Share
Pour Richard Stallman, Windows et iOS sont devenus des Malwares

Pour Richard Stallman, Windows et iOS sont devenus des Malwares

Véritable porte-parole de la culture libre dans le monde du logiciel, Richard Stallman n’y va pas par 4 chemins lorsqu’il s’agit de donner son opinion.

Dans une tribune accordée au journal The Guardian, il affirme que la plupart des logiciels propriétaires sont devenus des Malwares, et il nous explique pourquoi avec brio.

Êtes-vous enchaîné par le système d'exploitation de votre ordinateur ?
Êtes-vous enchaîné par le système d’exploitation de votre ordinateur ?

Pour Richard Stallman, un Malware est un programme conçu spécifiquement pour maltraiter son utilisateur.

Alors qu’au début des années 80 les malwares étaient très peu répandus (et donc fort mal perçus par les utilisateurs), ils sont maintenant devenus la norme dans le monde du logiciel propriétaire. Bien que les logiciels propriétaires dominaient de loin le marché de l’informatique dans les années 80, les développeurs de ces programmes avaient tout de même une certaine éthique : les logiciels conçus avaient pour but de réellement être utiles aux utilisateurs et de traiter ces derniers correctement.

La situation a maintenant terriblement évolué du côté des logiciels propriétaires. La plupart des développeurs n’ont aucun scrupule à installer des logiciels avec des fonctionnalités clairement négatives pour les utilisateurs : espionnage de vos habitudes, limitation des usages de vos fichiers grâce aux DRM, censure de la culture et inclusion de Backdoors (ou portes dérobées) afin de pouvoir prendre le contrôle de votre ordinateur ou de vos fichiers à volonté.

Vous n’êtes pas encore convaincu ? Penchons-nous de plus près sur les logiciels qui permettent de faire tourner nos ordinateurs et nos smartphones :

Windows envoie régulièrement à Microsoft des données sur l’usage que vous avez de votre ordinateur ou de votre smartphone. Il restreint les utilisateurs à ne passer que par son système d’exploitation maison, et la boutique d’applications présente sur ordinateur et smartphone n’hésite pas à censurer arbitrairement certains contenus. Des Backdoors sont implémentées au sein de Windows, et Microsoft dévoile les failles de sécurité de son système à la NSA avant de les corriger, ce qui met gravement en danger ses utilisateurs.

Idem pour Mac OS et iOS selon Richard Stallman : espionnage de vos données et de vos habitudes, Backdoors, censure des contenus ou des applications… Et c’est la même chose du côté d’Android  : Google a la possibilité de forcer la désinstallation de n’importe quelle application de son choix, de même que l’entreprise peut forcer l’installation de n’importe quel programme, et ce depuis de nombreuses années. Les GPS inclus dans nos smartphones pistent régulièrement vos déplacements, les enregistrent et les envoient à des serveurs distants, même si vous ne les utilisez pas.

Les pires pratiques de Malwares sont utilisées par la plupart des applications propriétaires gratuites, où même une simple appli lampe torche peut vous espionner en toute impunité. Car en effet, à chaque fois les créateurs de ces applications se cachent derrière d’obscures conditions d’utilisation pour justifier leurs actions. Cela les rend légales, mais non pas éthiques…

Les logiciels connectés à Internet étant utilisés dans des familles de produits de plus en plus larges, on a même pu voir des téléviseurs envoyer des données à propos de vos habitudes, de ce que vous regardez, qui enregistraient même en continu vos conversations ! Renault à la possibilité de bloquer à distance la recharge des batteries des véhicules électriques de sa marque. La réparation ou la modification de votre véhicule peuvent parfois être impossibles à cause des licences des logiciels présents sur vos objets, qui ne vous appartiendront jamais.

Le livre électronique Kindle d’Amazon est un très bon exemple du pouvoir de censure maintenant permis grâce à l’utilisation de ce genre de pratiques dignes d’un Malware : Amazon peut, arbitrairement et à distance, retirer un de vos livres, pourtant légalement acheté, de votre lecteur d’ebooks.

Ces entreprises pourraient-elles fournir les services que l’on attend de leurs logiciels sans nous imposer ces inconvénients ? La plupart du temps oui. Il ne s’agit donc pas d’une obligation, mais belle et bien d’une volonté de nous contraindre afin de continuer à monétiser nos données personnelles ou nos habitudes, à pouvoir nous espionner à loisir et à nous censurer si besoin est.

Ne s’agit-il pas ici de la définition même de ce qu’est un logiciel Malware ? Comment en sommes-nous venus à tolérer ce genre de pratiques, alors qu’elles auraient tout bonnement été inacceptables il y a tout juste 10 ans ?

