Star Wars annonce le retour d’un jeu vidéo que les fans attendent depuis longtemps !

Saber Interactive assure que le remake de Knights of the Old Republic est toujours en développement, trois ans après son annonce et au lendemain d'une cession à 247 millions de dollars. Ce que dit exactement le studio, et ce que le dossier laisse dans l'ombre.

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Star Wars: Knights of the Old Republic Remake est la refonte annoncée en 2021 du jeu de rôle culte sorti sur Xbox en 2003. Après une révélation qui avait enthousiasmé aussi bien les joueurs de la première heure que les amateurs de l’univers imaginé par George Lucas, le projet a disparu des radars pendant près de trois ans, laissant prospérer les rumeurs de report puis d’annulation pure et simple.

Saber Interactive, qui a repris le flambeau du développement en 2022, vient de transmettre des nouvelles nettement plus encourageantes. Le dirigeant du studio a confirmé à IGN que le chantier n’a jamais été arrêté et qu’il avance, sans livrer pour autant le moindre calendrier ni la moindre image inédite.

La sortie reste annoncée sur PlayStation 5 et sur PC, dans une configuration d’exclusivité console au lancement héritée de l’annonce initiale. La question qui subsiste tient en une phrase : que vaut une promesse de studio quand le projet a déjà changé de mains et traversé une restructuration financière de grande ampleur ?

Ce que Saber Interactive a réellement déclaré

Le message tient en trois phrases, prononcées lors d’un entretien accordé à IGN et repris dans la foulée par la presse spécialisée. Matthew Karch y balaie l’hypothèse d’un abandon et revendique une équipe pleinement mobilisée sur la refonte.

C’est clair et c’est évident, nous travaillons dessus. La presse en a parlé à de nombreuses reprises. Ce que je peux dire, c’est que le jeu est bien vivant, et que nous sommes déterminés à dépasser les attentes des joueurs.

Matthew Karch, PDG de Saber Interactive, entretien accordé à IGN et rapporté par Game Informer le 3 avril 2024

Aucune date, aucune capture, aucune séquence de gameplay n’accompagne cette prise de parole. L’engagement affiché suffit néanmoins à éloigner le spectre d’une annulation, et il rétablit un fil de communication rompu depuis des mois avec un public qui s’était habitué au silence.

Trois ans de signaux contradictoires

Le parcours du projet explique à lui seul la nervosité des fans. Cinq étapes résument un dossier qui n’a jamais tenu deux mois sans rebondissement.

  • 9 septembre 2021, l’annonce au PlayStation Showcase, avec un développement confié à Aspyr Media, une exclusivité console PlayStation 5 au lancement et une version PC ;
  • août 2022, Bloomberg révèle le transfert du projet à Saber Interactive, après une mise en pause consécutive à une démonstration présentée à Sony et à Lucasfilm ;
  • fin septembre 2023, la bande-annonce officielle bascule en privé sur la chaîne de Sony, un retrait attribué à l’expiration de la licence d’un morceau musical ;
  • novembre 2023, le journaliste Jeff Grubb affirme que plus aucun studio ne travaille sur le jeu, quand Jason Schreier assure le contraire sur la foi de sources internes à Saber ;
  • 14 mars 2024, Embracer cède les principaux actifs de Saber Interactive à Beacon Interactive, société contrôlée par Matthew Karch.

Chacun de ces épisodes a nourri sa propre vague de spéculations, souvent démentie par la suivante. Le retrait de la bande-annonce a fait le plus de dégâts, parce qu’il touchait la seule preuve visible de l’existence du jeu.

La vente de Saber rebat les cartes

Le groupe suédois Embracer a annoncé le 14 mars 2024 la cession d’une partie de Saber Interactive pour 247 millions de dollars, un montant susceptible de grimper de 94 millions supplémentaires en cas de revente ultérieure. L’opération porte sur 38 projets et environ 2 950 salariés, soit 21 % des effectifs du groupe.

Le communiqué d’Embracer indique conserver Aspyr ainsi qu’un jeu à gros budget fondé sur une licence majeure, formulation dans laquelle beaucoup ont lu une référence au remake. Karch soutient de son côté que le projet suit Saber : les deux communications ne se recoupent pas entièrement, et aucune des deux parties n’a levé l’ambiguïté depuis.

Le calendrier reste tout aussi flou. Interrogé le 14 mars devant les investisseurs sur ce jeu sous licence majeure, le PDG d’Embracer Lars Wingefors a estimé qu’il restait du temps avant une sortie, sans confirmer de quel titre il parlait.

Pourquoi ce jeu de 2003 pèse encore aussi lourd

L’original de BioWare est sorti le 16 juillet 2003 sur Xbox, puis en novembre sur PC. Il s’est écoulé à 250 000 exemplaires en quatre jours sur la console de Microsoft, avant d’atteindre 3,2 millions d’unités en 2007 d’après les chiffres relayés par le Los Angeles Times.

La critique a suivi le même mouvement, avec une moyenne de 94 sur 100 sur Metacritic en version Xbox. Le jeu a raflé trois prix aux Interactive Achievement Awards, dont celui du meilleur développement de personnages et de récit, et le droïde HK-47 a été élu personnage de l’année aux Game Developers Choice Awards 2004.

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La bande-annonce de lancement du KOTOR d’origine sur Nintendo Switch, publiée par Nintendo : celle du remake, elle, n’est plus accessible publiquement.

Cette stature explique la pression qui pèse sur la refonte. Toucher à un scénario dont la révélation finale figure parmi les plus commentées du jeu vidéo revient à manipuler un objet de mémoire collective, avec la sanction immédiate que cela suppose en cas de faux pas.

Le remake, devenu un pari industriel

La refonte de classique n’a plus rien d’un exercice de niche. Le remake de Resident Evil 4 s’était écoulé à 6,48 millions d’unités au 31 décembre 2023 selon Capcom, avant de franchir le cap des 7 millions au mois de mars suivant, ce qui en fait l’un des meilleurs départs de la série.

La licence Star Wars affiche des ordres de grandeur comparables. Electronic Arts revendiquait plus de 20 millions de joueurs pour Jedi: Fallen Order en juin 2021, tous supports et services d’abonnement confondus, un résultat qui a directement justifié la mise en chantier d’une suite.

Le calcul se comprend donc aisément, même s’il a ses limites. Cette vague de refontes qui traverse l’industrie pose la question du risque que les éditeurs acceptent encore de prendre, et du prix que finit par se payer la nostalgie lorsqu’elle devient la première ligne d’un plan de production.

Ce que la suite du dossier va révéler

Une déclaration rassurante ne remplace pas une démonstration. Tant qu’aucune séquence de jeu n’a circulé, le remake demeure une intention plus qu’un produit, et les fans le savent d’autant mieux qu’ils ont déjà vu la bande-annonce disparaître sans explication publique immédiate.

Lucasfilm Games multiplie par ailleurs les fers au feu, du côté du jeu comme de formats où la franchise cherche à se réinventer. Un remake de Knights of the Old Republic n’occupe plus la place centrale qu’il aurait tenue en 2021, et cette dilution pèse autant que les questions de financement.

La prochaine étape se jouera probablement sur un terrain très simple : la capacité de Saber, désormais adossé à Beacon Interactive, à montrer quelque chose. Un studio qui reprend son indépendance a besoin d’une vitrine, et Revan reste la plus reconnaissable de son catalogue.

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