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L’excitation était palpable chez les amateurs de la saga interstellaire quand Ubisoft a révélé un teaser pour Star Wars Outlaws, suscitant des spéculations sur l’annonce imminente d’une date de lancement. Ces attentes ont été comblées lorsque la fin de la vidéo a marqué le calendrier pour le 30 août 2024 pour le grand lancement. Les joueurs ayant réservé leur copie ont eu le privilège de plonger dans l’aventure avec une avance de trois jours.
La date de sortie a fuité de façon inattendue grâce à Ubisoft. Une publication anticipée sur la page YouTube d’Ubisoft Japan mentionnait la date du 30 août comme jour de lancement, quelques heures seulement avant la diffusion officielle de la bande-annonce narrative. Cette révélation précoce a éveillé la curiosité et l’enthousiasme des adeptes de Star Wars les plus attentifs.
Star Wars Outlaws est le premier jeu Star Wars en monde ouvert, confié par Lucasfilm Games à Ubisoft. Il arrivait à un moment où la licence se cherchait au cinéma comme en jeu vidéo, et les attentes reposaient sur une promesse simple : vivre la galaxie côté pègre, sans sabre laser. Deux ans après cette bande-annonce, que reste-t-il de la promesse, et que vaut le jeu pour celui qui hésite encore ?
Kay Vess, une contrebandière entre deux films
La vidéo promotionnelle a levé le voile sur les éléments narratifs clés du jeu, introduisant une galerie de personnages, des figures emblématiques de la trilogie originale aux nouveaux venus. L’aventure s’articule autour de Kay Vess, une contrebandière rappelant Han Solo, qui navigue les dangers aux marges de l’Empire en s’alliant avec des figures criminelles telles que Jabba le Hutt. Engagée dans un vol audacieux, Vess doit assembler une équipe capable tout en esquivant les forces impériales et les dangers de la pègre. Cette épopée se situe entre les événements de L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi.
Ce choix de période n’a rien d’anodin. Entre les épisodes V et VI, l’Empire domine encore, mais les syndicats du crime prospèrent dans ses angles morts : le cartel Hutt, l’Aube écarlate, le syndicat Pyke et le clan Ashiga forment quatre factions à séduire ou à trahir, loin de l’affrontement entre Jedi et Sith qui a nourri la plupart des adaptations depuis 1977.
Un monde ouvert signé Massive Entertainment
Star Wars Outlaws est créé par Massive Entertainment, le studio d’Ubisoft à qui l’on doit Avatar : Frontiers of Pandora, et propose un univers ouvert riche. Selon Julian Gerighty, le directeur, chaque planète explorée par Kay Vess est d’une ampleur comparable à deux ou trois zones d’Assassin’s Creed Odyssey. Parmi les mondes à découvrir figurent Cantonica, Tatooine et Toshara, une création inédite, auxquels s’ajoute la lune Akiva.
Le gameplay mêle action, conduite et exploration, avec un système de réputation qui influence les interactions de Vess. Selon ses actions, elle peut soit s’attirer les faveurs soit les foudres des habitants de cet univers étendu, ce qui modifie directement son expérience de jeu. Infiltration, combats au blaster, poursuites en speeder et escarmouches spatiales se relaient au fil des contrats, avec Nix, le petit compagnon de l’héroïne, en guise de diversion.
Du 30 août 2024 à la Switch 2, deux ans de mises à jour
Le lancement a bien eu lieu le 30 août 2024 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Depuis, le jeu n’a cessé d’évoluer, et son calendrier raconte une reconquête progressive des joueurs restés sur la réserve :
- 30 août 2024 : sortie sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, environ un million d’exemplaires écoulés le premier mois ;
- 25 septembre 2024 : Ubisoft reconnaît des ventes initiales plus faibles qu’attendu et promet une série de mises à jour ;
- 21 novembre 2024 : arrivée sur Steam, avancée de plusieurs mois, en même temps que l’extension Wild Card ;
- 15 mai 2025 : sortie de la seconde extension, A Pirate’s Fortune ;
- 4 septembre 2025 : lancement de la version Nintendo Switch 2.
Cette chronologie dit beaucoup de la méthode. Plutôt que de passer à autre chose, Ubisoft a élargi la diffusion du jeu plateforme après plateforme, en comptant sur les correctifs pour changer sa réputation au fil des mois.
Un échec commercial que Ubisoft n’a pas caché
Le constat est tombé moins d’un mois après la sortie. Dans un communiqué du 25 septembre 2024, rapporté par GameSpot, l’éditeur expliquait que ses équipes étaient pleinement mobilisées pour améliorer l’expérience des joueurs avant les fêtes, et repoussait dans la foulée son Assassin’s Creed japonais à 2025, pour ne pas reproduire le même faux départ.
Pour Star Wars Outlaws, nous n’avons pas atteint nos objectifs de ventes. Le jeu a souffert de plusieurs éléments. D’abord, il est sorti à un moment où la marque à laquelle il appartenait traversait une zone de turbulences.
Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft, lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe, en juillet 2025
L’explication a fait grincer des dents, car la critique n’avait pas boudé le jeu. Selon Metacritic, la version PC affiche une moyenne de 77 sur 100, contre 75 sur PlayStation 5 et 76 sur Xbox Series X|S : des notes honorables, loin d’un rejet, qui pointent surtout un rythme inégal et une infiltration trop punitive au lancement.
Ce que le joueur trouve aujourd’hui dans Star Wars Outlaws
Pour qui découvre le jeu en 2026, l’expérience n’a plus grand-chose à voir avec celle de l’été 2024. Les deux extensions sont disponibles, le jeu est présent sur toutes les grandes boutiques PC, et la version Switch 2 obtient la meilleure moyenne de toutes, avec 81 sur 100 sur Metacritic. Le portage prouve qu’un monde ouvert de cette ampleur peut tenir sur une console hybride.
Cette seconde vie illustre une tendance de fond : un jeu se juge désormais sur la durée, bien après les chiffres de la première semaine. Chez Lucasfilm, la galaxie lointaine continue d’ailleurs de se décliner sur d’autres terrains, comme en témoigne le pari de l’anime pour réinventer Star Wars, ou les difficultés rencontrées par le studio de Star Wars Zero Company.
Une galaxie qui se joue désormais sur le long terme
L’histoire de Star Wars Outlaws pose une question qui dépasse la licence : combien de temps un éditeur accorde-t-il à un jeu pour trouver son public ? Ubisoft a choisi de patienter, de corriger et de multiplier les portes d’entrée, là où d’autres auraient coupé court.
Pour les joueurs, cette patience change la donne. Un titre boudé à sa sortie devient, quelques mois plus tard, une aventure complète, corrigée et enrichie de ses extensions. Reste à savoir si cette logique de rattrapage deviendra la norme des grosses productions, ou si elle restera le filet de sécurité des sorties manquées.

