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L’électro-sensibilité officiellement reconnue comme handicap en France

L’électro-sensibilité officiellement reconnue comme handicap en France

L’électro-sensibilité (ou sensibilité électromagnétique ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs magnétiques ou électro-hypersensibilité ou syndrome d’intolérance aux champs électro-magnétiques) est une maladie qui était jusqu’ici non reconnue officiellement en France. Elle se manifeste par l’apparence de symptômes causés ou aggravés par la présence d’ondes électromagnétiques autour du sujet touché.

Une situation qui n’était jusque là pas reconnue par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes en situation de handicap. Cet organisme refusait de reconnaître la réalité du lien entre les troubles vécus par une personne électro-sensible et la présence de champs magnétiques dans l’environnement de la personne. Mais la justice française en a récemment décidé autrement.

Il faut savoir que cette sensibilité électromagnétique peine encore à être reconnue en France par le corps médical, bien que de nombreux pays aient accepté la réalité de ce trouble.

Il faut dire que la liste des symptômes rencontrés par les personnes dites électro-sensibles peuvent être réellement handicapants dans le cadre de la vie quotidienne personnelle ou professionnelle. Selon Wikipédia, voici une liste exhaustive des symptômes connus :

  • souffrances physiques (impression de décharges électriques dans le corps, de fourmillements, oreilles qui chauffent, sensation cuisante dans la zone temporale, sensation de « pression dans le crâne », nausées, gorge « serrée », maux de tête…)
  • psychologiques (anxiété, état dépressif) ;
  • asthénie (fatigue), perte d’appétit, insomnie, douleurs musculaires, malaises ;
  • troubles digestifs, dérèglement hormonal, baisse de l’immunité (état grippal) ;
  • problèmes dermatologique : rougeurs, gonflement de la peau, démangeaisons, irritation oculaire, sécheresse de la partie supérieure de la trachée ;
  • dyspnées, troubles du rythme cardiaque (palpitations), problèmes vasculaires (hypertension, sensations de froid ou de bouffée de chaleur), épistaxis ;
  • dystonie musculaire (contractions involontaires), craquements articulaires, sensation de « crispation » au niveau mastoïdien ou maxillo-mandibulaire, bruxisme ;
  • sensibilité aux odeurs, troubles visuels, baisse auditive (acouphènes), hyperacousie (augmentation de la sensibilité aux bruits)13
  • maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l’attention et de la mémorisation à court terme, aboulie ;
  • perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité ;

avec pour conséquences :

  • comportement d’évitement à la suite de la mise en cause d’une source ondulatoire, organisation de la vie du patient autour de ce problème ;
  • déménagements au profit de zones non exposées aux influences de téléphones portables et lignes de distribution de courant électrique.

Ajoutez à cela que nous sommes aujourd’hui dans un monde littéralement rempli d’ondes électromagnétiques (comme on peut le visualiser avec cette application) et que l’entourage personnel ou professionnel des malades ne comprend souvent pas ou ne croit pas à la réalité de ce handicap. Une situation qui n’était jusque là pas facilitée par le fait que l’organisme chargé de donner des droits aux personnes handicapées refusait toute prise en charge de ces soit-disant malades imaginaires.

Fort heureusement, le tribunal de Toulouse est allé contre l’avis de l’administration et a suivi celui du médecin d’une jeune femme présentant un syndrome d’intolérance aux champs électro-magnétiques, en attribuant à cette personne une reconnaissance de son handicap à 85%, ainsi qu’une allocation afin de lui permettre de pouvoir vivre malgré ses troubles, qui la limite fortement dans l’obtention d’un poste dans le monde du travail.

« Il s’agit d’un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce syndrome d’électro-hypersensibilité. La Justice – comme souvent – est en avance sur les politiques » déclare le porte-parole de l’association Robin des Toits, un organisme oeuvrant pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil

Saluons ici la justice française pour avoir reconnu la réalité des faits pour cette jeune personne, véritablement handicapée par un trouble encore méconnu et incompris. L’électro-sensibilité pourrait enfin devenir un handicap reconnu officiellement en France grâce à ce genre de décision, qui devrait permettre, pour les personnes atteintes de ce handicap, d’être enfin entendues et considérées non plus comme des affabulatrices, mais bel et bien comme souffrant d’un réel problème de santé indépendant de leur volonté.

Source

11 Commentaires sur cet article

  1. Lu sur wikipédia : La quasi-totalité des essais cliniques réalisés en double aveugle, où les patients sont exposés à des champs tantôt réels, tantôt factices, ont démontré que les personnes se jugeant hypersensibles étaient incapables de distinguer une exposition aux champs électromagnétiques réels d’une exposition simulée, suggérant qu’il s’agit de troubles résultant d’un effet nocebo.

    Il semble donc que la justice soit en avance… pour la défense des hypocondriaques.

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    • Même si c’est le cas, même s’il s’agit d’une maladie psychologique, ne faut-il pas pour autant prendre en compte l’état (réel celui-là) des patients ?

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    • C’est donc exactement ce que je disais là : http://couleur-science.eu/?d=2013/09/28/00/55/41-les-differentes-ondes-auxquelles-nous-sommes-soumis#idef3ce3 (en bas du commentaire, il n’y a pas 5 minutes avant de lire cet article :p)

      Personne n’a donc encore de détecteur Wifi dans son cerveau.

