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La Hadopi confirme son caractère inutile… et coûteux

La Hadopi confirme son caractère inutile… et coûteux

J’ai eu le doux espoir que la Hadopi devienne rapidement de l’histoire ancienne avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement, mais les lobbyistes de la culture doivent finalement être toujours très convaincants, car il n’a pas encore été question d’abandonner cette institution extrêmement coûteuse, malgré un bilan déplorable…

Cela n’empêche pas l’organisme de réclamer cette année 12 millions d’euros au gouvernement (avec nos sous quoi) pour mener à bien ses chantiers.

Sauf que si on se penche dans le détail sur les chantiers en cours, on peut voir à quel point la Hadopi traîne des pieds pour mener ses missions à bien.

Petit florilège :

La labellisation des moyens de sécurisation des connexions reportée depuis 2 ans

Lors de la genèse de la Hadopi, le conseil constitutionnel avait censuré le fait de sanctionner les internautes pour téléchargement illégal, car cela n’était pas possible à prouver avec le système de surveillance proposé, et que la présomption d’innocence a encore une certaine valeur en France.

Pour contourner cet obstacle, les supporters de la Hadopi ont proposé que soit sanctionnée la mauvaise sécurisation de la connexion Internet des internautes. Levée de boucliers des spécialistes réseaux, qui rétorquent alors qu’il est très facile de pirater une connexion Internet, et que la grande majorité des particuliers ne possède pas les connaissances nécessaires pour assurer cette sécurisation.

Pour pallier à ça, Hadopi a promis l’arrivée de logiciels à installer sur vos ordinateurs, chargés de s’assurer que vous n’essayez pas de télécharger de manière illégale sur Internet, et ainsi d’avoir la preuve de votre bonne foi si votre adresse IP se fait flasher par le système de surveillance.

Lancée en 2010, cette mission patine toujours. Aucune solution n’a été présentée, bien qu’un représentant annonçait que cela ne saurait tarder en… avril 2011.

Il n’existe toujours aucun moyen pour une personne lambda de labelliser sa connexion Internet, mais ça n’empêche pas la Hadopi de demander un budget pour continuer à travailler dessus ^^

 

L’Open Data promis, rien n’a été fait

L’Open Data (ou données ouvertes) consiste à rendre publiques certaines informations pour que les citoyens puissent se les approprier et les réutiliser.

Puisqu’il a souvent été reproché à la Hadopi d’être extrêmement opaque, certains ont vu là l’occasion de redorer le blason de l’institution en promettant « d’être l’une des premières entités publiques à s’inscrire dans une démarche « Open data » de mise en ligne de données brutes, et à la concrétiser par sa présence sur la plate-forme data.gouv.fr ».

Devinez ce qui a été fait depuis les 10 derniers mois ? Rien, ou si peu : 2 questions posées sur un forum d’Hadopi…

Ça doit bien mériter un budget de 12 millions d’euros ça non ? Enfin même 10 000 € pour un tel résultat, ça serait déjà trop selon ma propre opinion.

 

La détermination des coûts de la lutte contre le piratage au placard

Une autre mission annoncée a été la détermination des coûts des dispositifs impliqués dans le lutte contre le téléchargement illégal.

Encore une mission qui n’a pas donné signe de vie depuis octobre 2011…

 

L’Hadopi 3, anti streaming et téléchargement direct, au point mort

Annoncée par Nicolas Sarkozy lors de la chute de Megaupload, la surveillance du streaming et du téléchargement direct a été promise par le Ministère de la Culture dans les 3 mois (soit en février 2012).

Quasiment 8 mois plus tard après cette annonce, toujours rien en vue…

 

Ajoutez à tout cela que la Hadopi sera bien incapable de surveiller les échanges de fichiers qui se font directement entre les personnes (envois directs, transferts via clés USB ou disques durs…) qui représentent pourtant la grande majorité du piratage (41% des internautes français passent par de l’échange direct pour récupérer des musiques par exemple), que les 4 grands chantiers n’avancent pas et que certains seront impossibles à mettre en place sans attenter d’une manière inacceptable à la vie privée des citoyens (logiciel de labellisation de votre connexion Internet pour vérifier que vous ne téléchargez pas, surveillance du streaming et du téléchargement direct)…

On voit bien que la Hadopi tente de survivre et de quémander des millions d’euros appartenant aux contribuables pour continuer à brasser du vent et à rendre un service inutile, mais rassurant, aux acteurs du cinéma, de la musique et peut-être prochainement des jeux vidéo.

Ne pensez-vous pas que cet argent serait bien mieux employé s’il était transféré comme budget supplémentaire à la CNIL, l’un des seuls organismes qui se bat encore pour défendre les intérêts des Français contre l’abus de l’utilisation de nos données personnelles ?

Ah mais j’oubliais : cela ne représente aucun intérêt politique pour n’importe quel parti. La Hadopi aussi inutile et coûteuse qu’elle puisse être, risque donc de continuer à pomper notre argent par temps de crise, avec les résultats qu’on lui connaît déjà.

Source

7 Commentaires sur cet article

  1. Hadopi, c’est juste là pour faire plaisir aux petits copains producteurs et distributeurs (copains car d’un coté, des hommes avec du pouvoir, de l’autre des hommes avec de l’argent. Même si c’est un raccourci très facile, ceux là sont fait pour s’entendre).
    On baigne dans les histoires de conflits d’intérêt avec, en première mission de proposition de loi, Albanel (orange, endemol) et Olivennes (fnac), une première loi votée en pleine nuit par une dizaine de députés, rejetée par la CNIL (quand même!!!).
    Et maintenant, c’est Pierre Lescure qui doit s’occuper du devenir de cette loi? serieux?

    Hadopi, c’est aussi des histoires à n’en plus finir:
    une police utilisée sans droit pour la première version du logo.
    Tmg, qui collecte les Ip, administrée par thierry Lhermitte qui laisse fuité des données et utilise des serveurs non sécurisés.

    Tout ça pour quoi?
    Un pauvre mec reçu par un juge pour récidive et qui a pu prouvé qu’il n’était pas chez lui aux moment des flashages.

    Budget : 12 000 000 € par an en plus des plusieurs dizaine de millions d’euros pour sa création.

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  2. gloubiboulga

    tu crois que le fait de leur faire comprendre que leur système est inefficace va les faire supprimer Hadopi..? moi je crois que non, bien au contraire, ça leur donnera juste plus argument face aux autorités pour passer à la vitesse supérieur et sûrement demander des budget plus colossaux !
    oui Hadopi est un gouffre à pognon mais apparemment, même les faux culs de gauche, qui avaient pourtant voté contre n’ont pas envie de faire marche arrière !!!

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  3. Rigueur, économies, tout ça …

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  4. Plutôt bon oui. Je voulais laisser une copie d’article mais c’est déjà fait.

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