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Au Japon, la nouvelle loi anti-piratage fait s’effondrer les ventes de musique

Au Japon, la nouvelle loi anti-piratage fait s’effondrer les ventes de musique

C’est toujours intéressant de voir comment une industrie entière peut se fourvoyer et continuer de se tirer une balle dans le pied, malgré tous les signaux d’alarme démontrant qu’ils sont en plein dans l’erreur et qu’ils continuent de foncer droit dans le mur !

Voilà encore une bonne démonstration que le fait de taper sur sa clientèle ne va pas lui donner envie de consommer plus : une nouvelle loi anti-piratage a été mise en place au Japon. Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre : dès le premier mois de son application, les intentions d’achats des consommateurs n’ont jamais été aussi basses !

Un résultat qui ne surprendra personne finalement : agresser et fliquer ses clients n’est pas la bonne solution pour les faire consommer. Mais l’industrie japonaise de la musique n’a semble-t-il pas jugé bon de se remettre en question.

La nouvelle loi mise en application au pays du soleil levant au début du mois d’octobre 2012 punit de 2 ans de prison et de 2 million de yens d’amende (20 000 € en gros) toute personne téléchargeant illégalement de la musique et des films.

Une loi qui a effectivement refroidi les pirates, mais aussi les clients habituels qui ont perdu encore plus d’intérêt pour l’achat de musique que jamais jusqu’à présent !

Tout en haut, le chiffre de 68.6% représente le pourcentage de clients ayant dépensé 0 € en musique durant le mois d’Octobre 2012

Une rumeur enfle sur les réseaux japonais, affirmant que maintenant qu’il n’est plus possible de télécharger gratuitement des albums pour découvrir de nouveaux artistes, bien peu de consommateurs seraient prêts à prendre le risque d’acheter des CD payés au prix fort au risque d’être déçu. Une faible minorité de japonais seraient assez intéressés par la musique actuelle pour la payer, ils préfèrent donc ne plus la télécharger illégalement ou légalement, sachant qu’ils ont d’autres priorités budgétaires en ces temps de crise…

Avec des modes de consommation qui ont changé, une majorité de clients qui utilisent aujourd’hui la musique comme fond sonore, et bien plus rarement pour écouter un album en particulier, la valeur de la musique a bien chuté dans la tête des gens.

Et même une loi anti-piratage aussi drastique que celle qui a été mise en place au Japon ne peut rien y faire. Au contraire, elle contribue encore plus à détourner les clients de l’achat légal…

Epilogue : Je pense que, dans le monde de la musique, nous avons à faire à un super exemple du Principe de Peter : « Tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence », suivi de son corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. » 😀

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10 Commentaires sur cet article

  1. J’adooooore l’épilogue 🙂

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  2. Marty Pettaw

    Je ne pense pas que le téléchargement illégal de musique et de films soit préjudiciable à cette industrie mais tout simplement la crise !
    Maintenant, les gens comptent avant de dépenser et bien-sûr dans le cas de musique et de cinéma, s’ils peuvent les trouver gratuitement sur le net, ils ne vont pas les acheter ni se rendre dans les salles obscures.
    Mais faire disparaître l’offre pirate et gratuite sur la toile ne changera rien à la donne. Les gens se passeront de musique et de cinéma car ils n’en ont tout simplement plus les moyens du tout !
    Maintenant, c’est d’abord l’indispensable et ensuite le superflu. Et jusqu’à maintenant,un cd ou un dvd ça ne se mange pas ni se met dans sa chaudière !

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    • hrtjr-jtrk-kè-è

      Difficile de faire un raprochement aussi direct avec la crise.
      Les gens n’ont plus les moyens d’acheter un CD mais les smartphones se vendent comme des petits pains… ça me fait bien rire.
      C’est plus les habtudes de consommation qui sont en cause, depuis trop longtemps, les gens téléchargent. C’est tout.
      Une partie d’entre eux avaient certainement l’habitude de DL illégalement avant d’acheter, quand on leur retire la possibilité de se faire une idée du produit, ils passent leur chemin.

      —–
      Nikopik : ce serait sympa de nous parler de ladite loi.

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  3. François

    Marty -> La plupart des albums au top des ventes actuellement vont TRÈS BIEN à la chaudière tu sais.

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  4. Est-ce que par hasard le temps d’écoute de la radio a explosé ? (Puisque c’est un moyen gratuit d’entendre de la musique, même si on ne la choisit pas directement.)

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  5. J’ai pensé comme toi pour la radio Mathias 🙂
    Et pour la musique depuis que j’ai une offre premium spotify que je trouve complètement satisfaisante, je n’ai plus jamais telecharger illégalement.

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  6. Jean-Vincent

    Sans vouloir me faire l’avocat du diable j’ai une question concernant le « le pourcentage de clients ayant dépensé 0 € ».

    Ce pourcentage a augmenté avec l’adoption de cette loi mais qu’en ait-il du nombre de client ?

    Sauf indication contraire, un hypothèse peut -être que la loi a fait ouvrir plein de comptes par des gens qui ont voulu se diriger vers l’offre légale. Mais ne souhaitant pas débourser plus d’argent ces comptes supplémentaires ne représentent pas plus d’achats.

    En tout cas, on est pas sortis de ce merdier …

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  7. Impact de la crise dans tout ça ? Je ne suis pas entièrement convaincu, mais ça reste possible. A voir à long terme

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  8. MarcelTm

    +1 pour l’épilogue aussi…..

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  9. Le graphique montre juste l’augmentation continuelle des gens ne dépensant pas un yen dans de la musique depuis 2007 , il faudrait les chiffres du mois précédent la loi pour bien comparer parce que la ça ne prouve strictement rien 😉

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