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Hadopi se lance dans l’optimisation du référencement

Hadopi se lance dans l’optimisation du référencement

Il y a des petites phrases comme ça, placées innocemment dans une déclaration, qui semblent anodines, mais qui peuvent aussi potentiellement cacher bien plus qu’elles ne le laissent paraître au premier abord.

Hadopi est lancée dans une campagne de communication pour son label PUR, et qui d’après eux ramènerait 20% d’audience en plus sur une quinzaines de sites de téléchargement et de streaming légaux. Il faut les croire sur parole, car la Hadopi n’a pas souhaité communiquer la liste de ces sites boostés à l’Hadopi… 😛

Comment faire pour inciter d’autres plateformes à passer au label PUR ? La Hadopi a semble-t-il trouvé une nouvelle manière de les attirer, avec une offre alléchante : des conseils maison sur l’optimisation du référencement des plateformes de téléchargement légal !

« On peut aussi penser à faire bénéficier ces mêmes plateformes des compétences techniques de la Hadopi lorsqu’elles rencontrent des difficultés pour faire adapter leur référencement lors des changements d’algorithme des moteurs de recherches. »

Hein, quoi ? La Hadopi qui se lance dans les conseils en SEO ? oO

Au-delà de la supposée réalité des compétences que cet organisme peut avoir dans la compréhension des algorithmes des moteurs de recherche, il s’agit pour la Hadopi de commencer à pénétrer le marché de l’optimisation du référencement, dans le cadre d’autres projets en cours de développement à la rue Texel :

– Le déréférencement des contenus illicites, afin d’endiguer la croissance des sites jugés pirates.

– Et surtout le surréférencement de l’offre légale sur les moteurs de recherche, afin de mettre en avant les plateformes légales existantes.

Le surréférencement, un délire qui ne pourra jamais être appliqué ? Détrompez-vous, cela a déjà été validé par l’Assemblée Nationale en 2009. On comprend mieux pourquoi la neutralité du Net n’intéresse pas les personnalités politiques.

Dans un futur parfait (du point de vue Hadopi, pas pour celui des consommateurs), on peut imaginer un Internet où les moteurs de recherche n’afficheront plus dans leurs résultats les sites jugés arbitrairement comme étant pirates, et où il faudra demander un label PUR pour espérer être mis en avant sur Google et consorts.

De quoi ficeler le marché pour les géants de la culture : le marché étant contrôlé à l’entrée des supposés vilains comme Megaupload ne pouvant jamais être labellisé par ce système.

Bien entendu, toutes ses contraintes seront facilement contournables pour les internautes en utilisant d’autres moteurs de recherche, ou en faisant une recherche via une version de Google basée à l’étranger, et donc non soumise aux réglementations Hadopi.

Source et Image

20 Commentaires sur cet article

  1. Payer un droit de passage pour le label PUR ? Tu as vu ça où ?

    http://www.hadopi.fr/hadopi-pro/labellisation-de-loffre-legale/presentation-de-la-procedure

    Au contraire, ils réfléchissent à simplifier le processus de labelisation pour qu’il puisse être plus rapide et moins contraignant.

    Pour moi, le Label est justement une chance de lutter sur un terrain plus égal avec les grosses plateformes de distribution.

    (http://readingandraytracing.blogspot.com/2012/10/cette-chere-hadopi.html)

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    • Désolé mais je ne vois nulle part que ce service est gratuit.
      Par expérience, quand cela n’est pas signalé, c’est qu’il ne l’est pas, mais je me trompe peut-être…

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      • VChalmel

        Au contraire je suis de l’avis de TheSFReader, il s’agit d’une procédure détaillée, si cette procédure n’indique pas de frais de dossiers, c’est qu’il n’y en a très probablement pas. Pourquoi ne pas poser la question officiellement ? ce serait une info capitale pour l’article.

