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Portishead, ou l’exemple des artistes connus ne gagnant pas d’argent avec le Streaming grâce à leur major

Portishead, ou l’exemple des artistes connus ne gagnant pas d’argent avec le Streaming grâce à leur major

Annoncé comme la solution légale pour lutter contre le piratage et financer les artistes, le Streaming musical est pourtant bien loin de remplir les caisses des artistes, même pour ceux qui sont pourtant très connus.

Voici l’exemple du groupe Portishead, un groupe dont l’un des opus fait toujours partie du top 500 des meilleurs albums de tous les temps selon le Rolling Stone magazine, dont des millions de gens écoutent encore ses musiques, mais qui ne touche quasiment rien via le Streaming musical. La faute aux pirates ? Pas vraiment…

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Les artistes contraints de faire la manche pour vivre de leur musique ?

En effet, les chiffres des revenus rapportés par le Streaming des chansons du groupe Portishead, pour l’année 2014, ont de quoi alarmer les défenseurs des artistes : seuls 2 370 € ont pu être récoltés, pour 34 millions d’écoutes sur Spotify, YouTube et Deezer !

Ainsi , le célèbre groupe touche seulement 0,00007 centimes par écoute, ce qui est un montant si ridiculement faible qu’on en vient à douter de la santé financière de l’industrie musicale. Cette dernière se porte pourtant à merveille, puisque l’année 2014 a permis de rapporter 1,87 milliards de dollars de bénéfice pour la partie Streaming, contre 1,85 sur le marché déclinant des CD.

La faute aux géants du Net qui se gavent sur le dos des artistes ? Pas seulement : Portishead accuse directement sa maison de disque, Universal Music.

Du coup on peut se poser la question : comment ça se passe du côté d’Universal ? Fort bien merci !

Universal est la seule major a être ressortie renforcée par la crise du disque. Si l’on regarde les chiffres officiels dévoilés par le groupe, on peut constater que bien que le chiffre d’affaires global soit en légère baisse ces dernières années, le résultat profite d’une hausse spectaculaire pour 2014 : plus de 11 %.

D’où peut donc bien provenir cette manne si Universal solde ses artistes à tout va ? Tout simplement d’un nouveau marché : la Big Data !

Les données comportementales des fans de musique sont maintenant analysées et revendues au groupe Havas. Universal est en train de changer de business, et doit pour cela diffuser auprès du plus grand nombre les musiques de ses artistes sous contrat, au risque de les brader sans qu’ils ne puissent toucher un kopek des revenus dégagés grâce à eux.

C’est cette forme de musique légale qui est maintenant soutenue par notre gouvernement via la Hadopi : les artistes sont tout bonnement laissés pour compte au profit de la Major numéro 1 du monde de la musique. Et l’on s’étonne encore que les internautes tentent de se passer des fameuses majors…

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8 Commentaires sur cet article

  1. Alban Gruget

    Portishead accuse sa major de vendre la musique trop peu chère. Mais je me demande surtout quelle part la major se prend au passage.
    Tidal se vante de redistribuer 75% aux artistes mais c’est car les artistes fondateurs (Madonna, Daft Punk) sont les rares suffisamment puissants pour s’être libérés de leurs maisons de disques.

    Je me demande aussi combien Portishead gagnent encore grâce à leurs disques physiques. Si cette somme est du même ordre de grandeur, alors ils devraient être contents d’être écoutés par le plus grand monde grâce au streaming.

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    • Patos le fourbe

      Je suis assez d’accord avec vous, je ne pensais pas les artistes si naïfs.

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    • Buffalo Debile

      A la lecture de l’article, j’ai compris que Universal brade la musique car cela leur permet d’engranger les clients.
      Et ils font plus de fric en revendant les infos issues du Big Data, c’est à dire les données comportementales desdits clients.
      Mais les artistes ne touchent rien sur cette partie de la manne financière…

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  2. Le big data, c’est dans l’air actuellement. Tout comme le « cloud » (prononcez « klaoud » svp ;p ) l’était il y a 5 ans.

    C’est un peu pour cela que j’ai exprimé de la réticence, dans mon commentaire à ton article d’hier, à passer ma zik sur Google Play ou autre Spotify… jamais pu accrocher.

    Plus ça va, plus la sagesse populaire 2.0 est juste : quand c’est gratuit, c’est vous le produit.

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  3. Cette critique est étrange. Quand je dis étrange, c’est sous-entendu non pas qu’elle ne soit pas légitime pour l’artiste, mais plutôt qu’elle ramène à des débats houleux concernant la rémunération des artistes. En effet, j’ai eu à lire des débilités sur le fonctionnement même de la culture sur la toile, et notamment le téléchargement illégal. Entre les défenseurs des droits qui oubliaient que la part reversée était ridicule, et ceux qui défendaient l’accès à la culture (pour couvrir l’absence de paiement en piratant purement et simplement), il m’apparaissait impossible de trouver une troisième voie.

    Or, là, contrairement à l’image idéalisée d’une Madonna qui se sert « mieux » parce qu’affranchie des majors, j’ai dans l’idée que la vérité est plus complexe. D’un modèle où l’on possédait le support et/ou le fichier final (avec ou sans DRM), on a glissé peu à peu vers le modèle de la location. Deezer et consoeurs fonctionnent sur la location… donc sur le « vous n’aurez plus jamais un support à votre disposition, et encore moins la possibilité de conserver vos données ».
    Est-ce que le modèle est plus sain? Ce qui me chagrine, c’est qu’au final c’est le client qui paye, sans pour autant acquérir autre chose qu’un droit d’accès temporaire. Est-ce plus raisonnable? Me concernant… non.

    Je ne vois toujours pas de solution raisonnable et raisonnée pour que chacun y ait un intérêt.

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  4. Jean Bon

    Cela fait des années qu’on évoque à mots couverts que les « majors » retournent peu aux artistes. Quand on voit certains artistes et leur déboire de catalogues spoliés par un major qui fait des fortunes, on peut se poser la question en effet sur le sujet.
    Idem la marque à la Pomme qui ne rétribue pas beaucoup le titre pourtant vendu 1.29$.
    Sans compter le vampire Sacem qui est censé rétribuer les artistes et là aussi, à part pomper le fric partout (les commerces doivent payer une taxe sacem…) et les nombreux avertissements de la Cour des comptes, ce serait drôle de voir qui touche et combien (par rapport aux bénéfices)

    Mais bon.. les artistes sont les esclaves que les travailleurs sont dans le commerce, l’industrie et le service

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  5. RilaX

    Il serait quand même bon (et temps) que la plupart des artistes se rendent compte que les voleurs ne sont pas leurs auditeurs/spectateur/fans, mais bien ceux qui se font de l’argent sur leur dos et eux seul.

    Mais bon, les majors et autres sociétés de perception ont réussi à mettre en place un système où ils sont indispensable sans ne plus apporter de vrai valeur ajoutée.

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  6. La solution est assez simple, les artistes n’ont qu’à suivre l’exemple de Radiohead, pas d’intermédiaire. Quand j’aime un groupe je vais le voir en concert et éventuellement j’achète le CD, souvent auto-produit.

    Si le problème là dedans ce n’était pas les radios, qui passent toujours en boucle les même morceaux? Bref, il faut aller voir les artistes, festivals, concerts… tout est bon !

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