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L’attaque pour respect des droits d’auteur la plus ridicule

L’attaque pour respect des droits d’auteur la plus ridicule

Quand on s’est déjà illustré de nombreuses fois comme étant bien trop tatillon sur le respect des droits d’auteur, en allant jusqu’à bloquer la publication d’une oeuvre malgré les demandes de fans, en augmentant le prix de l’oeuvre d’une artiste juste après sa mort, ou en utilisant les outils de signalement d’oeuvres piratées comme outil de censure de critiques négatives, on se demanderait bien ce qu’on serait prêt à faire pour aller encore plus loin dans le ridicule.

Là je crois que l’on tient la Palme, l’Oscar et le César réunis de l’attaque pour respect des droits d’auteur la plus ridicule de ces dernières années. Jugez plutôt :

Dans le film de Woody Allen, Midnight In Paris, le personnage principal, incarné par Owen Wilson, prononce cette phrase : « Le passé est mort ! En fait, ce n’est même pas le passé. Tu sais qui a dit ça ? Faulkner. »

William Faulkner, auteur et scénariste américain décédé en 1962, a effectivement existé et a écrit en 1951 « le passé n’est jamais mort. Ce n’est même pas le passé » dans le roman Requiem pour une nonne.

Les héritiers de monsieur Faulkner prétendent que l’utilisation de cette citation de l’auteur dans un film, en plus de la citation de son nom, pourrait laisser à croire que William Faulkner serait associé d’une façon ou d’une autre au film Midnight In Paris, et ils ont poursuivi Sony Pictures pour utilisation sans autorisation des propos de l’auteur.

La citation d’une simple phrase et du nom d’un auteur dans une oeuvre quelconque deviendrait-elle interdite ? Sérieusement, on commence à marcher sur la tête là…

Déjà que la durée de protection des droits de l’auteur dépasse celle des brevets industriels… Il faudra bientôt se promener avec une calculette en soirée pour savoir combien coûtera une simple conversation littéraire ou cinéphile.

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13 Commentaires sur cet article

  1. Quand on est con, on est con…

    Et m€rd€…
    Patron, je dois combien là?

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  2. Dasporal

    Que va t-il advenir d’Esprit Criminels ?
    –> Je suis loin.

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    • Effectivement les descendants de Lao Tseu risque de se faire des c…. en or en attaquant les producteurs d’esprits criminels 😉

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  3. « Je … » J’lai dit avant ça !!

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  4. Le droit de courte citation s’applique là, non?

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  5. Qu’ils continuent et le monde sera invivable. Puis on reviendra en arrière en mettant au piloris tous ces c*ns

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  6. Le monde est déjà à l’ouest…je me suis fait emmerder parce que je prenais des photos: un quidam m’a parlé de droit à l’image O_o

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    • Anonymous

      Ce quidam apparaissait sur une de tes photos ? Dans de cas, c’est bien normal qu’il s’inquiète de son droit à l’image. Il ne sait pas ce que tu vas faire de ces photos, ni où tu vas les publier, etc. Il y a milles raisons possibles qui font que cette personne pourrait ne pas apprécier que sa tête apparaisse sur internet sur une de tes photos.

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      • CQFD…y’a 5 ans le droit à l’image du quidam tu vois…ben le quidam n’en savait rien. Merci pour cette belle illustration 😉

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        • WormLord

          Et parce qu’il n’en savait rien y a 5 ans tu te permets de bafouer ses droits ? (Qu’en sais-tu d’ailleurs, s’il était au courant ou pas…)

          Si on pousse ton raisonnement un peu plus loin, on pourrait violer des gamines de 10 ans, après tout elles ne savent pas que c’est illégal.

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  7. Ca laisse perplexe ce genre d’initiative..

    Mais la question de la paternité d’une expression, ou d’une marque, créée de toute part dans une oeuvre est vraiment vague..

    J’avais mailé l’INPI, il y a de ça un an, pour savoir si tout ce qui apparaissait dans une oeuvre imposait l’achat/location d’une licence, ou d’un droit si on voulait l’utiliser (de manière privée ou publique).

    Pour être plus précis, si jamais demain je veux créer une marque de Skateboard que je veux appeler « HoverBoard », en vérifiant que la marque n’est pas déposé à l’INPI, dois-je quand même demander le consentement aux producteurs des films BTTF ?

    Tous les commerçants qui vendent des t-shirts utilisant (de manière parodique ou non) la phrase « Je suis ton père », ou n’importe quel artifice faisant référence à Star Wars, sont ils en faute par rapport à Lucas Prod ?

    Réponse de l’INPI :

    Les créations graphiques et photographiques, peuvent en France être protégées par le droit d’auteur et les droits de propriété industrielle (marques, modèles déposés).
    A ce titre, l’utilisation dans un but commercial d’illustrations et de photos créées par une autre personne peut constituer une infraction aux droits d’auteur du créateur et à ses autres droits de propriété.
    En conséquence, si vous souhaitez reproduire et commercialiser des créations dont vous n’êtes pas l’auteur, vous devez contacter le créateur afin d’obtenir son autorisation.

    Donc pour les visuels, en France, c’est réglementé, mais apparemment pas les phrases clés, et autres punchlines. Après, en fonction des pays, ça doit changer. C’est le bowdel quoi.

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  8. Je ne connais pas du tout le film, ni l’homme en question, ni le contexte dans lequel il a écrit sa fameuse phrase, je dirais simplement qu’il faut peut être se mettre à leur place.
    Si ça se trouve, selon certains paramètres, ils estiment que le fait d’avoir cette phrase dans le film leur porte préjudice (autre que pécunier).
    Si ce n’est pas le cas, ok, c’est ridicule.

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