Halo Campaign Evolved : les tests encensent le remake mais épinglent sa version PS5

Le remake du tout premier Halo est enfin jouable et débarque pour la première fois sur PlayStation. La presse salue la refonte sous Unreal Engine 5, mais la version PS5 et le portage PC laissent apparaître des fêlures.

Dans cet article Dans cet article

Depuis le 23 juillet, les possesseurs de l’édition premium arpentent déjà l’anneau-monde, et le reste des joueurs les rejoindra le 28 juillet. Halo : Campaign Evolved, le remake sous Unreal Engine 5 du tout premier épisode de la saga, vient de lever son embargo critique après des mois d’attente. Le verdict de la presse est désormais public.

Le jeu reconstruit intégralement la campagne de Halo : Combat Evolved, le tir à la première personne de 2001 qui a fixé la manière de jouer aux FPS à la manette. Confié au studio maison Halo Studios, ce retour s’inscrit dans une industrie saturée de remakes et de rééditions, où ressusciter un classique tient autant de la valeur refuge que de l’aveu de prudence.

Sa sortie porte pourtant une charge symbolique inédite : c’est la toute première fois qu’un Halo débarque sur une console PlayStation. Maintenant que les notes sont tombées, une question s’impose : ce remake tient-il ses promesses, et que révèle son accueil sur l’état réel de la franchise ?

Une critique largement conquise

Au moment du lancement, le remake affiche une moyenne de 82 sur 50 tests recensés par le comparateur OpenCritic, avec 88 % des critiques qui le recommandent. Un socle solide pour un projet qui jouait gros en retouchant un monument fondateur du jeu de tir sur console.

Les louanges portent d’abord sur la refonte technique. Le site spécialisé Video Games Chronicle lui accorde la note maximale de 5 sur 5, saluant une relecture qui modernise l’original sans trahir sa sensation de jeu. Digital Foundry évoque de son côté une réinvention remarquable d’un classique intouchable, portée par un bond audiovisuel considérable.

Youtube video
La bande-annonce de lancement de Halo : Campaign Evolved, diffusée par Halo Studios.

La bande-annonce de lancement diffusée par Halo Studios donne un aperçu de ce ravalement : éclairages retravaillés, cinématiques réenregistrées et missions inédites y défilent en quelques minutes. L’écrin séduit presque à l’unanimité, mais le contenu et les performances viennent nuancer le tableau.

Un accueil à géométrie variable selon les plateformes

Derrière la moyenne globale, l’accueil diffère nettement d’une machine à l’autre. Le tableau ci-dessous récapitule les notes Metacritic relevées à la sortie sur les trois supports du jeu.

PlateformeNote MetacriticConstat dominant
Xbox Series X|S86Version de référence, la plus stable
PlayStation 580Débuts salués mais performances en retrait
PC77Plombée par des soucis techniques au lancement

L’écart de neuf points entre la version Xbox et la version PC en dit long : le portage PC accuse plantages et chutes de fluidité qui pèsent sur la note. Sur PS5, la déception vient surtout de la sous-exploitation des gâchettes adaptatives de la manette, là où on attendait une vitrine.

Ce que le remake ajoute à l’original

Halo Studios n’a pas seulement rafraîchi les graphismes. Le studio a greffé plusieurs nouveautés sur la trame de 2001, qui redessinent l’expérience pour vétérans et néophytes. Voici les principaux ajouts revendiqués par le jeu.

  • une campagne préquelle de trois missions, baptisée Operation : Meteorite, située un an avant les événements du récit d’origine ;
  • neuf armes empruntées aux épisodes ultérieurs de la saga, ainsi que des véhicules retouchés ;
  • un coopératif jusqu’à quatre joueurs en ligne, complété par un écran partagé à deux sur console ;
  • quarante-deux crânes à collectionner, ces modificateurs optionnels qui bouleversent les règles du combat.

Manque cependant un absent de marque : le multijoueur compétitif a été purement écarté, une première pour un Halo qui interroge plusieurs testeurs. La préquelle, de son côté, divise : plusieurs critiques la jugent dispensable, loin de l’intensité de la campagne historique.

Des débuts sur PlayStation en demi-teinte

L’arrivée de Master Chief chez Sony n’a rien d’anodin. Pendant près de vingt-cinq ans, jouer à Halo supposait de posséder une Xbox, et cette exclusivité faisait figure de marqueur identitaire. Le basculement, acté fin 2025, scelle la fin d’un quart de siècle de chasse gardée.

Halo est désormais sur PlayStation, et cela commence avec Campaign Evolved

Brian Jarrard, directeur de la communauté de Halo Studios, lors de l’annonce du jeu en octobre 2025

La réalité du lancement se révèle plus rugueuse que le symbole. Sur PS5 de base, au moins la moitié des missions souffrent de chutes de fluidité marquées, et l’obligation de lier son compte PSN à un compte Microsoft ajoute une friction inattendue avant même de lancer une partie. Côté PC, l’ordinateur n’est pas épargné : la note Steam reste mitigée, avec seulement 59 % d’avis positifs sur près de 490 retours, entre plantages et gel du jeu au démarrage.

Un remake qui arrive en pleine tempête pour Xbox

Le contexte industriel donne à ce lancement une saveur particulière. Microsoft a traversé en 2026 une restructuration brutale, avec 3 200 postes supprimés et plusieurs studios rendus à eux-mêmes. La firme a dans le même temps réaffirmé une stratégie d’exclusivités, avec des titres comme Gears of War : E-Day maintenus hors PlayStation.

Cette ouverture à Sony apparaît donc comme un geste hérité d’une politique antérieure, plus que comme une doctrine pleinement assumée. Les jeux déjà promis à la PlayStation y arriveront, mais rien ne garantit que les prochains Halo suivront le même chemin.

L’incertitude est renforcée par un rapport récent selon lequel Halo Studios n’aurait, à ce jour, aucun nouveau jeu en développement. Après un remake réussi mais tourné vers le passé, la question de la suite reste entièrement ouverte.

Et maintenant, quelle trajectoire pour Master Chief ?

Le succès critique de ce remake prouve que le savoir-faire de la saga demeure intact, même reconstruit sur un moteur neuf. Reste que ressusciter un classique ne trace pas un cap : cela rassure sur le présent sans rien dire de l’avenir.

Les prochains mois diront si l’arrivée sur PlayStation ouvre durablement la franchise à un public neuf, ou si elle restera une parenthèse dictée par de vieux engagements. Pour une série qui a défini une génération de consoles, le vrai test se jouera sur ce qui vient après l’anneau où tout a commencé.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article


Vous aimez cet article ? Partagez !