Dans cet article Dans cet article
- Deux jeux retirés de la boutique Xbox le 29 octobre
- Ce que deviennent les copies déjà achetées
- Celeste, un poids lourd du jeu indépendant
- Le boycott BDS appliqué au jeu vidéo, étape par étape
- Où jouer à Celeste et TowerFall sans passer par Xbox
- Une console choisie pour son catalogue, et des retraits qui échappent aux joueurs
Chercher Celeste sur la boutique Xbox ne donne plus rien depuis le jeudi 29 octobre 2026. Le jeu de plateformes primé en 2018 et TowerFall Ascension, signés par la même créatrice, ont été retirés de la vente sur les consoles de Microsoft, sans annonce préalable ni période de transition pour les joueurs qui comptaient les acheter.
Un retrait de vente, ou délistage, signifie qu’un jeu disparaît du catalogue d’une boutique alors qu’il reste disponible ailleurs. La raison avancée n’a rien de commercial : Maddy Thorson, cofondatrice du studio, explique avoir agi pour soutenir le boycott BDS qui vise Microsoft, deux semaines après le refus de House House de sortir Big Walk sur Xbox. Que perdent vraiment les joueurs Xbox, et ces retraits annoncent-ils une tendance durable ?
Deux jeux retirés de la boutique Xbox le 29 octobre
Le retrait a d’abord été repéré par des joueurs, avant que Maddy Thorson ne le confirme sur Bluesky dans un message bref, relayé par Pure Xbox le jour même. Celeste a disparu en premier, et TowerFall Ascension a suivi dans la foulée, les deux fiches concernant les versions Xbox One jouables sur Xbox Series.
Pour ceux qui le demandent, oui, nous avons retiré Celeste et TowerFall de Xbox. Nous l’avons fait pour soutenir le boycott BDS.
Maddy Thorson, cocréatrice de Celeste, dans un message publié sur Bluesky le 29 octobre 2026
Le studio n’a publié ni communiqué détaillé ni calendrier. Les deux jeux restent en vente sur PC, PlayStation et Nintendo Switch, ce qui confirme que la décision vise une plateforme précise et non la commercialisation des titres. Pour les possesseurs d’une Xbox, la question pratique porte surtout sur les copies déjà achetées.
Ce que deviennent les copies déjà achetées
D’après Pure Xbox, il ne s’agit pas d’un retrait dur : les jeux achetés restent dans la bibliothèque des joueurs, qui conservent leur licence. Celeste a d’ailleurs été proposé autrefois dans le programme Games with Gold, ce qui signifie qu’une partie des abonnés Xbox le possède sans l’avoir payé séparément.
Ce qui change, c’est l’accès des nouveaux venus. Un joueur qui découvre Celeste aujourd’hui sur Xbox ne peut plus l’acheter sur sa console, et le studio n’a donné aucune indication sur d’éventuelles mises à jour futures de ces versions. Pour un jeu sorti il y a huit ans, dont le dernier contenu date de 2019, le risque concret reste limité, mais la porte d’entrée, elle, est bel et bien fermée.
Le cas rappelle que posséder un jeu dématérialisé revient à détenir une licence liée à une boutique. Comme lors des retraits de catalogue survenus sur Steam en 2025, la bibliothèque protège ce qui a déjà été acheté, mais pas la possibilité de l’offrir, de le racheter après un changement de compte ou de le recommander à un ami qui joue sur la même console.
Celeste, un poids lourd du jeu indépendant
Le symbole compte autant que le geste. Sorti le 25 janvier 2018, Celeste raconte l’ascension d’une montagne par Madeline, une jeune femme aux prises avec l’anxiété, et a remporté le prix du meilleur jeu indépendant aux Game Awards 2018, en plus d’une nomination pour le jeu de l’année.
Le succès commercial a suivi la critique. Le jeu s’était vendu à plus de 500 000 exemplaires dès sa première année, et il dépassait 1,7 million de copies en janvier 2025, toutes plateformes confondues. TowerFall Ascension, sorti en 2014, est plus confidentiel mais reste une référence du multijoueur local à quatre sur un même écran.
Retirer ces deux titres revient donc à priver la boutique Xbox d’une vitrine de la scène indépendante. Ce n’est pas un cas isolé, et la chronologie du boycott dans le jeu vidéo montre une accélération au cours des dernières semaines.
Le boycott BDS appliqué au jeu vidéo, étape par étape
Le mouvement BDS, lancé par la société civile palestinienne, vise des entreprises qu’il juge liées au gouvernement israélien. Plusieurs studios ont traduit cet appel en choix concrets de plateformes, de plus en plus visibles :
- avril 2025, le mouvement BDS ajoute Microsoft et Xbox à sa liste de cibles prioritaires ;
- 22 avril 2025, le label Ice Water Games retire Tenderfoot Tactics de la boutique Xbox ;
- juin 2026, House House annonce que Big Walk sortira sans version Xbox ;
- 15 octobre 2026, le studio confirme que Big Walk ne sortira pas sur Xbox tant que Microsoft restera visé ;
- 29 octobre 2026, Celeste et TowerFall Ascension quittent la boutique Xbox.
Entre le premier retrait et celui de Celeste, dix-huit mois se sont écoulés. Mais deux décisions en deux semaines touchent désormais des jeux très connus, ce qui donne au mouvement une portée qu’il n’avait pas avec des titres confidentiels.
Où jouer à Celeste et TowerFall sans passer par Xbox
Pour un joueur sans autre machine, la solution la plus simple passe par un ordinateur. Sur Steam, Celeste est vendu 18,99 € et TowerFall Ascension coûte 13,99 €, des prix relevés le 1er novembre 2026, sans promotion en cours. Celeste est aussi disponible sur Mac et Linux, et son extension gratuite Farewell, ajoutée le 9 septembre 2019, est incluse dans toutes les versions.
Les versions PlayStation et Nintendo Switch restent en vente, ce qui laisse trois portes d’entrée sur quatre. L’ironie déjà relevée pour Big Walk vaut ici aussi : une console portable sous Windows estampillée Xbox fait tourner la version Steam, puisque le boycott vise la boutique et les consoles de Microsoft, pas son système d’exploitation.
Une console choisie pour son catalogue, et des retraits qui échappent aux joueurs
Ces décisions ne dépendent ni d’un prix ni d’un accord commercial que Microsoft pourrait renégocier. Elles reposent sur un critère politique sur lequel ni les joueurs ni l’éditeur de la console n’ont de prise directe, ce qui rend tout retour en boutique imprévisible.
Pour Xbox, déjà engagée dans une stratégie qui publie ses propres jeux sur toutes les machines, le mouvement inverse prend de l’ampleur : des studios indépendants qui retirent ou refusent leurs titres. Si d’autres créateurs suivent, la richesse du catalogue indépendant deviendra un critère d’achat aussi décisif que le Game Pass au moment de choisir sa prochaine console.

