God of War Ragnarök jouable gratuitement : ce que permet vraiment l’essai PS Plus

Le jeu le plus décoré de PlayStation se lance sans achat préalable, mais la gratuité tient en trois heures de compteur et suppose le bon palier d'abonnement. Reste à savoir ce que ce format change pour ceux qui hésitaient à passer à la caisse.

Dans cet article Dans cet article

God of War Ragnarök est la suite directe du God of War de 2018, développée par Santa Monica Studio et sortie le 9 novembre 2022 sur PlayStation 4 et PlayStation 5. Le jeu reprend l’histoire de Kratos et de son fils Atreus là où l’épisode précédent l’avait laissée, dans une mythologie nordique au bord de l’effondrement. Il s’agit du titre exclusif le plus décoré de la génération PlayStation, et d’un des rares à faire consensus autant chez les joueurs que chez la critique.

Une consultation lancée par le compte PlayStation auprès de sa communauté est venue le confirmer récemment. Face à des concurrents comme The Last of Us Part I, Marvel’s Spider-Man ou Horizon Zero Dawn, Ragnarök est ressorti en tête du classement des exclusivités préférées, ce qui n’a surpris personne tant le titre s’est imposé depuis sa sortie.

Plus d’un an après son lancement, le jeu se retrouve accessible sans achat préalable pour une partie des abonnés. Encore faut-il savoir de quelle gratuité on parle : à quelles conditions peut-on réellement lancer Ragnarök sans payer ?

Ce que recouvre vraiment la gratuité annoncée

L’accès sans frais passe par PlayStation Plus Premium, la formule la plus complète de l’abonnement de Sony. Elle donne droit à des essais limités dans le temps sur une sélection de jeux récents, et Ragnarök a rejoint ce catalogue avec un essai complet de trois heures, aux côtés d’autres poids lourds comme Baldur’s Gate 3 et Alan Wake 2.

Le mot essai mérite d’être pris au sérieux. Il ne s’agit pas d’une version bridée ni d’une démonstration taillée sur mesure, mais bien du jeu entier, chapitres, options d’accessibilité et sauvegardes comprises. Le compteur tourne en revanche dès le lancement et ne s’arrête pas quand on quitte la partie, ce qui invite à réserver ces trois heures à un moment où l’on ne sera pas dérangé.

La sauvegarde constituée pendant l’essai reste utilisable si le jeu est acheté ensuite, et c’est tout l’intérêt du dispositif pour Sony. Vendu 69,99 £ au Royaume-Uni à son lancement, Ragnarök appartient à cette catégorie de productions dont le prix fait hésiter, et trois heures suffisent largement à savoir si l’on accroche au rythme très particulier de la série.

Ce que l’essai permet, et ce qu’il ne permet pas

Avant de lancer le chronomètre, quelques points méritent d’être vérifiés, sous peine de gaspiller une partie du temps imparti en réglages et en téléchargements.

  • L’abonnement doit être au palier Premium, les formules Essential et Extra n’ouvrant pas droit aux essais ;
  • Le jeu se télécharge intégralement avant que le compteur ne démarre, ce qui suppose d’anticiper plusieurs dizaines de gigaoctets ;
  • Les trois heures se consomment en temps de jeu cumulé, sur PlayStation 4 comme sur PlayStation 5 ;
  • La progression est conservée et se retrouve intacte en cas d’achat ultérieur du jeu complet.

Trois heures représentent grossièrement le prologue et les premières heures de voyage, soit assez pour traverser le premier grand affrontement et prendre en main le système de combat remanié. C’est le segment que Santa Monica Studio a le plus travaillé, précisément parce qu’il conditionne l’envie de continuer.

Le format n’a rien d’anecdotique dans la stratégie de Sony, qui cherche depuis plusieurs années à transformer son abonnement en vitrine plutôt qu’en simple bibliothèque. La logique rappelle celle des offres gratuites à durée limitée sur les autres plateformes, avec une différence de taille : ici, la fenêtre se compte en heures de jeu, pas en jours de calendrier.

Un sacre bâti sur des chiffres solides

Le statut du jeu ne repose pas seulement sur des sondages communautaires. Sony a annoncé 5,1 millions d’exemplaires écoulés en une semaine, du 9 au 13 novembre 2022, ce qui en a fait le lancement le plus rapide de l’histoire de ses studios internes. Le cap des 11 millions a été franchi moins de trois mois plus tard.

Youtube video
La bande-annonce de lancement de God of War Ragnarök, publiée par PlayStation avant la sortie du 9 novembre 2022.

La reconnaissance critique a suivi le même chemin. Aux Game Awards 2022, Ragnarök a remporté six récompenses, dont celles du meilleur récit et de la meilleure interprétation pour Christopher Judge dans le rôle de Kratos, le prix du jeu de l’année revenant pour sa part à Elden Ring. Un palmarès de cette ampleur pèse encore lourd dans la décision d’un joueur qui découvre le titre aujourd’hui.

Une saga nordique qui parle surtout de filiation

Ce qui distingue Ragnarök de la production d’action classique tient moins à ses combats qu’à son sujet. La série a troqué la fureur grecque des premiers épisodes contre une histoire de transmission, où un père tente d’armer son fils sans pouvoir répondre à ses questions. Atreus, devenu adolescent, cherche l’autre moitié de ses origines, et Kratos ne sait pas la lui donner.

Au bout du compte, cette histoire parle avant tout de famille. Nous avons vu des personnages perdre leur famille, la retrouver, entrer en conflit avec elle dans le premier God of War.

Eric Williams, directeur de God of War Ragnarök chez Santa Monica Studio, table ronde avec la presse asiatique publiée le 26 octobre 2022

Cette matière narrative explique la longévité du titre dans les conversations, et la facilité avec laquelle la franchise essaime hors du jeu vidéo. Elle nourrit aussi bien le projet de série télévisée tiré de la licence que les épisodes suivants, et elle donne à l’essai de trois heures un intérêt particulier : le prologue est précisément le moment où cette relation se met en place.

Le PC en ligne de mire

Une question revient avec insistance depuis la sortie : Ragnarök suivra-t-il son prédécesseur sur PC ? Le God of War de 2018 y a été porté en janvier 2022, avec un succès commercial suffisant pour que Sony généralise la manœuvre à une bonne partie de son catalogue. Aucune date n’a été communiquée pour la suite, mais l’hypothèse structure les attentes.

Un portage élargirait mécaniquement le public d’une histoire conçue comme un diptyque, et poserait la question de l’après. La franchise avance déjà sur d’autres fronts, comme le montre la suite annoncée autour de Laufey, ce qui rend d’autant plus stratégique la question du nombre de joueurs ayant terminé Ragnarök.

Trois heures pour décider

Un essai chronométré change la nature de la décision d’achat. Il ne s’agit plus de se fier à une note ou à une bande-annonce, mais de mesurer soi-même si le rythme lent, les dialogues nombreux et les combats exigeants du jeu correspondent à ce qu’on attend d’une soirée de jeu. La démonstration se fait manette en main, ce qui reste l’argument le plus difficile à contredire.

Le calcul de Sony est transparent, et il en dit long sur l’époque : à mesure que les catalogues d’abonnement grossissent, la rareté n’est plus le jeu lui-même mais le temps disponible pour l’essayer. Trois heures accordées à un titre en sont trois retirées à un autre, et c’est sur cet arbitrage, bien plus que sur le prix affiché, que se joue désormais la carrière des grosses productions.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article


Vous aimez cet article ? Partagez !