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La police a accédé aux données numériques des citoyens anglais pour le fun et l’argent

La police a accédé aux données numériques des citoyens anglais pour le fun et l’argent

« Vous pouvez nous faire confiance : notre système de surveillance de masse est sécurisé et il n’y aura que des officiers de police aguerris qui pourront y accéder. En plus, cela permettra de lutter contre la pédophilie et le terrorisme, et nous ne l’utiliserons pas pour d’autres usages, c’est promis juré. » C’est à peu près avec ce genre d’arguments que chaque gouvernement essaie de faire passer à ses citoyens la mise en place d’une surveillance de tout ce que nous faisons sur Internet, et il y a encore un paquet de personnes qui pensent que les personnalités politiques voulant mettre cela en place sont sincères dans leur démarche (il n’y a qu’à voir combien cela a été utile pour lutter contre le terrorisme ou la pédophilie durant ces derniers mois…). Voici pourtant un rapport qui montre que la police anglaise a accédé régulièrement à de nombreuses informations sur les citoyens qu’elle est censée protéger pour des raisons purement personnelles, voire même pour de l’argent…

C’est le scandale récemment révélé par Big Brother Watch, qui a pu se procurer des preuves de plusieurs milliers d’infractions commises par certains policiers anglais entre les années 2011 et 2015, et ce ne doit probablement n’être que la partie émergée de l’iceberg puisqu’il s’agit ici de ceux qui se sont faits gauler et dont l’affaire a été rendue publique.

Au menu de ces infractions : récolte d’informations personnelles de femmes afin de « mieux » les draguer, transmission d’informations sensibles à des prisonniers, vente de données afin de s’enrichir personnellement, passage d’infos à la mafia… Nous avons donc ici du très très lourd, et il n’y a eu de véritables sanctions que pour 16% de ces cas (13% des policiers impliqués se sont faits renvoyés ou ont démissionné, 3% ont été poursuivis en justice). Cela montre bien avec quelle désinvolture ce genre de situation est traité par la police, puisque dans 84% des cas, les responsables de ces espionnages illégaux s’en tirent avec seulement un avertissement oral !

Imaginez maintenant qu’en 2016, les informations que l’on pourra récolter sur vous via Internet seront encore plus étendues qu’elles ne pouvaient l’être en 2011 (avec par exemple le lancement de Windows 10, qui peut accéder à à peu près n’importe quoi sur votre ordinateur personnel), et que cela ne va faire qu’empirer dans les prochaines années… Si n’importe quel policier peut accéder à des informations très sensibles sans aucun contrôle, les dérives que cela va entraîner dans un potentiel état policier auraient de quoi faire frémir n’importe quel mécontent.

Déjà que des ONG pointent la France du doigt pour les inquiétantes violences policières qui se déroulent aujourd’hui même (merci l’état d’urgence…), que les policiers français qui dénoncent les pourris se retrouvent punis en étant mutés de force, qu’un sénateur souhaite ficher les interdits de manifester, ou qu’un policier n’hésite pas à menacer de mort un manifestant, en lui faisant bien comprendre qu’il a accès à des informations sensibles sur lui pour le faire taire, notre démocratie va mal, très mal.

Sur fond d’état d’urgence, de menace terroriste et de Loi Travail passée en force, on en oublierait presque la Loi Renseignement qui légalise la surveillance de masse en France. Les dérives de la police anglaise présentées dans ce rapport ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend dans l’hexagone. Je pense sincèrement que nous vivons ici un véritable tournant dans l’Histoire, et que cette période ne sera pas présentée comme étant particulièrement favorable au respect de la vie privée quand des historiens du futur se pencheront sur notre « pays des droits de l’Homme ».

2 Commentaires sur cet article

  1. Toi, tu as quelque chose à cacher, ennemi de l’état !
    Me rappelle un très bon film avec Will Smith et une PC Engine 😉

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  2. Maat-Yeux

    Bonjour,
    Comment mettre en place une structure qui contrôlerait le problème?

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