Game of Thrones : War for Westeros montre enfin son gameplay et vise début 2027

Après plus d'un an sans la moindre image de jeu, le jeu de stratégie Game of Thrones de PlaySide s'est enfin montré à la gamescom. Reste à savoir si quatre maisons asymétriques peuvent tenir un genre aussi exigeant.

Dans cet article Dans cet article

La gamescom a lancé son édition 2026 le 25 août à Cologne avec le rituel qui lui sert de coup d’envoi : deux heures d’Opening Night Live et une quarantaine d’annonces enchaînées sans respiration. Dans ce défilé où l’on a aussi vu le retour de Final Fantasy VII, un projet attendait depuis plus d’un an de sortir du flou. Game of Thrones : War for Westeros, un jeu de stratégie en temps réel qui place le joueur à la tête d’une grande maison de Westeros, avait été révélé en juin 2025 par une simple bande-annonce cinématique.

Le genre auquel il appartient repose sur un principe connu : récolter des ressources, bâtir une base, produire des armées et les manœuvrer en direct contre celles d’en face. Roi du PC dans les années 2000, le STR revient depuis quelques saisons par la porte des grandes licences. La vidéo diffusée le 25 août change la nature du dossier, puisqu’on ne juge plus une intention mais un jeu. Que dit vraiment cette première démonstration, et pourquoi PlaySide Studios a-t-il préféré perdre un an plutôt que de sortir le jeu en 2026 ?

Ce que montre la première vidéo de gameplay

La séquence dévoilée pendant l’Opening Night Live va droit au but : des escouades en formation, des sièges de château, des charges de cavalerie et, forcément, des dragons. Les héros y sont des unités à part entière, dotées de capacités propres et modelées sur les traits des acteurs de la série HBO. Jon Snow, Daenerys Targaryen, Jaime Lannister, Robb Stark, Tywin Lannister et le Roi de la Nuit figurent parmi ceux qu’on voit à l’œuvre.

Youtube video
La bande-annonce de gameplay diffusée le 25 août 2026 pendant l’Opening Night Live.

Le studio insiste davantage sur le comportement des troupes que sur le spectacle. Les unités se commandent par escouades entières, et le combat s’articule autour de la réponse tactique : une charge de cavalerie lourde ne se contre pas en empilant de l’infanterie de base, mais en sortant des lanciers légers. Le jeu sanctionne l’accumulation aveugle d’unités, ce qui le rapproche des STR compétitifs classiques.

Les cartes couvrent l’ensemble du continent, des châteaux disputés jusqu’au Mur. PlaySide a détaillé cet été Ashemark, un terrain des Terres de l’Ouest lié à la campagne de Robb Stark pendant la guerre des Cinq Rois, pensé comme un champ de bataille en un contre un. Reste la question qui décide de tout dans un jeu de stratégie : ce que chaque camp sait faire que les autres ne savent pas.

Quatre maisons, quatre façons de prendre le Trône de Fer

La promesse d’asymétrie est au cœur du projet. Quatre factions jouables se partagent la carte, chacune avec ses unités, ses bâtiments et ses mécaniques propres, calquées sur leur identité dans la série. Voici ce que le studio a confirmé pour chacune.

  • La maison Stark, portée par Jon Snow, qui combat en première ligne et maintient le moral des troupes autour de lui ;
  • La maison Lannister, dirigée depuis l’arrière par Tywin, un commandant méthodique qui optimise le rendement de sa machine de guerre ;
  • La maison Targaryen, avec ce que tout le monde attend d’elle, des dragons engagés directement sur le champ de bataille ;
  • L’armée des morts du Roi de la Nuit, capable de relever les cadavres tombés au combat.

Les héros gagnent des niveaux au fil des escarmouches et distribuent des bonus passifs aux troupes qui les entourent. Une escarmouche oppose quatre joueurs en chacun pour soi, ce qui déplace une partie de l’enjeu hors du terrain : alliances de circonstance, trahison au moment où un adversaire prend la tête. Ce mélange de guerre et de politique est ce que le studio met en avant depuis le début, et c’est aussi ce qui a mis le plus de temps à se stabiliser.