        Si ce label permet en effet à tout un chacun lançant une offre légale, d’être mieux référencé que les sites de streaming par exemple, sans que les acteurs majeurs soient autrement privilégiés, ce n’est point une atteinte à la neutralité du web du tout mais un coup de pouce bienvenu, tout à fait dans les lignes du pan de sa mission « soutien judicieux à l’offre légale » que l’on reproche tant à l’HADOPI de délaisser au profit des sanctions, engraissages de majors, et grosses ficelles

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        • Ce n’est point une atteinte à la neutralité du net que de devoir montrer patte blanche à Hadopi pour espérer être mis en avant ?
          Je n’appelle pas ça de la neutralité ^^

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          • Dans ce cas là, tu peux dire que Google atteint à la Net Neutralité en proposant des résultats « publicitaires ».

            Mais le principe, oui, c’est d’apporter du support à l’offre légale. Et je ne vois pas où est le problème.

          • On peut effectivement voir cela comme ça.
            Moi ce qui me dérange en tant qu’entrepreneur, c’est de devoir remplir les critères dictés arbitrairement par un organisme que j’exècre.
            Quelle légitimité ont-ils pour affirmer contrôler le référencement des résultats culturels sur Google ou autres ?
            A mes yeux, aucune.

          • Les critères (si j’ai bien compris), c’est que tu publies la liste des contenus, et si les ayant droits disent « ça c’est pas bon », ben tu te mets d’accord avec eux.

            Ca me semble raisonnable, et pas d’arbitraire il me semble. Mais si c’est pour le « délit de sale gueule » que tu t’y opposes, pas de soucis. Juste n’essaie pas de me convaincre de tes arguments.

          • C’est un peu plus compliqué que cela. Si j’exècre Hadopi, c’est car elle ne défend pas les droits des consommateurs et des artistes.
            Exemples :
            Amazon est une plateforme labellisée PUR. Or elle utilise des DRM plutôt virulents. La régulation de ces derniers est une des missions de la Hadopi, mission qu’elle n’a toujours pas mené à bien.
            iTunes aussi est une plateforme connue dans le milieu artistique pour ne rien reverser des bénéfices faits sur les ventes (ou si peu). La part de 30% n’est qu’un mirage conçu pour attirer les artistes, qui doivent ensuite payer des frais d’hébergements, etc… faisant fondre la part réelle touchée sur les bénéfices de la vente de musique.

            Voilà où est selon moi le problème : Hadopi doit défendre les intérêts d’une industrie, mais aussi ceux des consommateurs et des artistes. Ces critères ne font pas partir du processus de labellisation mis en place.

          • Je connais très bien Amazon, Apple, Google etc. Je les boycotte d’ailleurs tous trois.

            Maintenant, justement, le label est un moyen de les « noyer » dans le contenu légal « alternatif », pour peu bien entendu qu’on ne les laisse pas seul là bas.

            L’HADOPI n’est pas, contrairement à ce que tu penses, à la botte des industriels de la culture. Certes, il y a un lien, via TMG, entre eux et la CPD (que d’ailleurs je critique assez ouvertement).

            Elle est, comme le « faible rendement » de la CPD le démontre, une autorité indépendante. Si elle avait été à la solde des industriels, t’inquiètes pas que c’est pas 150€ qui seraient revenus dans les caisse !

            Le processus de labélisation est complètement indépendant de l’aspect commercial ou non du site, et de sa taille !

            Mais si tu veux voir le mal partout, t’étonnes pas de le déceler dans tous les recoins sombres.

          • N’empêche que je ne vois aucun critère de respect de la rémunération des artistes, et de respect des consommateurs avec une régulation des DRM.
            Je l’invente peut-être ?

          • Non, tu as raison. Et je suis d’accord, c’est un manque.

            (pointé lors des discussios sur les forums des labs , entre autre celle là : http://labs.hadopi.fr/forum/debats-publics/les-evolutions-possibles-du-site-pur )

            Pour autant, peut-on le reprocher à l’HADOPI, qui fait dans les limites que lui fixe la loi.

