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Un organisme de lutte contre le piratage qui vole le compositeur qui a travaillé pour lui

Un organisme de lutte contre le piratage qui vole le compositeur qui a travaillé pour lui

Cette histoire est tellement représentative de la cupidité et de l’hypocrisie de certains organismes de lutte contre le piratage…

Et pourtant elle est bien vraie : un organisme de lutte contre le piratage a utilisé durant des années une musique composée par un artiste sans le rémunérer ni lui demander la moindre autorisation…

En 2006, un musicien nommé Melchior Rietveldt a composé une musique qui devait n’être utilisée que dans une publicité contre le piratage diffusée lors d’un festival cinématographique hollandais.

Lors de l’année 2007, Melchior achète un DVD du film Harry Potter, où il découvre que les avertissements anti-piratage présents au début du DVD reprenaient sans vergogne la musique qu’il a composée.

Souhaitant obtenir rétribution pour son travail, le compositeur contacte l’équivalent hollandais de la Sacem, la Buma/Stemra.

Cette dernière lui envoie une avance de 15 000 €, promettant de lui envoyer ensuite une liste des DVD où la musique composée par Melchior est présente, afin de le rémunérer à la hauteur de la réutilisation de son travail.

La liste des DVD n’est jamais arrivée, et 4 années plus tard la Sterma n’a toujours pas su collecter l’ensemble des données pour rétribuer l’artiste qu’elle est censée protéger du piratage. Pour tenter de calmer Melchior, elle envoie encore 10 000 € d’avances, en espérant que cette somme fera patienter indéfiniment l’artiste floué.

En ayant un peu marre de se faire pirater par un organisme anti-piratage, Melchior attaque en 2012 la Sterma et réclame environ 165 000 € de royalties pour son travail largement exploité sans sa permission.

Pour tenter encore une fois de calmer le jeu, la Sterma offre 31 000 € à Melchior. Mais cela n’a pas suffit et la cour de justice d’Amsterdam a déclaré que l’agence de collecte a été négligente.

La Sterma doit maintenant 20 000 € à Melchior pour rembourser les frais de justice, plus le reste de la somme due en ce qui concerne ses droits d’auteur.

N’ayant visiblement pas peur du scandale, l’un des membres de la Sterma a proposé à Melchior de signer auprès de son label musical pour espérer retrouver l’intégralité de ses droits d’auteur, et accessoirement verser 33% des royalties au label…

Pour résumer : agence de lutte contre le piratage qui pirate une musique composée expressément pour ses besoins, agence de collecte censée défendre les artistes qui refuse de payer les sommes dues, un membre de l’agence de collecte qui propose de passer vers son label pour que la récupération des sommes soit effective, et de ponctionner au passage 1/3 des revenus de l’artiste…

Ça ne vous fait pas penser à un système mafieux ce genre de pratiques douteuses ?

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5 Commentaires sur cet article

  1. La raison du plus fort est toujours la meilleure : nous l’allons montrer tout à l’heure…

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  2. « Ça ne vous fait pas penser à un système mafieux ce genre de pratiques douteuses ? »

    Comme l’intégralité de la finance.

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  3. Comme la Hadopi qui utilise des photos sans autorisations.

    Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais

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  4. Ca ne m’étonne même plus venant de leur part, et au passage même les labels qui pleurent pour soi-disant défendre les artistes les pillent allègrement…

    Un autre exemple du genre:
    http://www.vice.com/read/universal-music-group-took-down-after-the-smokes-music

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  5. Baronsed

    Il y a effectivement une bonne raison de râler, parce qu’il y a hypocrisie. Néanmoins, ça montre aussi que mélange et copie sont des manières naturelles de faire de la culture. Chassez le naturel, il revient au galop.

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