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Sept ans après Once Upon a Time… in Hollywood, Cliff Booth reprend du service. Netflix a mis en ligne lundi 21 septembre 2026 la première bande-annonce officielle de The Further Mis-Adventures of Cliff Booth, réalisé par David Fincher sur un scénario de Quentin Tarantino, avec Brad Pitt de retour dans le rôle qui lui a valu l’Oscar du meilleur second rôle. Un teaser avait bien été diffusé pendant le Super Bowl en février, mais il n’avait jamais été publié en ligne.
Le film prolonge l’univers d’un long métrage qui avait rapporté plus de 370 millions de dollars dans le monde en 2019. Sa sortie, elle, suit un chemin inhabituel pour la plateforme : deux semaines exclusivement en salles IMAX à partir du 25 novembre, puis une mise en ligne sur Netflix le 23 décembre. Faudra-t-il trouver une salle IMAX pour découvrir le film à sa sortie, ou patienter jusqu’à Noël ?
Cliff Booth devient l’homme à tout faire d’Hollywood
L’intrigue se déroule en 1977, huit ans après la rencontre de Cliff avec la famille Manson dans la version alternative de 1969 imaginée par Tarantino. D’après le synopsis publié par Netflix, l’ancien cascadeur gagne sa vie comme barman et projectionniste, tout en travaillant comme « fixer » chargé d’étouffer les ennuis des stars, avec des méthodes pas toujours légales.
La bande-annonce donne le ton dès sa première réplique. Interrogé par une agente sur la fin de sa collaboration avec Rick Dalton, Cliff répond que l’acteur était devenu trop gros pour qu’il puisse encore le doubler. Leonardo DiCaprio n’est d’ailleurs pas annoncé au casting, et le conte révisionniste de 1969 cède la place à un polar sur les coulisses du Los Angeles de la fin des années 1970.
Netflix résume lui-même ce virage : ce qui était un conte de fées devient une histoire criminelle, un cocktail de violence, d’ambition et de désir qui ne pouvait se produire qu’à Los Angeles. Les personnages qui gravitent autour de Cliff dessinent déjà cette galerie de profils troubles.
Un casting qui entoure Brad Pitt
Autour de Brad Pitt, Netflix a confirmé une distribution de neuf comédiens principaux, dont voici les rôles connus :
- Elizabeth Debicki incarne Karen Crosby, l’agente qui contacte Cliff pour le compte de son client ;
- Scott Caan joue Charlie Peters, star de la télévision connue pour réaliser elle-même ses cascades ;
- Carla Gugino prête ses traits à Toni, l’épouse de Charlie ;
- Yahya Abdul-Mateen II interprète Roderick « Hot Rod » Harrison, champion de football devenu acteur ;
- Matt Groove et JB Tadena campent les frères Verdusco, deux gangsters qui sèment le chaos en ville.
Peter Weller, Corey Fogelmanis et Karren Karagulian complètent la distribution. Derrière la caméra, Fincher retrouve ses fidèles collaborateurs de Mank et The Killer : Erik Messerschmidt à l’image, oscarisé en 2021, Kirk Baxter au montage et Ren Klyce au son. Brad Pitt et Ceán Chaffin produisent le film.
L’héritage d’un film couronné aux Oscars
La barre est placée haut. Présenté en compétition à Cannes en mai 2019, Once Upon a Time… in Hollywood avait décroché dix nominations aux Oscars et deux statuettes, celle du meilleur second rôle pour Brad Pitt et celle des meilleurs décors. Cliff Booth y était déjà le personnage le plus mystérieux, un vétéran au passé trouble dont le film ne disait presque rien.
C’est précisément ce flou que la suite exploite. En faisant de Cliff un intermédiaire chargé de régler les problèmes des autres, le récit déplace le personnage du second plan vers le centre, sans le partenaire qui lui servait de miroir. Le pari est risqué pour un rôle dont le charme tenait beaucoup au non-dit, et c’est un choix d’auteur qui remonte au scénariste lui-même.
Un scénario de Tarantino confié à Fincher
Ce projet devait à l’origine devenir le dixième et dernier film de Quentin Tarantino. Une fois le script terminé, le cinéaste a renoncé à le tourner, pour ne pas conclure sa carrière sur un univers déjà exploré. Il s’en est expliqué sans détour dans un podcast.
J’adore ce scénario, mais je marche encore sur un terrain que j’ai déjà parcouru. Ça ne m’enthousiasmait pas vraiment.
Quentin Tarantino, interviewé dans le podcast The Church of Tarantino en 2025
Avec son accord, Brad Pitt a transmis le texte à David Fincher. L’acteur retrouve ainsi le réalisateur de Seven, Fight Club et L’Étrange Histoire de Benjamin Button, leur quatrième collaboration en plus de trente ans. Fincher travaille avec Netflix depuis House of Cards en 2013, ce qui explique en partie la destination du film.
Deux semaines en IMAX avant l’arrivée sur Netflix
C’est ici que la sortie change la donne pour le spectateur. Selon TheWrap, Cliff Booth devient le premier film Netflix distribué dans les salles IMAX du monde entier, du 25 novembre au début du mois de décembre. Le créneau était initialement réservé au Narnia de Greta Gerwig, repoussé à février 2027 avec une sortie en salles plus large.
En France, la liste des cinémas concernés n’a pas encore été détaillée, et le parc IMAX reste limité. On l’a vu avec Godzilla Minus Zero et ses copies IMAX, qui ne passent pas partout, ou avec la billetterie de Dune Part Three prise d’assaut cet été. Les places risquent d’être rares pour une fenêtre de quinze jours seulement.
Pour la majorité des abonnés, le rendez-vous réel sera donc le 23 décembre. L’écart de quatre semaines entre salles et streaming reste court, bien loin des quatre mois de Golden Kamuy, arrivé sur Netflix après sa carrière en salles au Japon.
Netflix teste la salle comme vitrine
Ce dispositif ressemble moins à une conversion au cinéma qu’à une opération événementielle. La plateforme garde la main sur l’essentiel, la diffusion à ses abonnés, tout en offrant à un film de prestige une vitrine qui nourrit la conversation avant sa mise en ligne. Une sortie juste avant Noël place aussi le film dans la période la plus regardée de l’année.
La vraie question concerne la suite. Si Cliff Booth remplit les salles IMAX pendant ses quinze jours, d’autres films Netflix pourraient suivre ce modèle hybride, et la frontière entre sortie cinéma et avant-première payante deviendrait plus floue. Les chiffres de fréquentation de fin novembre diront si le public est prêt à payer une place pour un film qu’il pourra voir chez lui quatre semaines plus tard.


