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Le bilan déplorable de la Hadopi continue : 12 millions de budget par an pour 3 passages ridicules devant la justice

Le bilan déplorable de la Hadopi continue : 12 millions de budget par an pour 3 passages ridicules devant la justice

Allez on fait le bilan juridique de cette magnifique machine à manger notre argent en temps de crise qu’est la Hadopi, avec des informations sur les 3 pauvres passages devant la justice qu’elle a réussi à mener à bien depuis sa création en fin décembre 2009.

Attention ça envoie du lourd, avec la condamnation d’un homme qui n’a pas téléchargé à 150 € d’amende, une relaxe et une condamnation à… 0 € ^^

Nous avions déjà pu obtenir des informations sur le médiatisé homme qui s’est malheureusement fait condamné à 150 € d’amende car il n’avait qu’une connaissance très basique de l’informatique, mais on commence à en apprendre un peu plus sur les 2 autres cas dont le jugement a été prononcé.

La relaxe est intervenue suite à une erreur dans la procédure : « La décision de relaxe résulte du fait que parquet avait mal repris la date des faits qui figurait dans la procédure qui lui avait été transmise ».

Quant à la dispense de peine, nous n’en savons malheureusement pas beaucoup plus sur le moment, mis à part que la Haute Autorité justifie son échec devant la justice en en argumentant qu’ « Elle est une condamnation pénale inscrite au casier judiciaire (ce qui n’est pas rien) et prononcée lorsque les dommages sont réparés et le trouble résultant de l’infraction a cessé (pouvoir du juge d’individualisation des peines) ».

En gros, ils sont arrivés en 3 ans à condamner un mec qui n’a jamais téléchargé à 150 € d’amende, à lancer un dossier qui est tombé à l’eau suite à une erreur de procédure et à faire inscrire dans le casier judiciaire d’un malheureux citoyen qu’il s’est fait gauler en train de télécharger… (ce qu’il faudrait faire pour un Français sur 2 ?).

Et on continue d’accepter de filer des millions d’euros de budget à un tel organisme ?

Après c’est vrai qu’ils ont aussi d’autres missions, comme la définition des outils permettant aux débutants en informatique d’être assuré qu’ils ne sont pas victimes malgré eux d’une mauvaise utilisation de leur accès Internet (ah bah non finalement c’est trop dur, on abandonne cette mission, même si on fait croire qu’elle est toujours d’actualité sur notre site Internet).

Enfin il reste toujours les Labs Hadopi, dont la mission est officiellement d’appuyer « la mission de la Haute Autorité de régulation de la circulation des œuvres sur l’internet, ils sont destinés à construire une expertise approfondie des différentes composantes qui, dans leur globalité, constituent «  l’écosystème  »  dans lequel elle évolue. Chacun correspond à un domaine d’expertise particulier et, dans leur ensemble, ils garantissent une approche pluridisciplinaire permettant d’aborder ces enjeux sous plusieurs angles complémentaires. Au delà de l’expertise, ils ont vocation à faire émerger des propositions. » En gros : ils sont censés permettre la concertation et l’écoute avec les différents acteurs, et garantir l’expertise de la Hadopi. Ah bah non on abandonne aussi ça, après avoir laisser pourrir le truc durant des mois en payant grassement des experts à ne rien faire.

Il reste quoi alors comme missions pour la Hadopi ?

L’encouragement au développement des offres légales ? Le portail PUR mis en place à cet usage est un bide terrible.

Il ne reste finalement plus que le côté « pédagogique » avec la mise en place de la riposte graduée, la surveillance des internautes et des projets de censure sans la moindre autorisation. En gros, la Hadopi abandonne ses missions annexes, très politiquement correctes, pour ne garder que ses véritables objectifs. Révélateur…

N’empêche que je me demande toujours où passent ces 12 millions d’euros de budget annuel devant un tel fiasco, surtout que la Hadopi ne paie pas ses factures oO

Et c’est quoi déjà l’excuse pour l’avoir mise en place ? La crise de l’industrie de la culture en France ? C’est vrai que le cinéma n’a réussi qu’à établir de nouveaux records dans les salles françaises ces derniers temps, c’est évident qu’il ne peut s’agir que de cela, et non pas de mettre en place la surveillance des internautes français sous couvert d’une excuse qui ne tient pas la route ^^ Sachant qu’en plus, le milieu du cinéma en France est financé par l’argent public avec des acteurs français mieux payés que des célébrités internationales américaines (et qui accessoirement se barrent à l’étranger pour ne pas payer les impôts qui les financent).

Ne faudrait-il pas mieux se pencher sur l’utilisation du budget chez Hadopi, et filer une grande partie de cet argent à des organismes chargés de protéger les intérêts des citoyens, comme la CNIL par exemple ?