Un report d’un an que le studio assume

Le 17 juillet 2026, PlaySide a rompu un long silence par une mise à jour de développement qui contenait une mauvaise nouvelle et beaucoup de détails. Le jeu, annoncé pour 2026, glisse officiellement au début de l’année 2027, le studio invoquant le niveau de qualité qu’il s’était fixé.

Le décalage n’a rien d’anodin pour un studio australien coté en Bourse, dont les jalons de production se lisent aussi dans les communications financières. Il rejoint pourtant une pratique devenue courante, tant il vaut mieux décaler que sortir un STR bancal : les défauts d’équilibrage s’y voient dès les premières heures. Encore faut-il que le pari trouve son public.

Le pari d’un jeu de stratégie ouvert aux non-initiés

PlaySide n’est pas un débutant dans le genre, le studio ayant déjà signé Age of Darkness : Final Stand. Mais War for Westeros vise plus large que les habitués du clic par minute, et son directeur de jeu Ryan McMahon l’a formulé sans détour dès l’annonce, en assumant l’arrivée massive de joueurs néophytes.

Ce sera probablement le premier jeu de stratégie en temps réel de beaucoup de gens.

Ryan McMahon, directeur du jeu chez PlaySide Studios, dans un entretien accordé à ScreenRant pendant le Summer Game Fest, le 8 juin 2025

Deux modes doivent servir ces publics distincts. Une campagne longue, jouable avec des amis sur plusieurs sessions, tient de la partie politique étalée dans le temps ; un mode d’escarmouche permet d’entrer et de sortir à volonté. Les références revendiquées viennent des grands classiques, de La Bataille pour la Terre du Milieu à Age of Empires et Dawn of War, avec un œil sur StarCraft.

L’exercice a ses pièges. Un STR trop accessible perd les joueurs exigeants, un STR trop technique perd les fans venus pour la licence. Les jeux Game of Thrones ont visé des publics très éloignés, depuis le MMORPG longtemps espéré jusqu’à Kingsroad, sorti le 21 mai 2025 dans un registre action-RPG. Le curseur retenu ici semble intermédiaire, et ce compromis se juge en bêta.

Une licence que Warner remet au travail

Derrière ce jeu, il y a une machine qui se réorganise. WB Games a restructuré ses équipes autour de quatre franchises seulement, dont Game of Thrones, aux côtés de Harry Potter, Mortal Kombat et l’univers DC. La licence n’est plus un actif dormant.

Côté écrans, le rythme ne faiblit pas davantage, entre la danse des dragons prolongée et les projets Targaryen que HBO continue d’aligner. La série mère, achevée en 2019 après huit saisons et 73 épisodes, reste l’une des plus décorées de la télévision américaine avec 59 Emmy Awards.

Cette densité crée un effet de vases communicants. Un joueur qui découvre Westeros par un jeu de stratégie n’a pas forcément vu la série, et un spectateur lassé des dérivés peut y trouver une porte d’entrée moins convenue. La licence sert alors de terrain d’essai pour un genre que peu d’éditeurs financent encore à ce niveau.

Ce que la phase de test dira du projet

PlaySide a confirmé qu’une bêta précédera la sortie, avec des modalités d’inscription annoncées d’ici la fin de l’année. C’est là que les promesses d’asymétrie seront mises à l’épreuve : quatre factions aux mécaniques différentes, dans des parties à quatre en chacun pour soi, forment un problème d’équilibrage autrement plus retors qu’un affrontement symétrique.

Le calendrier laisse quelques mois avant le début 2027. D’ici là, la vidéo du 25 août aura surtout déplacé le débat : la question n’est plus de savoir si un STR Game of Thrones peut exister, mais si la guerre des Cinq Rois supporte d’être rejouée par quatre joueurs qui négocient autant qu’ils s’affrontent. Les réponses viendront du terrain de jeu, pas des bandes-annonces.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article


Vous aimez cet article ? Partagez !