Fin de la 2G chez Orange : téléphones basiques, alarmes et téléassistance coupés dans toute la métropole

Orange a éteint le 20 octobre 2026 sa 2G dans les 43 derniers départements de métropole. Des centaines de milliers de téléphones, alarmes et boîtiers de téléassistance risquent de perdre le réseau sans le moindre signal.

Femme âgée dans son salon tenant un vieux téléphone portable, un boîtier d'alarme blanc fixé au mur derrière elle
Depuis le 20 octobre 2026, les téléphones et boîtiers uniquement 2G n'ont plus de réseau Orange en métropole.
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Depuis le mardi 20 octobre 2026, un téléphone qui ne sait parler qu’en 2G ne passe plus aucun appel sur le réseau d’Orange en métropole. L’opérateur a éteint ce jour-là sa 2G dans les 43 derniers départements où elle fonctionnait encore, Paris compris. La 2G, ou GSM, est la deuxième génération de téléphonie mobile, celle des appels et des SMS lancée dans les années 1990, qui servait encore de fil discret à des millions d’objets du quotidien.

Le mouvement dépasse largement la France : plus de deux cents opérateurs dans le monde ont déjà éteint au moins une génération ancienne, selon Orange. Ce qui disparaît ici, c’est pourtant moins un réseau qu’un usage, celui des appareils qu’on installe une fois et qu’on oublie. Qui, concrètement, se retrouve sans réseau, et comment savoir si l’un de ces appareils dort chez vous ?

Une extinction menée par vagues depuis 2025

L’opération n’a rien d’un coup de tonnerre. Orange l’a menée territoire par territoire depuis plus d’un an, avec un calendrier publié à l’avance et relayé par l’Arcep :

  1. fin 2025 : arrêt de la 2G à La Réunion, premier territoire concerné ;
  2. mars 2026 : début des coupures par vagues dans l’Hexagone et aux Antilles ;
  3. 22 septembre 2026 : reprise des coupures à partir de Nice ;
  4. 6 octobre 2026 : extinction dans 44 départements ;
  5. 20 octobre 2026 : extinction dans les 43 derniers départements de métropole, Corse comprise ;
  6. décembre 2026 : arrêt dans les zones blanches réglementaires dans la première quinzaine, puis à Mayotte avant la fin de l’année.

Le 20 octobre ne marque donc pas tout à fait la fin : les zones blanches gardent un sursis de quelques semaines, le temps que d’autres réseaux y prennent le relais. Pour l’essentiel du territoire, la bascule est faite, et ses effets ne se voient pas forcément tout de suite.

Des appareils qui se taisent sans prévenir

Un smartphone récent, compatible 4G ou 5G, ne voit aucune différence. Le problème touche les terminaux qui n’ont jamais connu autre chose que la 2G : téléphones basiques, alarmes de maison, boîtiers de téléassistance, alertes d’ascenseur ou terminaux de paiement. Selon Orange, un mobile uniquement 2G ne permet plus aucun appel, y compris vers les numéros d’urgence.

Le danger tient à ce silence. Une alarme ou un médaillon d’appel d’urgence ne sonne pas pour signaler qu’il a perdu le réseau : il continue d’avoir l’air de fonctionner jusqu’au jour où l’on en a besoin. Les abonnés de Free Mobile équipés d’un vieux téléphone sont logés à la même enseigne, puisque Free n’a jamais exploité de réseau 2G en propre et s’appuyait sur celui d’Orange.

Les professionnels du secteur avaient tiré la sonnette d’alarme bien avant l’échéance. La Fédération des entreprises de services à la personne et l’organisation Ignes avaient réclamé au Sénat un report de deux ans de l’extinction, sans l’obtenir.

Il sera très compliqué de remplacer dans les délais les 300 000 systèmes de téléassistance concernés.

