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Affaire Le Parisien / The Parisienne : le directeur général du journal n’a pas peur de mentir pour se couvrir

Affaire Le Parisien / The Parisienne : le directeur général du journal n’a pas peur de mentir pour se couvrir

Si vous êtes rentré de vacances, vous êtes sûrement tombé sur cette actualité qui affole l’Internet français en ce moment : le journal Le Parisien assigne une blogueuse ayant un blog depuis 2009 au motif que le nom de son blog, The Parisienne, pourrait poser des problème avec la marque « La Parisienne » que possède le quotidien.

La toile s’enflamme, bad buzz et tutti quanti à la clé. Pour tenter d’éteindre le feu, Jean Hournain (le directeur général du journal Le Parisien) s’exprime dans la presse, en déformant quelque peu la réalité des faits pour se couvrir…

Jean Hornain, directeur général du « Parisien », affirme que ses équipes sont en contact avec The Parisienne depuis septembre 2013, « lorsqu’elle a voulu déposer sa marque, alors qu’il existait déjà une marque équivalente ». « A la suite de discussions infructueuses, nous avons dû passer par l’assignation, qui est le dernier recours. Nous le regrettons, ce ne sont pas des choses que nous aimons faire, mais nous devons défendre notre marque », appuie-t-il.
Il s’avoue affecté par le bad buzz : « Je suis très sensible au fait que l’on puisse penser que ‘Le Parisien’ est une machine de guerre. Nous n’assignons pas des gens tous les jours, mais nous sommes obligés de le faire quand nous ne rencontrons pas de succès dans nos démarches. »
Je comprends que la lecture du billet de blog puisse heurter, déclencher une grande émotion, mais c’est une méconnaissance du dossier », ajoute-t-il.
« Nous sommes toujours ouverts à la discussion. Nous espérons résoudre la question et éteindre la polémique. Nos conseils sont en contact actuellement », assure Jean Hornain. Il juge qu’il est « prématuré » de savoir quelle sera l’issue du conflit.
Via Le NOuvel Obs

Sauf que… si l’on regarde ce qu’il s’est réellement passé du côté de la blogueur assignée :

Mon blog date de 2009 et je n’ai jamais déposé ou tenté de déposer la marque The Parisienne.
Quand il évoque des « discussions infructueuses » depuis septembre 2013, en voici la liste :
1. septembre 2013 – j’ai reçu une mise en demeure – la première de ma vie
2. étant convaincue qu’il s’agissait d’un malentendu, j’ai envoyé immédiatement un mail à M. Hornain lui proposant de nous rencontrer pour échanger, lui expliquer l’essence de mon blog, et régler ce sujet à l’amiable : je n’ai pas eu de réponse de sa part
3. j’ai reçu en novembre un mail et un courrier avec accusé de réception de la part de la direction juridique du Parisien me sommant de prendre un avocat
4. je n’ai pas répondu et je n’ai entamé aucune autre action
5. j’ai reçu en juin 2014 une assignation suite à laquelle j’ai pris un avocat
Je n’ai jamais eu d’autres échanges que ceux ci.

Conclusion :

  • Quand Jean Hornain prétend que la blogueuse a voulu déposer sa marque The Parisienne, il ment puisque ce n’est pas le cas.
  • Quand il prétend qu’il y a eu discussions infructueuses, il ment puisqu’il a refusé le dialogue. Un des synonymes du mot « discussion » est « échange », or Monsieur Hornain a jusqu’à présent ignoré la blogueuse incriminée.
  • Quand il affirme qu’ils sont toujours ouverts à la discussion, il ment pour la même raison que précédemment. Sauf qu’ils sont maintenant bien obligés de tenter de discuter suite à l’ampleur que prend cette affaire et à la mauvaise image qui est maintenant associée au journal.

La presse traditionnelle est-elle à ce point en décalage avec la réalité du monde d’aujourd’hui pour croire que des propos mensongers et pourtant vérifiables suffisent encore à éteindre une polémique ?

Mise à jour : Devant l’ambiguïté de certains faits, je me vois obligé de préciser quelques points.

La blogueuse a tenté de déposer la marque « e-parisienne » en 2013 et non pas « The Parisienne » qui serait une traduction littérale de « La Parisienne », la marque appartenant à Le Parisien. Si monsieur Jean Hornain parle en fait de « e-parisienne » (et non pas « The Parisienne ») comme d’une marque équivalente à « La Parisienne », je l’invite à faire un tour sur le site de l’INPI en cherchant avec les mots « Parisien » ou « Parisienne » afin d’illustrer la disproportion de son action par rapport à la mauvaise image que récolte en retour son journal.

S’il y a méconnaissance du dossier comme l’affirme le CEO de Le Parisien, encore faudrait-il exprimer clairement le fond du problème : est-ce « The Parisienne » ou « e-parisienne » ou les deux qui posent problème ici ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucune réponse lors de la tentative de dialogue par la blogueuse ?

Source

17 Commentaires sur cet article

  1. Le Parisien va apprendre l ‘ effet Streisand …

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  2. C’est une honte, les «  »grands » » de ce monde mentent comme ils respirent, et tout cela ouvertement et sans aucune gêne…

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    • Le « journal » Le Parisien » n’est pas franchement « un grand de ce monde ».
      Plutôt un torchon qui fait les chien écrasés.

