Élevage sur Dofus 3.0 Unity : l’erreur de croisement qui plafonne vos générations

Croiser une bicolore dès son apparition fait tomber une lignée de 100 à 60 % de réussite, et rien dans l'interface ne le signale. Le système d'élevage lit les grands-parents, pas seulement les parents.

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L’élevage de dragodindes est le système de reproduction du Monde des Douze : deux montures placées dans un enclos donnent une progéniture dont la couleur dépend d’un tirage aléatoire pondéré par leur ascendance. Le jeu ne regarde pas seulement les deux parents, il lit aussi les quatre grands-parents inscrits sur la fiche de chaque monture, et ne remonte pas au-delà. C’est cette fiche, et elle seule, qui fixe vos chances d’obtenir une indigo, une ébène, une orchidée ou une pourpre.

Beaucoup d’éleveurs y perdent des semaines pour une raison unique : ils font reproduire des bicolores avant d’avoir stabilisé leur lignée. Le résultat paraît identique sur le papier, une bicolore reste une bicolore, mais les probabilités transmises à la génération suivante s’effondrent, et la couleur visée cesse d’apparaître. Où se situe exactement le point de bascule entre une lignée qui produit et une lignée qui tourne à vide ?

Ce que donne un croisement entre deux lignées pures

Une dragodinde est dite pure quand ses parents et ses grands-parents portent tous la même couleur qu’elle. Une monture capturée dans la nature l’est par définition, puisqu’elle n’a aucune filiation connue, et le jeu la traite alors exactement comme une lignée parfaitement homogène. C’est le point de départ de tout élevage sérieux.

Croisez deux monocolores pures de couleurs différentes, une rousse et une amande, et la répartition observée par les éleveurs se lit ainsi : 45 % de rousses, 45 % d’amandes, et 10 % d’amande et rousse, la bicolore qui vous intéresse. Une chance sur dix par portée, avec deux parents irréprochables.

Croisez au contraire deux rousses pures entre elles et les trois branches du tirage donnent la même couleur. Le résultat est une rousse dans 100 % des cas, ce qui n’avance à rien en soi mais constitue le stock d’où partiront tous vos croisements ultérieurs.

La dilution se lit dans les pourcentages

Prenez maintenant deux monocolores dont la filiation est connue et mélangée. Les parents directs ne pèsent plus 45 % chacun mais 28 %, tandis que chacun des quatre grands-parents récupère 9 % du tirage. Le reste part en miettes sur des combinaisons à 1 % ou moins, dont certaines si faibles que les éleveurs les considèrent comme nulles.

Le cas concret compilé sur le Wiki Dofus, d’après les constatations des éleveurs, est parlant : un croisement de ce type donne environ 37 % de rousses, 37 % d’amandes, 8 % d’indigos, 8 % d’ébènes et 6 % d’amande et rousse. Vous obtenez des couleurs supérieures par accident, sans contrôle, et surtout sans pouvoir reproduire le résultat. Une lignée qui produit du hasard ne se pilote pas.

Monter en génération impose pourtant de mélanger

L’idée qu’il faudrait rester monocolore le plus longtemps possible est une lecture erronée du système. Aucune couleur supérieure ne sort d’un croisement entre deux monocolores : l’indigo naît d’une amande et rousse croisée avec une amande et dorée, l’ébène d’une dorée et rousse croisée avec une amande et dorée. Les bicolores ne sont pas un sous-produit, elles sont l’outil.

La suite fonctionne à l’identique, un cran plus haut. L’orchidée demande une ébène et indigo croisée avec une rousse et dorée, la pourpre la même ébène et indigo croisée cette fois avec une amande et rousse. Chaque palier consomme des bicolores du palier précédent, et ces bicolores doivent être fiables.

L’éventail s’élargit à chaque étage, ce qui explique la difficulté croissante. Le jeu compte trois bicolores de première génération, sept de deuxième, onze de troisième, quinze de quatrième et dix-neuf de cinquième. Plus le palier est élevé, plus le tirage a de couleurs voisines où se perdre.

Les trois paliers de stabilité d’une bicolore

La vraie variable n’est pas la couleur de vos bicolores mais leur profondeur généalogique. Trois situations reviennent, et l’écart entre elles se mesure directement :

  • parents et grands-parents tous de la couleur visée : la portée sort dans cette couleur à 100 % ;
  • une seule génération homogène derrière : 80 % pour la bicolore, et 10 % pour chacune des deux monocolores dont elle est issue ;
  • parents dépareillés, chacun issu d’un couple mixte : 60 % seulement, et 20 % pour chaque monocolore.

Ce sont quarante points de probabilité entre le premier cas et le dernier, pour deux montures qui portent pourtant la même couleur et se ressemblent trait pour trait dans l’interface. Rien ne signale cet écart au moment de l’accouplement.

L’erreur fréquente tient dans ce détail. Un éleveur obtient sa première amande et rousse, la voit apparaître à l’écran, et la met immédiatement à reproduire. Il travaille à 60 % là où deux générations de patience l’auraient placé à 100 %, et il paiera cette précipitation à chaque palier suivant.

Le temps que coûte réellement chaque palier

La contrainte se mesure en heures, et elle grimpe avec la génération. Une amande demande 48 heures de gestation, une bicolore de première génération 60 heures, une indigo 72 heures, une orchidée 96 heures, une ivoire 120 heures, et une bicolore de cinquième génération 156 heures. Chaque portée ratée coûte donc plusieurs jours réels, sans compter la maturité à faire monter ensuite, de 1 000 points pour une amande à 10 000 pour une dorée.

À cela s’ajoutent les conditions d’entrée. Les deux parents doivent avoir atteint le niveau 5, être matures, endurants et amoureux, et la mise à bas ne peut avoir lieu qu’en étable, faute de quoi la progéniture meurt. Ce sont des décisions difficiles à défaire, au même titre que le changement de classe sur Dofus Unity, et elles se planifient avant de lancer le premier accouplement.

Ce qui est sûr c’est qu’il y aura du changement dans tous les cas, mais comme nous partons d’un socle technique « neuf » ça ne sera que pour du mieux !

Logan, Producer sur DOFUS chez Ankama, interview accordée à JeuxOnLine le 4 septembre 2019 sur le projet Dofus Unity

Ce que l’arbre généalogique récompense

Le système ne récompense pas la vitesse, il récompense la lecture de la fiche. Une monture dont les huit cases d’ascendance affichent la même couleur vaut, en probabilité, deux fois ce que vaut la même monture aux origines mélangées. Cet écart ne se voit nulle part dans l’interface, et c’est ce qui rend l’erreur si répandue chez les éleveurs qui apprennent sur le tas.

L’économie du serveur en tient compte, d’ailleurs, et les bicolores pures se négocient bien au-dessus de leurs jumelles bâtardes. Un élevage discipliné devient une activité rentable au même titre que les métiers à investir avant saturation du marché, avec une barrière à l’entrée qui tient surtout à la rigueur.

Reste une question que le jeu laisse ouverte : combien de générations êtes-vous prêt à consacrer à une lignée qui ne produira rien de vendable avant plusieurs semaines ? La réponse détermine le nombre d’enclos à réserver et le palier de couleur qu’il devient réaliste de viser. Les éleveurs qui atteignent l’émeraude ou la prune ont tous répondu la même chose, et ils l’ont répondu avant le premier accouplement.

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