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Six ans après sa sortie, votre PS5 apprend un nouveau tour. Sony a déployé le 1er octobre le QSSR, pour Quick Spectral Super Resolution, une technologie d’upscaling par intelligence artificielle jusqu’ici réservée, dans sa version complète, à la PS5 Pro. Marvel’s Wolverine et Ghost of Yōtei sont les deux premiers jeux à en profiter, via une simple mise à jour.
L’upscaling par IA consiste à calculer l’image dans une définition plus basse, puis à laisser un réseau de neurones reconstruire les détails manquants avant l’affichage. Nvidia avec le DLSS et AMD avec le FSR ont imposé cette approche sur PC, au point qu’elle conditionne désormais la qualité visuelle des jeux autant que la puissance brute. La question devient donc très concrète pour des millions de joueurs : faut-il encore payer le prix fort pour voir la différence ?
Une version allégée du PSSR, née avec AMD
Le QSSR est issu du projet Amethyst, la collaboration de recherche entre Sony et AMD. Dans son billet publié sur le PlayStation Blog, un ingénieur de la R&D graphique de Sony décrit un réseau neuronal simplifié et une implémentation optimisée à la main pour le processeur graphique de la PS5 standard, bien moins musclé que celui de la Pro.
Sony ne cache pas la hiérarchie. Le PSSR, pour PlayStation Spectral Super Resolution, reste qualifié de « référence absolue sur PS5 Pro », tandis que le QSSR apporte des améliorations notables de détail et de stabilité d’image sur la console de base. Le constructeur promet de proposer la technologie à l’ensemble des développeurs PlayStation, ce qui en fait potentiellement un standard de toute la ludothèque à venir.
Wolverine et Ghost of Yōtei ouvrent le bal
Les deux exclusivités maison servent de vitrine. Sorti le 16 septembre, le jeu d’Insomniac consacré au mutant griffu reçoit le QSSR comme option graphique supplémentaire, au même titre que le jeu de Sucker Punch. Il suffit d’installer le dernier correctif et de choisir le mode dans les réglages.
Pour Insomniac, l’effet se voit surtout dans les décors chargés comme Madripoor. Chez Sucker Punch, Jasmin Patry, ingénieur principal du rendu, estime que le QSSR « excelle à restituer les détails fins de nos personnages » et de nos environnements avec une bonne stabilité temporelle. Wolverine avait déjà fait du 60 images par seconde avec ray tracing son mode par défaut, et le QSSR vient affiner l’image de ce mode exigeant.
Le QSSR apporte davantage de netteté et de stabilité au niveau du pixel dans nos environnements, et fait ressortir des détails supplémentaires.
Mike Fitzgerald, directeur technique d’Insomniac Games, sur le PlayStation Blog le 1er octobre 2026
Ce que le joueur gagne manette en main
Sur le papier, l’upscaling sert à gagner des images par seconde. Dans la pratique, Sony et ses studios insistent surtout sur la stabilité : moins de scintillement sur les grillages, les cheveux et la végétation lorsque la caméra bouge, là où les techniques de reconstruction classiques laissent souvent des contours qui frémissent. C’est précisément ce que l’œil remarque en premier sur un grand téléviseur.
Ghost of Yōtei, sorti le 2 octobre 2025, profite ainsi d’une seconde jeunesse un an presque jour pour jour après son lancement. Le fait que le QSSR reste une option à activer, et non un mode imposé, laisse à chacun le loisir de comparer les rendus et de garder ses réglages habituels s’il préfère une image native plus douce.
Ce caractère optionnel a aussi une portée symbolique. Sony livre une technologie que les studios doivent intégrer jeu par jeu, et la PS5 de base ne gagne rien sur les titres non mis à jour. Tout l’intérêt de l’annonce dépend donc de ce que le reste du catalogue fera de cette nouvelle brique, ce qui ramène à la comparaison avec la console haut de gamme.
1440p d’un côté, 4K de l’autre
L’écart avec la PS5 Pro ne disparaît pas pour autant. Pour comprendre ce que chaque machine vise réellement à l’écran, il faut comparer leurs caractéristiques :
| Critère | PS5 standard | PS5 Pro |
|---|---|---|
| Technologie d’upscaling IA | QSSR | PSSR |
| Définition visée après upscaling | Autour de 1440p | Jusqu’à 4K |
| Puissance du GPU | 10,28 téraflops | Nettement supérieure |
| Date de lancement | Novembre 2020 | Novembre 2024 |
Selon les premiers tests de Digital Foundry, relayés par KultureGeek, les jeux en QSSR pourraient viser une définition proche du 1440p après reconstruction, quand la Pro garde l’objectif de la 4K. Sur un téléviseur de taille moyenne regardé à distance de canapé, cet écart se réduit toutefois sensiblement.
La PS5 Pro perd un argument de vente
Lancée en novembre 2024 à 799,99 €, la PS5 Pro s’affiche aujourd’hui autour de 900 €, et le Journal du Geek se demande s’il faut encore investir 900 euros dans la version Pro. Trois éléments pèsent contre un achat immédiat :
- la console de base hérite d’une partie du savoir-faire du PSSR, sans rien débourser ;
- la machine reste difficile à trouver, Sony anticipant une pénurie de PS5 Pro jusqu’en 2027 à l’approche de GTA 6 ;
- les rumeurs placent une PS6 à environ 40 téraflops fin 2027 ou début 2028, à un tarif qui pourrait dépasser 1 000 €.
Acheter une Pro maintenant revient à payer cher une génération intermédiaire dont l’avantage visuel se resserre. Pour les possesseurs d’une PS5 standard, la mise à jour joue au contraire le rôle d’une remise à niveau gratuite, à condition que les jeux suivent.
Une course à l’IA qui redéfinit les consoles
Le mouvement dépasse Sony. Nvidia a lancé début septembre son DLSS 5 à rendu neuronal, et la Switch 2 s’appuie elle aussi sur la reconstruction d’image pour tenir ses performances. La puissance brute cède du terrain aux algorithmes, ce qui permet de prolonger la vie d’une console déjà installée dans des dizaines de millions de foyers.
Ce glissement a un revers. Une image reconstruite reste une image devinée, et les artefacts sur les cheveux, les grillages ou les particules dépendent du soin apporté par chaque studio. Tout se jouera donc dans l’adoption : si les éditeurs tiers intègrent massivement le QSSR, la PS5 de 2020 pourrait offrir en 2027 une image proche de celle des machines vendues deux fois plus cher, et le choix de sa prochaine console se fera moins sur la fiche technique que sur la liste des jeux compatibles.