Brice Alzon, président de la FESP, à propos de la demande de report de l’extinction de la 2G portée devant la commission du développement durable du Sénat, mai 2025

Près de deux millions de cartes SIM encore en 2G au printemps

Les chiffres du régulateur donnent la mesure du chantier. Fin mars 2026, 1,22 million de cartes SIM grand public et 780 000 cartes de machines étaient encore logées dans des terminaux uniquement 2G, d’après l’observatoire de l’Arcep cité par Selectra, soit environ deux millions au total.

Trois mois plus tard, fin juin, le compteur était redescendu à 1,7 million de cartes actives dans des appareils 2G, en baisse de 41,4 % sur un an, selon les données de l’Arcep reprises par la Banque des Territoires. Environ 300 000 cartes ont donc disparu en un trimestre. Au même rythme, il en serait resté autour de 1,4 million fin septembre, une projection qui suppose une décrue constante et que l’Arcep n’a pas encore vérifiée.

Même avec une hypothèse plus favorable, plus d’un million d’appareils restaient vraisemblablement accrochés à la seule 2G à l’approche du 20 octobre. La Banque des Territoires relevait fin septembre qu’aucune panne majeure n’avait été signalée à l’Avicca, l’association des collectivités, et que des cas isolés comme le paiement dans les transports de Bayonne avaient été corrigés vite. Les autres opérateurs, eux, n’ont pas encore franchi le pas.

SFR et Bouygues Telecom ferment la marche fin 2026

Orange n’est pas le seul à débrancher. Le tableau ci-dessous reprend le calendrier de chaque opérateur pour sa 2G, d’après Orange, Selectra et la Banque des Territoires :

OpérateurRéseau 2G propreArrêt de la 2G
OrangeOui20 octobre 2026 en métropole, décembre 2026 en zones blanches
SFROuiFin 2026
Bouygues TelecomOuiFin 2026
Free MobileNon, s’appuie sur OrangeMêmes dates qu’Orange pour ses abonnés

Concrètement, changer d’opérateur pour garder un appareil 2G n’offrirait que quelques semaines de répit. Les terminaux capables de se replier sur la 3G continuent de fonctionner chez Orange jusqu’en 2028, ce qui repousse le problème sans le régler. Les raisons d’un tel empressement tiennent en deux mots : fréquences et énergie.

Fréquences et énergie, les raisons d’un calendrier tenu

Orange a écarté le report demandé par les professionnels et s’en tient à ses arguments. Le premier tient aux ondes : les 5 MHz de fréquences de la 2G sont réattribués à la 4G et à la 5G, qui font passer bien plus de données dans la même bande.

Le second est énergétique. Transmettre un gigaoctet en 2G consomme jusqu’à 500 fois plus d’énergie qu’en 5G, selon la Fédération française des télécoms citée par Orange. L’opérateur y ajoute la sécurisation de ses réseaux, la 2G étant la plus ancienne génération encore en service sur son parc.

La même quinzaine, Orange vend déjà son pass 5G+ prioritaire à 5 euros, lancé le 9 octobre : le vieux réseau s’efface pendant que la priorité se monnaie. Le contraste prolonge un mouvement plus large où la qualité devient une option, et il annonce l’étape suivante.

La 3G, prochain réseau à s’éteindre en 2028

L’extinction de la 2G sert de répétition générale. Orange prévoit d’arrêter sa 3G en métropole en 2028, et l’Arcep observe que les terminaux mixtes 3G et 2G ont perdu 283 000 cartes au deuxième trimestre, une baisse de 11,2 %. Au total, 3,9 millions d’appareils 2G ou 3G restaient actifs en métropole fin juin, contre 5,9 millions un an plus tôt.

Les familles qui équipent un parent d’un médaillon d’alerte, les copropriétés et les petits commerces disposent cette fois d’un calendrier connu deux ans à l’avance. Vérifier la génération d’un boîtier auprès de son installateur prend quelques minutes, quand la découvrir le jour d’une chute ou d’une panne d’ascenseur coûte autrement plus cher. La prochaine coupure ne laissera pas davantage de délai aux retardataires que celle-ci.

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