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Netflix : état des lieux 6 mois après son lancement en France

Netflix : état des lieux 6 mois après son lancement en France

Rappelez-vous… Netflix débarquait en France le 15 septembre 2014, en promettant un catalogue de films et de séries TV varié et en voulant révolutionner la SVOD (vidéo à la demande sur abonnement). La plateforme espérait également conquérir un tiers des salons français d’ici cinq à dix ans. Près de 6 mois après son lancement en fanfare à coup de spots publicitaires à la télévision, Netflix a-t-il changé les habitudes des français et leur façon de consommer des films et des séries TV ?

Fin 2014, Netflix dépassait la barre des 57 millions d’abonnés (dont 37,70 millions aux Etats-Unis). Avec 500 000 abonnés en France, soit moins de 1% des abonnés dans le monde, on ne peut pas vraiment dire que le leader américain ait déferlé sur les télévisions et tablettes françaises. Pourtant, Netflix est présent sur nombre de box Internet en France : Bouygues, Orange et SFR (à noter l’absence de Free et de Numéricable cependant), mais il s’avère que peu de clients « box » ont été intéressés par le service américain de SVOD. La majorité des visionnages de Netflix se font surtout sur ordinateur, et non pas par les box Internet. Il n’empêche que Netflix n’a pas vraiment le succès escompté, bien qu’en 6 mois, il soit presque arrivé à la hauteur de CanalPlay (600 000 abonnés).

Netflix en Europe et aux USA en 2014
Netflix en Europe et aux USA en 2014

Il ne faut pas chercher bien loin les raisons concernant ce mini-pétard mouillé : le catalogue présenté sur le site français de Netflix est tout simplement insuffisant (on en parlait déjà en 2013). Moins de 1 700 films et séries TV y sont présents, quand il y en a plus de 8 500 sur le site américain ! La faute à la chronologie des médias qui restreint énormément le choix puisque aucun film de moins de 3 ans ne peut être présent sur Netflix. Ce n’est cependant pas une raison suffisante car ses concurrents (CanalPlay et OCS principalement) sont également limités par la chronologie des médias.

Mais la plateforme américaine ne compte pas laisser tomber le marché français ! En effet, elle propose d’ores et déjà la diffusion de la première saison de Marco Polo ainsi que la production et le tournage durant cette année d’une série 100% française : Marseille. Peut-être également que la diffusion exclusive de Better Call Saul, la série préquelle du célébrissime Breaking Bad boostera l’intérêt du public envers Netflix.

La venue de ces nouvelles séries suffira-t-elle à relancer l’intérêt de Netflix dans l’hexagone ? Rien n’est moins sûr. Il faut croire que la SVOD en elle-même n’est pas encore rentrée dans les mœurs en France puisqu’en prenant en compte tous les acteurs du marché, moins de 3,5 millions d’abonnés jouissent de la vidéo à la demande sur abonnement (dont 2,2 millions pour OCS qui est une offre hybride, mi-télévision mi-SVOD). 3,5 millions sur 65, ce n’est pas énorme… Le succès de Netflix passera donc certainement par la démocratisation de ce mode de consommation de contenu audiovisuel.

Sources :

6 Commentaires sur cet article

  1. N’oublions pas aussi que ses propres séries ont déjà été vendues en diffusion à ces propres concurrents.
    House of cards 3 sur C+, non ?
    Par contre dès que Netflix passe la suite sur sa propre chaîne…

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  2. Pour ma part j’utilise PopcornTime. ça marche super bien. La vidéothèque est vaste. Pas de contraintes lié à la Géographie. Du coup on est pénard. tellement pénard que certains films sont dessus alors qu’ils sont au cinoch en France à ce moment. Par exemple Big Hero 6 et Birdman.

    Ces pas une offre légale, mais elle correspond à mes besoins, quand la législation comprendra que c’est à cause d’elle que les offres légales ne peuvent pas avoir de succès, peut être que ça avancera.

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    • Seul souci : pas de VF.
      Sinon y’a pas que PopCornTime… y’a en fait tous les moyens de DL illégaux :p

      Mon moment préféré : voir à la TV la bande annonce d’un film qui sort dans x semaines au cinéma alors que je l’ai déjà vu plusieurs semaines avant.

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    • Thomas Sagot

      Merci d’avoir commenté mon premier article sur Nikopik !

      Effectivement, puisque les sites de VOD illégaux comme PopcornTime ne subissent pas cette loi sur la chronologie des médias, il est évident que leur catalogue est beaucoup plus étoffé ! Je me suis juste cantonné aux principaux services légaux de SVOD en France, et ils sont peu…

      Je ne pense pas que cette chronologie des médias disparaîtra un jour, mais déjà raccourcir les temps entre chaque « support audiovisuel » (cinéma, puis DVD, puis VOD, etc…) serait un pas en avant. De là à ce que ça se fasse, il y a un trou béant.

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  3. Nerdebeu

    @Thomas Sagot:

    Je ne pense pas pour ma part que le chronologie des médias puisse être un grand handicap. C’est le (très grand) vide du catalogue qui est la cause principale de ce « flop ».
    Qu’il n’y ait pas de film antérieurs à 3 ans mais si l’offre de films antérieurs à ces trois années était à la hauteur, le souci ne se poserait pas. Or, que voit-on, ou plutôt que ne voit-on pas ?
    Aucun classique en films à grand spectacle/blockbusters du style aventure ou SF: Pas d’Indiana Jones, pas de Star Wars, aucun Marvel alors que les premiers remontent à bien plus loin que 3 ans…
    Aucun grand classique de film d’action des années 90-2000-10 et toutes ces catégories sont tout de même celles qui cartonnent le plus au cinéma. Si l’offre en films antérieurs à 3 ans était pléthorique, les gens y trouveraient un intérêt, il suffit de voir l’attractivité des films datant de plus de 3 ans sur les sites dits illégaux (notamment les remasterisés BlueRay etc…)

    Quant aux séries, le soi-disant point fort de Netflix, entre celles qui ne sont justement pas suivies et pour lesquelles il manque des saisons alors que tournées depuis longtemps et même diffusées par ailleurs, et celles qui, là aussi, sont de grands classiques n’existent tout simplement pas, ce n’est pas mieux.

    Pour en avoir discuté autour de moi et avoir montré le catalogue à de non abonnés, ce qui ressort c’est « mais il n’y a rien ! »

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    • Thomas Sagot

      Tout à fait d’accord, c’est ce que j’indique dans l’article. La chronologie des médias ne peut pas tout excuser et le catalogue est… plat, on va dire. Le choix n’est pas énorme, c’est la première raison. La deuxième raison est que la SVOD n’est pas encore rentrée dans les moeurs en France.

      Et idem, j’ai fait voir à un ami cinéphile le catalogue de Netflix, et il a eu exactement la même réaction !

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