Coyote vs. Acme arrive en VOD le 29 septembre aux États-Unis, la France toujours privée du film

Après plus de 86 millions de dollars de recettes, le film sauvé du placard de Warner passe en vidéo à la demande outre-Atlantique. En France, ni salles ni plateforme annoncée : le public attend toujours de savoir quand il pourra le voir.

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Enterré par son propre studio, racheté par un distributeur indépendant, puis rentabilisé en salles : Coyote vs. Acme a déjà eu trois vies. La quatrième commence le 29 septembre 2026, avec sa sortie en vidéo à la demande aux États-Unis, à 24,99 dollars à l’achat comme à la location, selon Forbes. Le film mêle prises de vues réelles et animation traditionnelle pour raconter le procès intenté par Vil Coyote à Acme, le fabricant de toutes ses fusées défectueuses.

Pour le public français, la nouvelle a un goût amer. Le film ne sortira pas au cinéma en France, et aucune plateforme n’a encore été annoncée pour le diffuser chez nous. Pourquoi un film qui cartonne outre-Atlantique reste-t-il introuvable de ce côté de l’océan, et quand pourrez-vous enfin le voir ?

Un succès que Warner n’avait pas vu venir

L’histoire de ce film tient du feuilleton. En novembre 2023, Warner Bros. Discovery avait préféré ranger le long-métrage terminé et le passer en perte comptable plutôt que de le distribuer. Ketchup Entertainment l’a racheté en mars 2025 pour environ 50 millions de dollars, pour un budget de production estimé à 70 millions, d’après Forbes.

Le pari a payé. Sorti le 28 août dans 3 575 salles nord-américaines, le film a démarré avec 15,9 millions de dollars, puis cumulé 56,6 millions sur le marché domestique et 29,6 millions à l’international, soit 86,1 millions dans le monde. IndieWire avance même un total supérieur à 100 millions.

Youtube video
La bande-annonce officielle de Coyote vs. Acme, publiée par la chaîne du film.

La critique a suivi le public. Le film affiche 96 % d’avis favorables sur Rotten Tomatoes pour 291 critiques, et 94 % chez plus de 2 500 spectateurs vérifiés. Il reste d’ailleurs à l’affiche dans 1 905 salles américaines au moment de basculer en numérique, ce qui éclaire le calendrier choisi.

Ce que change la sortie numérique du 29 septembre

Le passage en vidéo à la demande intervient 32 jours après la sortie en salles, une fenêtre courte mais désormais classique aux États-Unis. Voici les modalités détaillées par Forbes :

  • une mise en ligne le mardi 29 septembre 2026, en vidéo à la demande premium ;
  • une disponibilité sur Prime Video, Apple TV, Fandango at Home et YouTube ;
  • un prix de 24,99 dollars à l’achat numérique ;
  • un tarif identique pour une location limitée à 48 heures.

Ce tarif aligné entre achat et location pousse clairement vers l’achat. Pour un public américain, le film devient accessible sans attendre une plateforme d’abonnement, ce qui n’est pas le cas partout.

La France, grande oubliée de la distribution

Coyote vs. Acme ne sortira pas dans les salles françaises. Jeuxvideo.com et le site Ayther confirment que le film passera directement par une plateforme de streaming, sans qu’aucun nom ni aucune date n’aient été communiqués. Ayther évoque une arrivée probable entre la fin 2026 et le début 2027.

L’absence de sortie en salles a une conséquence paradoxale. En France, la chronologie des médias impose un délai de quatre mois entre le cinéma et la vidéo à la demande à l’acte ; sans passage au cinéma, ce compte à rebours ne s’applique pas. Le film peut donc arriver dès qu’un diffuseur signe, ce qui dépend d’une négociation dont rien n’a filtré.

Le contexte n’aide pas. Warner, qui gardait la main sur les Looney Tunes, s’apprête à fusionner avec Paramount début octobre, et les catalogues des grands groupes sont en pleine recomposition. Un indépendant comme Ketchup doit, lui, négocier pays par pays.

Le pari gagné de Ketchup Entertainment

Le distributeur a récupéré les droits mondiaux et assumé seul la sortie. Avec 86,1 millions de dollars de recettes mondiales pour un rachat estimé à 50 millions, l’opération se révèle rentable avant même la vidéo. James Gunn, coscénariste du film devenu depuis codirigeant de DC Studios chez Warner, a salué le rôle du réalisateur Dave Green.

Quand les gens font preuve d’un vrai caractère face à l’adversité, le monde se lève pour aller à leur rencontre. Et dans ce cas, c’est ce qui s’est passé : si Coyote vs. Acme a été sauvé, c’est grâce au caractère de Dave et parce qu’il a fait un excellent film, trop puissant pour être enterré.

James Gunn, entretien accordé à The Hollywood Reporter quelques semaines avant la sortie américaine du film, en août 2026

Le propos résume l’image que le film s’est construite. Présenté comme celui qu’Acme ne voulait pas que vous voyiez, il a transformé son enterrement en argument promotionnel, et ce récit de résistance a rempli les salles bien au-delà des amateurs de dessins animés.

Un héritier de Roger Rabbit et de Space Jam

Le mélange de prises de vues réelles et de personnages animés a une longue histoire au cinéma, et les Looney Tunes y occupent une place à part. Qui veut la peau de Roger Rabbit avait rapporté environ 330 millions de dollars dans le monde en 1988, puis Space Jam, avec Michael Jordan, environ 250 millions de dollars en 1996, selon Box Office Mojo.

La formule s’était essoufflée depuis. Space Jam : Nouvelle ère, sorti en 2021 en pleine pandémie et diffusé simultanément sur HBO Max aux États-Unis, plafonnait autour de 163 millions de dollars dans le monde. Coyote vs. Acme, avec un budget plus modeste et un seul distributeur indépendant derrière lui, se rapproche déjà de ce total sans l’appui d’une campagne de grand studio.

Le film repose aussi sur un parti pris plus adulte. Là où Space Jam misait sur une star du sport et un festival de caméos, Coyote vs. Acme transforme un gag de dessin animé en comédie judiciaire, avec Will Forte en avocat et John Cena en défenseur d’Acme. Ce ton a manifestement parlé à un public qui dépasse les familles, et il interroge la façon dont les studios exploitent leurs catalogues.

Les films au placard ont trouvé leur précédent

Le succès de Coyote vs. Acme fragilise un argument que les studios opposaient volontiers au public : un film retiré n’aurait de toute façon pas trouvé sa salle. Un budget de 70 millions rattrapé en quelques semaines rend désormais plus coûteux, en réputation comme en recettes, le choix de ranger une œuvre achevée.

La question se déplace maintenant vers les marchés oubliés comme la France, où la réussite américaine devrait peser dans les négociations avec les plateformes. Tant qu’aucun accord n’est signé, le public français reste spectateur d’un triomphe dont il ne peut voir que la bande-annonce, alors même que, comme l’a montré le démarrage record de Spider-Man, la salle reste le meilleur tremplin d’un film.

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