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13 Commentaires sur cet article

  1. Petite précision, le cinéma en France est en grande parti financé par le CNC dont une grosse partie des fonds provient des places de cinéma et par les chaines de télévision qui pré-achètent les films pour les diffuser. 😉

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    • fusain

      Non, le cinéma Français est financé par le producteur délégué, les co-prod, les diffuseurs (télé privé + télé public), ensuite viennent les subventions (CNC / région / eurimage …), les SOFICA et d’autres petits acteurs financiers. Faut arrêter de croire que c’est l’argent public qui paye tout le secteur -_-

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  2. Heu… C’est pour rire, la suggestion de donner l’argent à la CNIL qui défend des idées dangereuses (droit à l’oubli) et ne fait pas son boulot en ne se préoccupant pas de défendre et promouvoir la liberté d’opinion et d’expression, bien malmenée ces temps-ci… ?

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  3. Triste bilan pour Hadopi…
    Avez-vous pu rencontrer la responsable de la communication ?

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  4. Et sinon, est-ce que la Hadopi a vraiment empêché la fermeture du Virgin Store des Champs ?
    Elle devrait servir à ça non puisque Obispo le dit très bien, « c’est à cause du téléchargement ».

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  5. Quand l’incompétence de personnes les font arriver à des postes décisionnaires, on se retrouve avec Hadopi…. sans parler derrière de l’excellente histoire avec la responsable de la communication… Une belle preuve de son incompétence ou bien de son incapacité à pouvoir convaincre qui que ce soit… De toute façon, la loi est du coté de la répression…

    Parfois, je me demande si nous sommes en démocratie réelle ou bien en démocratie fortement contrainte 🙂

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  6. shererherj

    Perso, je pense que la présence d’Hadopi sous cette forme est nécessaire. Après tout, le but pédagogique est intéressant et parfaitement justifiable. Je dirais même que ça marche sur de très nombreux non informés qui ne téléchargent du coup plus du tout. D’autres ne le font plus non plus suite à la première lettre. Alors certes on peut contourner, mais encore une fois le manque d’information combiné aux grands airs que se donne Hadopi, ça marche
    Ensuite, ça permet tout de meême de justifier une action auprès des autres pays qui pensent à des mesures beaucoup plus drastiques. Autant avoir ça qu’autre chose comme un ACTA-like par exemple (qui s’avererait beaucoup plus punitif que pédagogique pour le coup).

    Forcément, maintenir ce type d’organisme coûte de l’argent. Je ne suis pas contre le fait qu’une partie de mes impôts aillent là-dedans. D’une part, ça repousse l’arrivée de mesures bien plus importante (et encore une fois, on aura juste a fermer nos gueules…), d’autre part on en est pas à la première erreur de logique dans ce domaine (la copie privée qu’on fait payer aux mamies qui ne stockent que leur propres photos par exemple….).
    Mais toutde même, oui, j’imagine qu’on pourrait diminuer drastiquement le budget d’HADOPI si on considère les divers scandales comme les frais de taxi ou les labs cités dans l’article. Et si ça pouvait aller à la CNIL, ce serait très bien aussi.

    Je suis totalement contre Hadopi. Le principe même de sa mission me parait déplacé ou anachronique du moins, mais force est de constater que de toutes façons nous ne sommes pas ou très peu écoutés, alors autant opter pour le moindre mal… Il y en a qui appellent encore ça la démocratie… se contenter de se qu’on nous donne de peur que pire n’arrive…

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  7. Eh bien moi je dis MERCI à Hadopi.

    Avant Hadopi, j’étais con: je téléchargeais des séries américaines, certes

    divertissantes, mais qui – peu à peu – me vidaient le cerveau.

    Et puis, j’ai reçu un courrier d’Hadopi.
    J’ai modifié ma consommation d’Internet et, du coup, j’ai découvert tout un tas de

    conférences gratuites de personnes extrêmement intéressantes qui ne passent jamais

    à la TV.

    Grâce à Hadopi, je ne crois plus:
    à la constitution française (Etienne Chouard)
    à la révolution française et au siècle des lumières (Marion Sigaut, Henri

    Guillemin)
    à la construction européenne (Francois Asselineau)
    à l’Euro (Frederic Lordon)
    à la politique socio-culturelle (Franck Lepage)
    au nouvel ordre mondial (Pierre Hillard)
    au 11 septembre (reopen 911)
    à ITER (Jean-Pierre Petit)

    MERCI Hadopi de m’avoir libéré du bourrage de crane imposé par les médias

    traditionnels.
    Internet est devenu pour moi un véritable outil d’éducation populaire.
    Hadopi a fait de moi un citoyen éveillé avec un esprit critique.

    Je ne suis pas bien sur que c’était vraiment le but d’Hadopi. Hadopi a plutôt été

    créé pour que les gens continuent à s’abrutir avec de la sous-culture (*) MAIS EN

    PAYANT.

    (*) J’assume « sous-culture » [on va pas se mentir: les gens téléchargent

    majoritairement Lady Gaga et Transformers; pas Vivaldi et Citizen Kane]

    Finalement, je pense que le pouvoir va rapidement supprimer Hadopi. Même si

    l’industrie de la musique et du cinéma doit perdre quelques dollars, il vaut mieux

    que les gens continuent à écouter et à regarder de la merde plutôt que de prendre

    le risque qu’ils s’instruisent et QU’ILS SE REVOLTENT !

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