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  3. Qui croire ? Elle a peut être réellement essayer de déposer le nom. Mais dans ce cas il faudrait des preuves.
    Pareille pour le reste.

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  4. Après, la bloggeuse peut déformer les faits aussi, hein. Pourquoi Hornain serait-il le seul à pouvoir mentir?

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  5. oursgris

    je rejoins personnellement ywen
    ne connaissant aucune des deux parties, on peut difficilement prendre appui sur ses propos
    comment vérifier que la blogueuse ne modifie pas ce qui s’est passé en oubliant certains éléments difficilement vérifiables ?
    attention, je ne dis pas qu’elle ment .. juste que bon d’un oeil extérieur c’est difficile de valider ses hypothèses ..

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  6. Ywen et oursgris : le blog date du 30 août 2009 18:13, cela met déjà M. Hornain en défaut. En plus, il parle de « la parisienne » et non « the parisienne »… Il y a beaucoup de site avec le terme parisienne… Ils vont s’attaquer à ces sites aussi ?

    Bref… Du n’importe quoi…

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  7. Datawolf

    La vérité est probablement quelque part entre les deux…

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  8. Patsous

    Mouais, on ne peut pas non plus se fier à la seule parole de la blogueuse…

    Cette histoire est casse bonbon mais accuser un parti de mentir juste sur la parole de l’autre, c’est loin d’être objectif.

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    • Facile c’est pas The Parisienne qui veut racketter au passage 20000€, donc je pense que c’est elle qui dit la verité

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  9. Donc, le type ne mentait pas du tout lorsqu’il disait: « lorsqu’elle a voulu déposer sa marque, alors qu’il existait déjà une marque équivalente »: ils ont découvert l’existence de The-Parisienne lorsqu’elle a voulu déposé sa marque e-parisienne (qui apparemment a été rejetée car jugée trop proche de celle déposée par le Parisien dans la même catégorie).

    Je remarque qu’il y a aussi une grosse incompréhension: avec cette action, le Parisien ne prétend pas que le terme « parisienne » en lui-même leur est réservé. Ils disent que dans le contexte de presse reprenant des actualités particulières (la mode, si j’ai bien compris), ils ont déposé le terme « parisienne » comme marque de leur produit (et dans ce contexte seulement).
    Du coup, je ne comprends pas la remarque sur la disproportion.

    Pour le reste, comme les autres: pourquoi partir du principe que la version de la blogueuse est plus proche de la vérité.

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  10. A mon avis elle veut juste se faire de la pub..

    S’ils ont déposé un nom, c’est normal quelle ne puisse pas déposer un nom aussi proche.
    C’est le réglement de l’inpi.
    Si je dépose « oubiboulga », lorsque qq1 dautres dépose « gloubiboulga », je peux naturellement m’y opposer car le nom est trop proche et il y a risque de confusion… Si vous êtiez à la place du parisien, vous feriez pareil.

    Le parisien est un journal qui fait des articles. Oui, logique qu’ils ne veuillent pas qu’elle utilise un nom trop proche du leur.

    C’est bon, on s’en tape de son blog à la con, ça na aucun impacte pour elle, ce qui n’est pas le cas du parisien qui est une entreprise.
    Elle n’a pas voulu lire la loi, qui n’est pas de son côté. Elle le fera la prochaine fois.

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  11. Dans tous les cas, on ne devrait pas pouvoir déposer des noms de marques qui privatisent des noms de populations ou des noms communs. C’est une appropriation par des intérêts privés de la langue commune. Et ça devient de plus en plus fréquent, au point qu’on ne pourra plus ouvrir la bouche sans se faire attaquer pour violation du droit des marques. Ce droit des marques qui violent de plus en plus le droit des populations.

    « Le Parisien » ou « e-parisienne » ne devraient pas pouvoir devenir une marque. Il s’agit de la dénomination des habitants de Paris, et on en fait un moyen de gagner de l’argent sur leur dos.

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    • Euh … non.
      Le droit des marques ne privatise en rien un mot (contrairement à ce que beaucoup d’internautes ont dit. Si j’étais Nikopik, je dirais même: « contrairement aux MENSONGES de beaucoup d’internautes » 🙂 (sauf que là, contrairement à Nikopik, j’ai raison quand je dis que c’est un mensonge) ).
      Le droit des marques dit simplement: si dans un domaine commercial particulier, tu utilises un mot comme identifiant de ton produit ou ton entreprise, alors tu peux déposer ce mot (et s’il est déjà déposé, tu ne peux pas l’utiliser).

      Donc, non, jamais personne ne pourra t’empêcher d’utiliser le terme « parisienne » dans un usage « normal », ni même comme terme commercial dans un domaine où ce terme n’a pas encore été déposé.

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  12. moi aussi je doute un peu de la bonne foi de cette blogueuse..!
    surtout qu’après une mise en demeure de ce genre, tu évites de trop laisser trainer le bordel…vaut mieux régler ça au plus vite et pas juste avec un mail !!!
    après, c’est un peu le pot de terre contre le pot de fer…

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