Disney+ Premium perd le HDR et le Dolby Vision sans baisser son prix : Que Choisir met la plateforme en demeure

Privés de Dolby Vision et de HDR à cause d'une guerre de brevets, les abonnés Premium de Disney+ paient toujours 15,99 euros par mois. Que Choisir Ensemble réclame une baisse de prix ou le retour des fonctions.

Téléviseur de salon affichant l'application Disney+ avec un documentaire sur une baleine, télécommande et smartphone sur la table
Les abonnés Premium de Disney+ paient toujours 15,99 euros par mois, malgré la disparition du HDR et du Dolby Vision.
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Payer 15,99 euros par mois pour une image que l’on ne reçoit plus : c’est la situation des abonnés Premium de Disney+ en France. Depuis le début de l’année 2026, la plateforme a retiré le Dolby Vision, puis le HDR, et même un temps la 4K de sa formule la plus chère, sans baisser son prix d’un centime. L’association Que Choisir Ensemble a décidé de mettre Disney en demeure de corriger le tir.

Le HDR, pour High Dynamic Range, élargit l’écart entre les zones sombres et lumineuses de l’image, et le Dolby Vision en est la version la plus avancée. Ces technologies justifiaient en grande partie le supplément de la formule Premium. Leur disparition découle d’une bataille de brevets qui dépasse largement la France, et qui pose une question simple aux abonnés du streaming : que vaut encore un abonnement dont le contenu technique peut fondre en cours de route ?

Un abonnement Premium vidé de ses atouts

Selon Que Choisir, l’offre Standard de Disney+ coûte 10,99 euros par mois, soit cinq euros de moins que la formule Premium. Ce supplément devait couvrir la meilleure qualité d’image du service. Le Dolby Vision a disparu au début de l’année, suivi de près par le HDR, avant que la 4K Ultra HD ne soit retirée à son tour au cours de l’été 2026.

La 4K est ensuite revenue, mais par une autre voie. Disney s’appuie désormais sur le codec VP9, une norme de compression libre de droits, jugée moins performante et moins universelle que la précédente. Ce flux ne transporte aucune information HDR, et certains appareils, notamment ceux d’Apple, ne peuvent pas le recevoir du tout.

Sur le site de Disney+, la mention « jusqu’à la 4K Ultra HD » figure en petits caractères. Pour les films conçus pour briller sur un téléviseur haut de gamme, comme Avatar : De Feu et de Cendres arrivé sur Disney+ en septembre, la différence se voit à l’œil nu. L’origine de cette dégradation se trouve dans une série de décisions de justice.

Huit décisions de justice en faveur d’InterDigital

La société américaine InterDigital, qui dispose d’un laboratoire de recherche à Rennes, détient des brevets sur des technologies de compression vidéo et de HDR. Depuis février 2025, elle poursuit Disney et a obtenu huit injonctions contre la plateforme, selon le décompte publié par Broadcast :

  • au Brésil en septembre 2025, sur la compression vidéo ;
  • à trois reprises devant le tribunal régional de Munich, sur la superposition de flux, le HDR et l’encodage HEVC ;
  • devant la Juridiction unifiée du brevet à Mannheim en juin 2026, sur l’encodage HEVC dans onze pays européens ;
  • à Düsseldorf en juillet 2026, toujours sur le HEVC dans onze pays ;
  • de nouveau à Düsseldorf, sur la diffusion vers un téléviseur depuis un autre appareil, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Plutôt que d’acheter une licence, Disney a désactivé les fonctions visées. D’après InterDigital, la plateforme a supprimé la 4K et le HDR dans les onze pays concernés par les décisions de la Juridiction unifiée du brevet, dont la France.

Disney préfère couper que payer

InterDigital présente ces procès comme un dernier recours, après des discussions restées sans issue. Son directeur juridique a résumé le conflit dans des propos cités par Que Choisir, en soulignant que les tribunaux saisis lui ont tous donné raison.

Cela fait plusieurs années que nous négocions avec Disney le droit d’utiliser nos technologies, mais nos échanges n’ont pas abouti. Par conséquent, nous n’avons pas eu d’autre choix que de porter l’affaire devant plusieurs juridictions, qui nous ont toutes donné raison.

Josh Schmidt, directeur juridique d’InterDigital, cité par Que Choisir le 23 septembre 2026

L’entreprise se dit prête à régler le différend par une licence et juge regrettable que des clients continuent de payer des fonctions qu’ils ne reçoivent plus. Disney, de son côté, n’a pas commenté publiquement le choix de laisser ses tarifs inchangés. Pour l’abonné, le litige entre deux entreprises se traduit par une facture qui ne correspond plus au service.

Ce que réclame Que Choisir Ensemble

La mise en demeure, relayée le 29 septembre par le Journal du Geek, demande à Disney de rétablir les fonctions supprimées ou de baisser le prix de la formule Premium. L’association exige aussi une information claire des abonnés, jugée « tardive et incomplète » jusqu’ici, ainsi qu’un dédommagement proportionné et identique pour tous les clients concernés.

Elle réclame enfin l’arrêt des allégations commerciales trompeuses sur la qualité d’image. Jusqu’à présent, seuls les abonnés qui contactaient le service client pouvaient espérer un geste, au cas par cas. C’est la première action de ce type en France, après une démarche comparable de l’association allemande Verbraucherzentrale, ce qui place le dossier à l’échelle européenne.

Les options des abonnés en attendant

Sans réponse de Disney, les abonnés gardent la main sur leur formule. Revenir à l’offre Standard à 10,99 euros représente une économie de 60 euros sur une année, pour une qualité d’image désormais proche de celle du Premium sur de nombreux appareils. Le Premium conserve toutefois quatre écrans simultanés contre deux pour la formule Standard.

Les recours collectifs se multiplient dans le numérique, à l’image de Familles Rurales qui a lancé quatre actions de groupe sur le débit des box. Ces démarches montrent qu’un service dégradé en cours de contrat peut ouvrir droit à compensation, à condition que les clients se manifestent.

Quand la qualité d’image devient négociable

Ce conflit arrive alors que Disney+ vient de relever ses prix aux États-Unis à 21,49 dollars pour la formule sans publicité. Les plateformes augmentent leurs tarifs tout en rognant sur le service, et la qualité technique devient une variable d’ajustement au gré des négociations de brevets.

La réponse de Disney à la mise en demeure dira si un abonnement de streaming engage vraiment sur ce qu’il promet. Si la plateforme rétablit le HDR par une licence, le dossier se refermera vite. Si elle choisit de maintenir ses prix sans les fonctions, la justice française pourrait avoir à trancher ce que vaut une promesse de 4K et de Dolby Vision inscrite dans une offre commerciale.

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