Le casque Apple Vision Pro, tout juste mis en précommande, est déjà épuisé !

En rupture de stock quelques heures après l'ouverture des précommandes, l'Apple Vision Pro confirme l'attente autour de l'informatique spatiale, malgré son prix élevé.

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Présenté par Apple comme son premier ordinateur spatial, le Vision Pro est un casque de réalité mixte qui superpose des éléments numériques au monde réel. Mis en précommande le 19 janvier 2024 aux États-Unis, il s’est retrouvé en rupture de stock en quelques heures, malgré un tarif de départ fixé à 3 499 dollars.

Ce démarrage éclair a surpris jusqu’aux observateurs les plus aguerris du secteur. Pour un produit aussi cher et aussi nouveau, un tel engouement interroge : cette ruée initiale annonce-t-elle un succès durable, ou seulement l’enthousiasme des tout premiers adopteurs ?

Une ruée sur les premières précommandes

L’analyste Ming-Chi Kuo, réputé pour la fiabilité de ses informations sur Apple, a rapidement fait état de ruptures instantanées. Quelques heures après l’ouverture, les délais d’expédition affichés grimpaient déjà à cinq ou sept semaines, un signal fort de tension sur les stocks.

Selon ses estimations, entre 160 000 et 180 000 unités auraient trouvé preneur durant le seul premier week-end. Un chiffre notable pour un appareil de niche, qui témoigne d’une demande initiale bien réelle sur le marché américain.

Ces files d’attente virtuelles rappellent les grands lancements de l’iPhone, à ceci près que les volumes n’ont rien de comparable. Apple joue ici sur la rareté d’un produit d’exception, vendu au compte-gouttes dans un premier temps, ce qui nourrit autant la frustration que le désir.

Un tarif qui place le casque à part

Le prix de 3 499 dollars ne relève pas du hasard : il reflète une accumulation de technologies de pointe rarement réunies dans un même produit. Le Vision Pro concentre plusieurs prouesses matérielles qui expliquent son positionnement haut de gamme.

  • deux écrans micro-OLED totalisant plus de 23 millions de pixels ;
  • une puce M2 épaulée par un processeur R1 dédié aux capteurs ;
  • un suivi oculaire et gestuel qui remplace toute manette ;
  • une batterie externe reliée par câble, pour environ deux heures d’autonomie.

Cette débauche de composants rapproche le casque d’un ordinateur porté sur le visage plus que d’un simple accessoire de jeu. Elle explique aussi pourquoi Apple vise d’abord un public de professionnels et de passionnés, avant d’envisager le grand public.

Les prévisions prudentes des analystes

La difficulté d’Apple à honorer les commandes ne garantit pas un triomphe sur la durée. Ming-Chi Kuo souligne que des délais figés 48 heures après l’ouverture pourraient signaler un essoufflement rapide de la demande, une fois servis les acheteurs les plus pressés.

À l’inverse des iPhone, dont les délais s’allongent souvent après le lancement, le Vision Pro devrait selon lui dépasser les 500 000 unités écoulées sur l’année 2024, un volume modeste à l’échelle d’Apple. Le patron de la marque, lui, préfère insister sur la portée historique du lancement.

Ces réserves n’enlèvent rien à l’exploit technique, mais elles rappellent qu’un carton de précommande ne fait pas un marché. Le vrai juge de paix viendra des mois suivants, quand l’effet de nouveauté se sera dissipé et que les acheteurs évalueront le casque sur ses usages concrets.

Aujourd’hui, nous lançons l’Apple Vision Pro et ouvrons une toute nouvelle ère de l’informatique spatiale.

Tim Cook, PDG d’Apple, message adressé aux salariés, 2 février 2024.

Derrière l’emphase, le défi reste entier. Convaincre au-delà du cercle des technophiles suppose des applications réellement utiles et un prix plus abordable, deux conditions que le casque ne remplit pas encore.

Des usages qui cherchent encore leur public

Au lancement, Apple met en avant plus de 600 applications pensées pour le Vision Pro, du travail collaboratif au visionnage de films sur un écran géant virtuel. L’expérience impressionne, mais elle peine à désigner un usage indispensable qui justifierait à lui seul un tel investissement.

Plusieurs services très populaires, comme Netflix, YouTube ou Spotify, ont choisi de ne pas proposer d’application native dès le départ. Cette prudence des éditeurs en dit long sur l’incertitude du marché, chacun préférant observer l’accueil réservé au casque avant d’y consacrer des moyens.

La productivité et le divertissement immersif dessinent les premières pistes sérieuses, sans qu’une catégorie ne s’impose vraiment. Tant qu’aucune application phare ne rendra le casque incontournable, le Vision Pro restera un objet de curiosité plus qu’un outil du quotidien, réservé aux plus curieux.

Un marché de la réalité mixte encore étroit

Le Vision Pro débarque sur un marché longtemps dominé par Meta, dont le casque Quest 3 se vend autour de 500 euros, soit près de sept fois moins cher. Cet écart de tarif résume deux visions opposées du même secteur : le volume grand public d’un côté, le très haut de gamme de l’autre.

Les casques restent toutefois un usage de niche, cantonné pour l’instant au jeu, à la productivité et à quelques expériences immersives. Les tentatives d’amener les usages de la réalité virtuelle vers le divertissement de masse se multiplient, sans qu’aucune n’ait encore imposé le casque comme un objet du quotidien. Apple parie sur la qualité de l’expérience pour changer la donne.

Meta a écoulé des dizaines de millions de casques Quest depuis 2019, sans pour autant transformer l’essai auprès du grand public. Ce précédent montre qu’un prix bas ne suffit pas : c’est l’absence d’usage incontournable qui freine l’adoption, bien plus que la facture présentée au client.

Ce que la rareté révèle de l’informatique spatiale

L’engouement des premiers jours dit peut-être moins la réussite du produit que l’attente autour d’une nouvelle forme d’ordinateur. Apple sait transformer chaque lancement en événement, et la rareté entretient le désir autant qu’elle traduit une production limitée.

La commercialisation hors des États-Unis, attendue avant l’été 2024, prolongera ce test grandeur nature, sans certitude quant à la présence de la France parmi les premiers pays servis. L’industrie observe si un compagnon numérique d’un nouveau genre peut vraiment s’installer dans les foyers, ou si l’informatique spatiale restera l’apanage d’une minorité pour quelques années encore.

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