      Après, que ce soit placébo ou nocebo, c’est possible (et justifie selon moi donc la reconnaissance comme un handicap), mais ça ne relève plus des ondes radio (qui n’y sont alors pour rien), mais de la médecine et de la psychologie de la personne.

      Après, qu’est-ce que Wikipédia veut dire par « quasi-totalité » ? Certains testes ont réussis ?
      Si c’est mettre la tête du sujet dans un four à micro-ondes et lui demander s’il sent quelque chose, je répondrais qu’il s’y prend mal pour réchauffer ses spaghettis à la sauce tomate.

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      • Ce sont des études statistiques. Il arrive de temps en temps d’avoir des aberrations statistiques dans les données et donc d’observer une corrélation. Des méta-analyses sont faites pour vérifier que la proportion d’études établissant une corrélation est bien correcte avec l’hypothèse « Ce sont que des aberrations statistiques ».
        Si une méta-analyse avait montré que ces proportions ne sont pas normales cela aurait probablement fait beaucoup de bruit au vu du bruit qu’une décision de justice sans aucune valeur scientifique fait aujourd’hui.

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  2. C’est une victoire de la pensé magique sur la science . La grande majorité des études démontre que c’est un effet nocebo. C’est-à-dire que les personnes « électro-sensible » subissent les mêmes effets qu’il y ait des ondes électromagnétiques ou pas lorsqu’on leur dit qu’il y en a et ne subisse aucuns effets qu’il y en ait ou pas lorsque ont leur dit qu’il n’y en a pas.

    Ça reste malgré tout un handicape vu qu’ils ne choisissent pas d’avoir des symptômes, mais ils ne sont pas dus à l’existence d’ondes électromagnétiques, mais à un effet nocebo.

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  3. @nikopik Tout à fait, c’est d’ailleurs le raisonnement des pays qui reconnaissent cette maladie. Par contre, c’est envoyer un mauvais message que de dire que cette maladie est causée par les ondes électromagnétiques, puisque cela est à priori faux. Comme toute autre maladie psychosomatique, l’électrosensibilité doit être traitée par une thérapie appropriée et non pas par la réduction des émetteurs d’ondes ou l’isolement comme le souhaiterait les phobiques en tout genre.
    Par ailleurs, la décision de justice ne fait que trancher la question suivante : l’électrosensibilité est-elle un handicap ou non ? Oui, dit la justice, au même titre que toute autre maladie psychosomatique ayant des symptômes handicapant.

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    • On peut rappeler ce que dit l’académie de médecine sur le sujet :
      Extrait :
      En ce qui concerne l’électrohypersensibilité (EHS), aucun système sensoriel humain permettant de percevoir les champs émis par les antennes n’a été identifié. La quasi-totalité des études sur l’EHS a montré que les sujets concernés, bien que manifestant des troubles variés en présence de dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques, sont incapables de reconnaître si ces dispositifs émettent des ondes ou non. Le rapport 2009 de l’AFSSET concluait sur l’EHS : « aucune étude ne montre que l’électrohypersensibilité est due aux ondes électromagnétiques. Les études suggèrent un effet nocebo (inverse de l’effet placebo : troubles relatés résultant d’un mécanisme psychologique) et des facteurs neuropsychiques individuels ».

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  4. Avis à tou(te)s les petit(e)s malin(e)s qui ont désormais une nouvelle combine pour se déclarer en handicap et donc pour profiter de certains avantages, comme la jeune femme cités dans l’article dont je ne saurais dire si elle fait partie de cette catégorie d' »hypocondriaque-parce-que-ça-les-arrange ».
    Après avoir été sur le site de Robin des Toits, je comprends comment une telle psychose est si bien alimentée. Pour avoir étudié l’électromagnétisme comme tout étudiant ayant fait math-sup math-spé, je trouve que leur « côté » scientifique vol un peu au ras des pâquerette. Il ne font pas la part des choses, ils ne récupèrent que les études scientifiques portant des conclusions alarmantes (avec pour bien terroriser, des cancers, des troubles cardiaques, etc.) et basées sur des statistiques dont on pourrait conclure à peu près tout et n’importe quoi.
    Un exemple, cette étude suisse qui fait part d’une augmentation de cas de cataractes d’un parc de veaux situé non loin d’un relai GSM récent et qui mentionne clairement que la cause de cette augmentation reste encore inconnue (je doute même qu’ils aient lu l’article entier et pas seulement l’abstract, du fait que l’article complet en allemand coute 20 € à récupérer pour qui ne fait pas partie d’une institution académique dont la liste est assez pauvre, tout cela à deux clics du liens fournis par Robin des Toits).
    Bref, comme vous autres, je reste assez sceptique vis-à-vis de ce genre de handicap.

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    • normal que ça « vole au raz des pâquerettes » ils ne sont pas dans la science, il sont dans le phénomène social.

      Tout est bon dans le cochon, alors on compile tout ce qui est « a charge », peu importe que telle étude ait été invalidée (celle à l’origine du 0,6V par exemple) , peu importe qu’une nouvelle étude nécessite d’être publiée, répliquée, évaluée etc avant d’avoir la moindre valeur, peu importe que le rapport Bioinitiative ne soit pas une expertise collective et que son initiatrice soit dans le business anti-ondes etc..
      De toute façon ce qui importe n’est pas de s’adresser aux scientifiques mais de convaincre l’opinion, le fond du discours est assez idéologique, on nous ment, on nous empoisonne, les experts sont tous corrompus, la science officielle est vendue aux industriels etc

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