts qui trahissent surtout des attentes différentes selon les rédactions. Le détail des verdicts parle de lui-même.

  • IGN place le jeu tout en haut de son barème avec un 9 sur 10 ;
  • Game Informer suit de très près avec un 8,75 sur 10 ;
  • GameSpot retient un 8 sur 10, assorti d’un verdict tranché sur la nature du jeu ;
  • Gamereactor se montre plus réservé avec un 7 sur 10 ;
  • Eurogamer et GamesRadar s’accordent chacun sur un 4 sur 5 ;
  • Polygon a publié son test sans lui associer de note chiffrée.

Aucune voix franchement négative dans ce premier panel, ce qui est loin d’être évident pour un spin-off aussi risqué. Les réserves portent surtout sur la répétitivité de certaines phases de pillage, un reproche classique du genre. L’amplitude des notes, de 7 à 9 sur 10, reste resserrée pour un premier essai dans un genre nouveau pour la série. La question n’est donc plus de savoir si le solo fonctionne, mais quelle famille de jeux Raiders rejoint réellement.

Un looter-shooter qui ne dit pas son nom

C’est là que le verdict de GameSpot se distingue. Le média américain estime que la série aurait toujours dû être un looter-shooter, tant la mécanique de butin semble ici couler de source. Chaque raid rapporte des trésors et des bricoles qui servent à monter en niveau et faire évoluer son arsenal, une boucle de progression étrangère aux épisodes principaux.

Le système d’équipement pousse dans la même direction. Le joueur choisit entre trois types de blindés, baptisés Speed, Power et Tactical, qu’il personnalise selon son style, tandis qu’un membre de Deep Cut peut l’accompagner en pilotant un robot doté d’une attaque spéciale nommée Showstopper. Vendu à 49,99 $ en version dématérialisée et 59,99 $ en boîte, soit sous le tarif d’un épisode principal, le titre assume son statut d’expérimentation à part entière. Les raids peuvent se courir seul ou à plusieurs, la difficulté s’ajustant au nombre de participants pour préserver le sentiment de progression.

Pourquoi un spin-off plutôt qu’un Splatoon 4

Ce positionnement n’a rien d’un accident. Dans une interview officielle publiée par Nintendo à quelques jours du lancement, l’équipe explique avoir voulu isoler les pans coopératifs et solo de la licence pour en faire une porte d’entrée inédite dans l’univers. Salmon Run et le mode Histoire, jusqu’ici secondaires, deviennent ici le plat principal.

Nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant de créer quelque chose avec une approche du gameplay légèrement différente, où l’on peut vraiment savourer l’action en solo.

Seita Inoue, producteur de Splatoon Raiders, dans l’interview « Ask the Developer » publiée par Nintendo en juillet 2026.

Le producteur insiste sur un point : après onze ans et trois épisodes, développer la compétition en continu n’interdit pas d’explorer d’autres registres. Le studio revendique d’ailleurs vouloir poursuivre le versus en parallèle, ce qui éclaire le choix du spin-off plutôt que d’un quatrième numéro canonique qui aurait engagé toute la série sur une nouvelle voie.

Ce que ce lancement dit de l’avenir de la licence

En glissant un pilier de son catalogue vers le solo, Nintendo teste grandeur nature une idée simple : transformer un mode annexe en jeu complet pour élargir son public. Si l’expérience séduit au-delà des habitués du versus, le procédé pourrait inspirer d’autres licences maison en mal de renouvellement, au moment où la Switch 2 cherche encore à asseoir son catalogue.

Reste une inconnue de taille, que la réception critique ne dissipe pas entièrement. Un spin-off salué ne remplace pas l’épisode que les fans réclament, et le succès de Raiders se mesurera aussi à sa capacité à faire patienter une communauté qui, elle, guette toujours un véritable Splatoon 4.

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