Source

5 Commentaires sur cet article

  1. Fervent utilisateur du logiciel libre j’ai pris l’habitude depuis longtemps de choisir les équipements que j’achète avec soin, en privilégiant le respect de mon droit à disposer des objets en ma possession.

    Malheureusement, plus le temps passe et plus j’éprouve des difficultés dans mes choix: de moins en moins de téléviseurs ne sont pas « connectés », les consoles de jeu sont plus que jamais verrouillées et leur utilisation est soumise à autorisation par les serveurs des éditeurs. J’aime lire des livres papier et j’avoue que les liseuses électroniques m’intéressent mais quel fabricant propose un modèle libre ou en tout cas suffisamment ouvert pour me laisser la possibilité d’en faire ce que je veux, sans avoir à demander la permission ? Si je veux gribouiller un livre que j’ai acheté, qui voudrait m’en empêcher ?

    Bientôt tous les objets seront connectés. Dans un monde idéal, on appellerait ça le progrès : meilleurs services rendus, performances améliorées, intelligence intégrée dans les objets. Malheureusement il s’agit d’un vaste mensonge! Ils ne sont connectés qu’aux serveurs d’un seul acteur privé qui garde jalousement son service fermé et sur lequel nous n’avons aucun droit de regard. Nous achetons ce « droit d’utilisation » chèrement en accordant l’exploitation de nos données personnelles sans limitation. En échange, nous gagnons des recommandations « personnalisées » qui ne nous incitent pas à sortir de nos habitudes et donc nous empêchent de nous élever réellement. Vous aimez le rock ? Ecoutez du rock et rien d’autre !

    Aujourd’hui nous dépensons quelques centaines d’euros pour acquérir un frigo qui garde nos aliments au frais. Demain nous dépenserons plus d’euros pour acquérir un frigo qui garde nos aliments au frais et qui renseignera une entreprise privée sur nos habitudes alimentaire, notre rythme de vie et nous fera la publicité de produits à acheter (spam). Le fabricant de frigo gagne sur tous les tableaux: les données personnelles ont une valeur (elles rapportent quelques milliard d’euros par an à Facebook & Co) et le frigo n’est pas gratuit pour autant. Et nous n’avons pas le choix des données que nous partageons.

    Mais dormons tranquilles, demain notre frigo nous dira quoi acheter, notre télé quoi regarder, notre baladeur quoi écouter, notre lit comment dormir et notre voiture où aller. La vie sera beaucoup plus simple lorsque les décisions seront prise à notre place. Autant de temps de cerveau disponible…

    Répondre
  2. Duncan Idaho

    Fervent utilisateur de Windows ( :p ) je ne trouve pas que ce soit un vrai problème : On le choisi (plus ou moins), on est au courant (bon, surtout quand on bosse dans l’informatique), mais les éditeurs de logiciels nous « enferment » surtout dans une cage dorée, qu’en général on a pas envie de quitter, … La porte n’est même pas verrouillée ! (ou alors peu verrouillée… bref)

    Au final, pour une paire d’espions intégrés dans les logiciels, c’est nous (enfin, peut-être pas « vous » 😉 ) qui les choisissons : j’ai coché la case « Enregistrer mon historique de position » au démarrage de mon Android, je sais qu’un robot de Google lit mes mails… Je sais que la NSA & co a la possibilité de lire mes mails…

    Mais, honnêtement, je m’en fous. Je ne vois pas quel risque ça peut avoir pour moi, et c’est confortable de continuer ainsi.

    D’autant que les dernières fois que j’ai testé Ubuntu & co, j’ai été moyennement convaincu (et c’est pas pratique pour jouer ^^)

    Je pense que le plus important c’est d’avoir le choix. Je n’utilise pas Ubuntu, Firefox, mais heureusement, ils existent. Ils fournissent une alternative libre aux autres OS & co. Si jamais les spywares, ou les comportements devenaient trop agaçants, on pourrait passer dessus, quitte à perdre un peu de confort/habitudes auxquels ont est habitués

    Répondre
  3. sandstorm

    mon kindle accepte bien tous mes epubs sans broncher… rien n’a jamais été supprimé, que ce soit acheté chez amazon ou ailleurs et je ne suis pas un gros client… donc baaa je veux bien mais bon
    j’ai pas de télé connectée mais quand bien même si j’en avais une, libre à moi de la connecter, ou de brider cette connexion si j’ai peur

    après m’ame michu n’aura peut être pas le même contrôle sur ce qu’elle achète c’est certain

    Répondre

Laisser un commentaire