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L’histoire édifiante d’un artiste se faisant pirater sa propre musique par les plateformes de vente

L’histoire édifiante d’un artiste se faisant pirater sa propre musique par les plateformes de vente

Encore une autre preuve que le système actuel de diffusion de la musique n’a que pour seul but de générer des revenus pour les maisons de disques et les plateformes de vente.

C’est l’histoire édifiante d’un artiste qui se fait pirater par iTunes, Google, Rahpsody, Spotify, etc. et qui n’a aucun recours pour empêcher cela…

Benn Jordan est un des premiers artistes à s’être publiquement révolté contre iTunes quand il a constaté que la plateforme de vente de musique d’Apple ne partageait absolument aucun revenu avec lui des ventes de sa musique.

Il a alors mis en ligne lui-même ses chansons sur BitTorrent pour que les gens puissent les télécharger gratuitement, ce qui lui a permis au moins d’acquérir une plus grande notoriété pour développer ses futurs projets.

Benn Jordan accepte toujours que des gens téléchargent gratuitement son travail, mais il a bien plus de mal avec le fait que d’autres se fassent de l’argent sur son dos sans rien lui reverser…

Un pirate nommé Inventor a copié son titre le plus populaire, a ajouté une bande sonore de chants d’oiseaux en fond pour faire croire à un remix, et a déposé ce titre sur quasiment toutes les plateformes de vente de musique disponibles sur Internet.

Ayant essayé de contacter le label de ce vile pirate sans succès, Benn se tourne alors vers les plateformes de vente pour demander le retrait de sa chanson, se disant que cela ne devrait pas poser de problème !

En effet, aujourd’hui les hébergeurs de contenus comme Google avec sa plateforme YouTube répondent très vite aux demandes des ayants droit pour retirer du contenu allant à l’encontre aux droits des auteurs. Benn Jordan a d’ailleurs une bonne expérience de ces demandes, puisque Google lui envoie très fréquemment des demandes de retrait de ses oeuvres qu’il place lui-même sur Internet, alors qu’il en est l’auteur… Il a beau se justifier, il ne cesse de recevoir chaque semaine de nouvelles demandes de retrait, alors qu’il est l’artiste à l’origine de son travail.

S’il y a déjà un gros problème de se faire censurer son propre travail par erreur, on pourrait au moins se dire que cela signifie que les oeuvres des artistes sont très bien protégées, et qu’il est difficile d’en faire un usage détourné pour en tirer profit.

Malheureusement ce n’est pas le cas : Après avoir contacté iTunes, Google, Microsoft, Rhapsody, Emusic, Junodownload, Spotify et encore bien d’autres plateformes de vente de musique en ligne, Benn s’est aperçu que ces gros acteurs n’avaient que faire des véritables droits des artistes, qu’elles n’avaient pas retiré la chanson incriminée, et qu’elles continuaient à la vendre en se faisant du profit dessus sans rien reverser à l’auteur.

Notre ami s’est dit extrêmement frustré par ces entreprises qui se soucient bien plus de l’argent qu’elles peuvent dégager plutôt que du respect du droit d’auteur…

Et pendant ce temps, le pirate ayant déposé sa chanson continue lui aussi à gagner de l’argent sur son dos.

Il dresse un bilan très amer de son expérience avec les plateformes de vente en ligne de musique : « Quand je regarde 5 ans en arrière mon dernier combat contre iTunes, je réalise que rien n’a changé. Pas une seule de ces entreprises ne possèdent un service, ou même un seul employé, pour traiter directement avec les artistes. Quand elles vendent ma musique, elles se font de l’argent, et beaucoup d’argent ».

Pour conclure, Benn pense qu’il n’y a finalement que les grosses maisons de disques qui puissent se faire entendre contre les plateformes de musique en ligne, mais non pas pour protéger les intérêts des artistes, mais s’assurer de leurs propres profits.

Comment un régime très strict de respect du droit d’auteur n’amène finalement aucune protection ou avantage pour les artistes, mais ne sert qu’à assurer la main-mise des maisons de disques sur l’industrie musicale.