            Certes, et on est nombreux (y compris chez les gens de l’HADOPI) à critiquer cette loi.
            Mais une fois que la loi a été écrite, la Haute Autorité peut-elle passer outre ? non.

            Elle ne peut pas ajouter de conditions à l’obtention du label qui n’aurait pas été fixées dans la loi, ce qui pour le coup SERAIT arbitraire (même si dans le bon sens).

            Les circonstances de vote du paquet HADOPI ont en effet donné lieu à un dispositif bancal et en parti aberrant(oui, tu vas me rétorquer qu’il l’est dans son ensemble), mais les gens qui y travaillent ne sont pas des neuneus formattés par l’industrie.

            Faut-il, au nom d’un « péché originel » la condamner définitivement, ou lui laisser sa chance ?

            Je suis plus partisan de la seconde hypothèse.

    • Parce que c’est toujours celui qui gueule le plus qu’on écoute. Et dans ce secteur, l’unité de décibel, c’est l’euro (ou le dollar).

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      • Justement, le label, qui je crois ne coûte rien, est une occasion de mettre sur un terrain neutre l’offre légale libre et/ou gratuite avec les « grosses machines » commerciales et les vendeurs de « produits culturels ».

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  2. Houla on vas peut être se calmer sur les visions apocalyptiques du futur non ? Que hadopi se mette à faire du SEO pour la promotion des offres légales ça ne me semble pas une mauvaise chose, au moins c’est en adéquation avec le coté plus intéressant d’hadopi qui est la promotion des offres légales. Au moins ça leurs donnent une porte de sortie et une raison d’exister au delà de la simple répression, c’est plutôt une bonne chose non ?

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  3. Réponse officielle sur les frais de gestion/inscription : Il n’y en a pas.

    https://twitter.com/InsidOpi/status/260674047480823808

    Ce qui n’enlève rien à ta réflexion sur le sur-sous-référencement et l’aide à la SEO.

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  4. « …des compétences techniques de la Hadopi… »
    Nikopik dans la phrase que tu cite c’est toi ou Hadopi qui a fait une erreur ?
    Il me semble qu’on devrait plutôt lire « …des incompétences techniques… », non ?
    😉

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  5. Ann O'nym

    « L’HADOPI n’est pas, contrairement à ce que tu penses, à la botte des industriels de la culture. »
    Certes. Mais Hadopi est à la botte des politiques qui, eux, sont à la botte des majors.

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    • Ce n’est pas l’impression que j’en aie.
      (Que l’Hadopi soit à la botte des politiques).

      Que les politiques soient à la bottes des industriels, là par contre, je te suis sans soucis.

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      • Tiens.. Pierre Lescure vient troller sur Nikopik ? ^^

        L’Hadopi est une saleté, indéfendable et inapliquable. C’est un « grand machin inutile » (comme diraient certains) qui plus est payé sur les fonds publics. Alors à quoi sert elle véritablement ?

        Pour moi c’est plus une préparation au flicage de masse, mouchards pour tous, et souriez vous êtes épiés !

        comme si elle avait aidé ne serait-ce qu’un artiste :DDDD Le modèle MyMajorCompany me semble bien plus sain. Vive la décentralisation !

        a+ Pierrot

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  6. Tom Juillet

    Personnellement je suis plutôt de l’avis de Nikopik.

    En fait, je voulais juste dire qu’on ne devrait pas dire « l’HADOPI », mais « HADOPI »
    tout court, « la HADOPI » ou « de HADOPI ».
    Sinon, ça revient à dire « l’hibou », ou encore, « une plume d’hibou ». (« H » suivi d’une voyelle)

    Voilà, je veux pas me la ramener avec de la sémantique, le blog de Nikopik est quand même super bien écrit, et ça doit être porté à son crédit.

    Je viens de voir que la faute de français est faite sur le site officiel de HADOPI, qui est en plus de ça en lien avec le gouvernement… Y a plus de saisons ^^

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