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Le demi-dieu le plus célèbre de la littérature jeunesse change de plateforme, au moins pour quelques semaines. À partir du 4 octobre, les deux premières saisons de Percy Jackson et les Olympiens arrivent sur Netflix dans le monde entier, alors que la série reste l’une des vitrines de Disney+. L’annonce, faite le 2 octobre, accompagne un accord de licence plus large entre les deux géants du streaming.
Adaptée des romans de Rick Riordan, la série suit Percy, un adolescent qui découvre qu’il est le fils de Poséidon et rejoint la Colonie des Sang-Mêlé. Le timing n’a rien d’un hasard, puisque la saison 3 débarque le 20 novembre, en exclusivité sur Disney+. Faut-il y voir un cadeau fait aux abonnés Netflix, ou une campagne de recrutement savamment orchestrée par Disney ?
Deux saisons sur Netflix, pour trois mois seulement
Les abonnés Netflix pourront regarder les seize épisodes déjà diffusés : huit pour la première saison, lancée en décembre 2023, et huit pour la seconde, arrivée en décembre 2025. Selon TheWrap et Variety, la fenêtre de diffusion est limitée à trois mois, ce qui mène la série jusqu’aux premiers jours de janvier 2027 sur la plateforme rouge.
L’accord n’est pas exclusif : les deux saisons restent disponibles sur Disney+ pendant toute la période. Pour un spectateur qui n’avait jamais franchi le pas, c’est l’occasion de rattraper la série sans payer un second abonnement, à condition de ne pas traîner. La suite de l’histoire, elle, se jouera ailleurs.
Le Sort du Titan, une saison 3 réservée à Disney+
La troisième saison adapte Le Sort du Titan, troisième tome de la saga, et marque l’arrivée de personnages très attendus comme Nico et Bianca Di Angelo. Dévoilée lors du D23 le 17 août dernier, la bande-annonce fixe le rendez-vous au 20 novembre sur Disney+, avec le retour de Walker Scobell, Leah Sava Jeffries et Aryan Simhadri dans les rôles principaux.
Rick Riordan, co-créateur de la série, avait donné le ton dès décembre 2025, alors que le tournage était déjà engagé. Il promettait une saison fidèle à l’un des livres préférés des fans, avec en point d’orgue la scène du barrage Hoover.
Nous sommes bien avancés, et si les fans connaissent le livre, Le Sort du Titan, ils seront vraiment, vraiment contents, je pense.
Rick Riordan, dans un entretien accordé à TechRadar publié le 19 décembre 2025
Le calendrier de Netflix s’arrête donc pile au moment où l’intrigue repart. Et Percy Jackson n’est que la tête d’affiche d’un accord qui embarque une dizaine de programmes Disney.
Un accord qui dépasse largement Percy Jackson
L’accord conclu entre Disney et Netflix s’étale jusqu’en 2027 et mêle séries récentes, classiques d’ABC et films d’animation, selon un calendrier détaillé par TheWrap :
- les cinq films de L’Âge de glace, disponibles dès le 4 octobre pour trois mois, avant la sortie en salles d’un nouvel épisode en février 2027 ;
- Will Trent, dont toutes les saisons arrivent le 3 novembre ;
- Shifting Gears, attendue le 1er décembre aux États-Unis puis en janvier 2027 à l’international ;
- Tracker et ses trois saisons, proposées hors des États-Unis pour plusieurs années à partir de février 2027 ;
- les films d’animation Soul, Elio et Raya et le Dernier Dragon, annoncés pour le début de l’année 2027.
D’autres séries plus anciennes comme This Is Us, Revenge ou Felicity complètent le lot. Aucun montant n’a été communiqué, mais la logique promotionnelle saute aux yeux : chaque arrivée précède une nouvelle saison ou un film à venir chez Disney. Tous ces titres restent en parallèle sur Disney+ et Hulu, puisque aucune exclusivité n’a été cédée à Netflix.
Pourquoi Disney revient vers son concurrent
Le revirement est notable. En 2017, Disney avait annoncé qu’il cesserait de confier ses nouveaux films à Netflix pour préparer le lancement de Disney+, arrivé fin 2019 aux États-Unis et le 7 avril 2020 en France. Neuf ans plus tard, le groupe se sert à nouveau de la vitrine de Netflix pour faire connaître ses propres productions.
Les chiffres expliquent ce choix. Netflix revendique plus de 325 millions d’abonnés payants, soit plus du double de la base estimée de Disney+, d’après les données reprises par Variety. Exposer une série à cette audience pendant trois mois coûte peu, et peut convertir une partie des curieux en abonnés Disney+ au moment précis où la saison 3 démarre.
Le rapprochement n’a d’ailleurs rien d’une première absolue. Plusieurs séries issues des studios du groupe, comme Grey’s Anatomy, Scandal ou Black-ish, restent disponibles sur Netflix, et le nouvel accord prolonge une cohabitation jamais totalement rompue. La différence tient à la nature des titres concernés : cette fois, Disney prête des programmes encore bien vivants, dont la suite se prépare chez lui.
Ce que l’accord change pour votre abonnement
Pour vous, le calcul est simple sur le papier : Netflix suffit pour découvrir Percy Jackson jusqu’à début janvier, mais il faudra un abonnement Disney+ pour voir la suite. La première saison avait réuni 13,3 millions de spectateurs en six jours sur Disney+ et Hulu, preuve que Disney sait ce que vaut cette licence.
Le contexte rend l’opération plus délicate. Disney+ multiplie les ajustements tarifaires, avec une offre sans publicité à 21,49 dollars aux États-Unis, tandis qu’en France la formule Premium a perdu le HDR et le Dolby Vision sans baisse de prix. Séduire des spectateurs Netflix tout en rognant l’offre payante relève de l’équilibre fragile.
Le streaming entre dans l’ère des locations croisées
Disney n’est pas seul à revoir sa copie. Les plateformes qui juraient de tout garder pour elles redécouvrent les vertus de la licence, comme lorsque Disney+ a ouvert son catalogue à quatre programmes de M6 en septembre. Les catalogues deviennent des vitrines temporaires, où une série passe d’un service à l’autre au gré des sorties à promouvoir.
Pour le spectateur, cette circulation a un prix caché : savoir où et jusqu’à quand regarder une série devient un exercice à part entière. Les trois mois de Percy Jackson sur Netflix diront si la stratégie fonctionne, et les chiffres d’audience de la saison 3 en novembre trancheront mieux que n’importe quel communiqué.