Qui va oser s’élever pour les défendre en connaissant cette histoire ? Merci les Hadopi et consorts de vous battre pour les intérêts d’industries culturelles, et non pas ceux des artistes, des vrais…

Source

 

15 Commentaires sur cet article

  1. Demander de retirer un contenu reste surtout, à l’heure actuelle, une question de courtoisie, car nul n’y est jamais obligé, si ce n’est par un juge.
    Ne lui reste-t-il pas ce recours ?

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    • Bien entendu, il lui reste ce recours – en théorie. En pratique, attaquer ce genre de gros poissons en justice, surtout pour un artiste indépendant qui n’a pas forcément une fortune, ça relève de la fiction.

      Par contre, étant américain (il me semble), s’il se rallie à d’autres artistes dans son cas, ils pourraient tenter une class action qui pourrait faire bouger les choses.

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  2. Un article à twitter à votre amie la responsable de com’ de chez HADOPI !

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  3. Je ne dirais qu’une seule chose: MegaBox

    See you, artist !

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  4. C’est pour cela que j’avais écrit ce post un peu provocateur sur le forum des labs hadopi… sans trop de retour de leur part 😉 on comprend bien pourquoi !
    http://labs.hadopi.fr/forum/debats-publics/pour-la-creation-dun-label-encourageant-un-commerce-de-la-musique-plus

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  5. Comment se faisait il qu’il ne touchait rien (Apple ne partageait absolument aucun revenu avec lui des ventes de sa musique) alors que le pirate oui ?

    Histoire classique ces temps ci j’ai envie de dire !! :s

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  6. Frewd Blan

    Ca me rappelle le coup de la vidéo (uploadée par la NASA elle-même il me semble) de Mars Curiosity sur la planète rouge qui a été retirée suite à une « plainte de l’ayant-droit »…

    On dit qu’il faut de tout pour faire un monde. Soit. Mais pour faire un monde meilleur, un peu de tri ne ferait pas de mal…(s’il le faut je mets des droits sur cette phrase, on en met sur tout et rien malheureusement…)

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  7. Stakhanov

    Il faudrait peut-être qu’il contact un avocat au lieu de se battre tout seul.

    En tout cas moi à sa place j’aurais déjà organisés des attentats…

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  8. Si il n’a pas fait enregistrer ses oeuvres auprès d’un organisme spécialisé, c’est quasiment mort pour lui.
    En france, on dit souvent qu’il faut s’envoyer une copie de l’oeuvre par recommandé et ne pas l’ouvrir pour justifier de l’appartenance à la date indiquée par le cachet de la poste. Je ne sais pas si c’est vrai…

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  9. Shill > si, exactement, si tu veux que ton boulot soit officiel, tu copie tes travaux, tu te les envois a toi-même en recommandé par la poste, et le cachet de la date apposé par la poste fera foi.
    Etant étudiant dans un métier créatif, c’est ce que notre prof de droit nous a expliqué, il y a aussi d’autres façon de protéger ses oeuvres, mais celle ci est la moins coûteuse.
    Cette histoire est déplorable en tout cas, il faut vraiment faire gaffe aux créations que l’on dépose sur internet pour ne pas se faire déposséder…

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  10. Stakhanov

    J’ai rigolé des procédés obsolètes depuis 100 ans pour certifier l’authenticité de tes oeuvres, la poste mouhahaha ils servent juste à m’envoyer des colis ces cons là et encore y a des organismes privés qui le font mieux…

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  11. Stakhanov > dis moi un peu leur prix alors…

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  12. ben_kenobi

    Visiblement, pour le pirate, c’est surtout la maison de disque qui doit le défendre.
    Il faut même envisagé que ce ‘pirate’ n’existe pas et ne représente qu’un employé de ladite maison de disque…
    Comme cela se fait souvent.

    pour authentifier son travail, il faut l’envoyer mais avec un cachet, un vrai, sinon comment prouvé que cela n’a pas été ouvert ?

    maintenant, pour lui, soit pétition, soit class action…
    Mais il a 2 combats :
    – être rémunéré pour son travail (à sa charge de prouver qu’il est à lui)
    – empêché d’autres de lui voler…

    sachant que la SACEM fait exactement ce que les majors font : s’assurer d’être payé et peu importe l’auteur, j’imagine que son problème est très loin d’être réglé.

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  13. maizalors

    J’aimerais savoir sous quel licence il a laissé ses musiques en téléchargement libre.

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