The Gentlemen : la saison 2 arrive le 3 septembre et la saison 3 est déjà commandée

Netflix a diffusé la bande-annonce de la saison 2 de The Gentlemen et commandé dans la foulée une troisième saison, dix jours avant sa mise en ligne. Une décision qui en dit long sur sa nouvelle façon de trier ses séries.

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Netflix a publié le 24 août la bande-annonce complète de la deuxième saison de The Gentlemen, avec une mise en ligne fixée au 3 septembre 2026. La plateforme a doublé l’annonce d’une commande de saison 3, alors que la deuxième n’a pas encore été diffusée. Créée par Guy Ritchie et adaptée de son film de 2019, la série suit un aristocrate anglais qui hérite du domaine familial et découvre qu’une organisation criminelle y a installé ses activités.

Le principe de départ tenait en un choc de codes : la vieille noblesse rurale britannique d’un côté, le trafic organisé de l’autre, avec l’humour sec et les cadrages appuyés qui font la signature du réalisateur. Huit épisodes d’une heure composent cette nouvelle saison, tournés entre les manoirs anglais et les lacs italiens. Dans un paysage où les arrêts après deux saisons sont devenus la norme, comment expliquer qu’une série reçoive sa suite avant même d’avoir été jugée ?

Ce que montre la bande-annonce de la saison 2

Un an s’est écoulé dans la fiction depuis la fin de la première saison. Eddie et Susie travaillent désormais ensemble au sein de l’empire criminel de Bobby, installé à l’étranger, et cherchent à en étendre le périmètre. Les décisions de Bobby y paraissent de moins en moins fiables, ce qui place les deux associés devant un choix simple à énoncer et coûteux à trancher.

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La bande-annonce officielle de la saison 2, publiée par Netflix le 24 août 2026.

Les images alternent les deux registres qui faisaient le sel de la première saison : salons feutrés et négociations à mots couverts d’un côté, violence brève et sèche de l’autre. La bande-annonce insiste sur l’expansion géographique, avec des séquences tournées des propriétés de la campagne anglaise aux lacs italiens, et sur une ambition qui déborde largement le cadre du domaine initial.

Le motif central reste l’ambition mal maîtrisée, un fil que la plateforme assume dans son synopsis. Cette extension du terrain de jeu s’accompagne d’un mouvement plus visible encore, celui du casting.

Neuf nouveaux venus et un ancrage italien

Le noyau de la première saison revient au complet, de Theo James à Kaya Scodelario, en passant par Ray Winstone, Joely Richardson, Vinnie Jones, Daniel Ings et Giancarlo Esposito. Neuf comédiens rejoignent la distribution pour cette deuxième saison, et la liste raconte à elle seule le déplacement du récit.

  • Hugh Bonneville, aperçu récemment dans I Came By et The Agency ;
  • Sergio Castellitto et Benedetta Porcaroli, deux figures du cinéma italien passées par Conclave et Le Guépard ;
  • Michele Morrone, vu dans Another Simple Favour et The Housemaid ;
  • Benjamin Clementine, musicien passé par Dune et Blitz ;
  • Chris Eubank Jr et Maya Jama, respectivement boxeur professionnel et animatrice de télévision britannique.

L’intention se lit sans effort : conserver la mécanique britannique tout en ouvrant un second front narratif en Italie. Ce genre d’élargissement coûte cher en tournage comme en logistique, et il se décide rarement sans garanties sur la suite.

Une saison 3 commandée avant la diffusion

L’information la plus notable n’est pas la date de sortie. Netflix a confirmé une troisième saison dix jours avant la mise en ligne de la deuxième, avec Guy Ritchie de nouveau à la réalisation. La production reste confiée à Moonage Pictures pour Netflix et Miramax TV, sur le même format de huit épisodes d’une heure.

L’ambition de The Gentlemen s’est accélérée, le monde s’est étendu et les conséquences pèsent. Une troisième saison paraissait inévitable, et j’ai hâte d’en repousser encore les limites.

Guy Ritchie, créateur et réalisateur de la série, dans le communiqué Netflix annonçant la saison 3, le 24 août 2026

Sur le contenu de cette troisième saison, la communication officielle affiche une franchise inhabituelle : le dossier de presse reconnaît que personne n’en sait rien pour l’instant. Seuls les noms sont arrêtés, ceux de Ritchie et de Matthew Read à l’écriture, ainsi que la liste des producteurs exécutifs.

Une commande à ce stade dit surtout que la décision ne repose pas sur l’accueil de la saison 2. Elle repose sur ce que la première a produit, et ces chiffres-là sont publics.

Les chiffres qui ont convaincu la plateforme

La première saison est arrivée en mars 2024 et s’est installée d’emblée. D’après les données communiquées par Netflix, elle est entrée dans le top 10 de la plateforme dans plus de 90 pays et a pris la première place dans 75 d’entre eux. Sur la période 2024-2025, le service comptabilise 100 millions de vues dans le monde.

Ces volumes ne disent rien de la qualité, mais ils disent tout de la mécanique de décision. Une série qui passe trois semaines en tête du classement anglophone mondial devient un actif que la plateforme préfère sécuriser plutôt que rediscuter tous les dix-huit mois. C’est le raisonnement qu’elle applique déjà à ses valeurs sûres, à commencer par la mécanique Harlan Coben.

Un revirement dans la politique de renouvellement

Netflix a longtemps été identifiée à l’inverse : des arrêts rapides, souvent après deux saisons, décidés sur des courbes de rétention plutôt que sur l’accueil critique. Le renouvellement anticipé inverse complètement la logique, puisqu’il fige un engagement avant d’avoir la moindre donnée sur la saison à venir.

La plateforme n’a pas renoncé pour autant à refermer ses séries, comme l’a montré l’ultime saison d’Outer Banks cet été. Le secteur assume désormais des fins programmées, à l’image de la dernière saison de The Bear. Le tri se fait plus tôt et plus franchement, entre les titres qu’on prolonge par principe et ceux qu’on arrête proprement.

Pour Ritchie, l’arrangement a une autre vertu. Il permet d’écrire la saison 3 en connaissant déjà son horizon, au lieu de bâtir une fin ouverte qui ne servira peut-être jamais. C’est ce confort d’écriture qu’achètent les commandes anticipées, davantage qu’un gain de temps de production, et on retrouve la même logique derrière les suites d’Enola Holmes.

Ce qui se joue à la rentrée

Le 3 septembre, la saison 2 arrivera donc dans une position particulière : elle n’a plus rien à prouver pour exister, sa suite étant déjà financée. Ce filet de sécurité change la nature de l’exercice et rend la comparaison avec la première saison plus intéressante que d’ordinaire.

La question posée à Ritchie n’est plus de savoir s’il obtiendra une suite, mais ce qu’il fait d’un monde qu’il a lui-même élargi. Une série de gangsters qui quitte son manoir pour les lacs italiens perd une partie de ce qui la rendait singulière, et l’ironie de classe tient rarement le voyage. Les huit épisodes de septembre diront si le changement d’échelle a été gagné sans rien perdre en route.

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