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Megaupload contre-attaque le gouvernement américain sur 2 fronts en même temps

Publié le par Nikopik dans la catégorie Hadopi, Internet

Megaupload semble être particulièrement actif ces temps-ci !

Après l’annonce d’une victoire importante contre le gouvernement US, la célèbre plateforme de téléchargement ne souhaite pas en rester là et attaque sur deux fronts l’administration américaine qui a décidé la fermeture du site du jour au lendemain.

Première contre-attaque : demande du retrait de toutes les accusations

Une demande fort optimiste, appuyée par le fait que l’entreprise estime avoir subit des procédures absolument contraires à ses droits (saisie des propriétés et du nom de domaine de Megaupload, arrêt brutal des activités avant même que leur illégalité ait été prouvée, réputation de l’entreprise ruinée par une campagne de diffamation savamment orchestrée…).

Le juge américain en charge du dossier à lui-même déclaré publiquement qu’il pourrait s’agir du début de la fin pour l’affaire Megaupload, et que le procès ne pourrait très bien ne jamais avoir lieu.

Deuxième contre-attaque : demande de recouvrement des millions de dollars saisis

Au cas où la première demande n’aboutit pas, la deuxième contre-attaque s’annonce comme une véritable épine dans le pied pour le FBI :

Le gouvernement américain a saisi 67 millions de $ appartenant à Megaupload, et réclame encore 108 millions. Megaupload affirme que ce total de 175 millions de dollars représente la totalité des bénéfices générés par l’entreprise durant toute son existence, et que la réclamation de cette somme est abusive.

Pourquoi donc ? Car il va falloir alors démontrer que la totalité des revenus de Megaupload ont été générés par des moyens illégaux selon la loi américaine, et que ces infractions ont bien eu lieu sur le territoire américain.

Sachant qu’il y a de très fortes probabilités qu’au moins une partie des revenus ait été générée légalement, cela risque d’être difficile à démontrer pour le FBI…

De plus, il y a encore une faille dans l’accusation : Megaupload est considérée comme étant responsable des « crimes » de ses clients (bouh mon dieu j’ai téléchargé un film, je mérite bien la même peine que si je faisais des tests biologiques sur des humains non-consentants).

L’accusation a semble-t-il oublié le principe appliqué pour les hébergeurs : ils ne sont pas responsables du contenu apporté par leurs clients. Si c’était le cas, Google pourrait mettre la clé sous la porte, d’autant plus que le contrôle de l’intégralité des vidéos mises sur Youtube chaque jour est tout simplement impossible.

Et si certains responsables sont directement accusés d’avoir uploadé un fichier MP3 représentant une chanson de 50 cent ou de Louis Armstrong, l’accusation n’a même pas été capable de dire précisément quels droits d’auteur ont été violés lors de cet upload. On appréciera l’amateurisme…

L’accusation de racket et de blanchiment d’argent envers Megaupload touche cette fois le système de rémunération mis en place sur le site de téléchargement et de streaming. Encore une fois, Youtube ou Dailymotion ne sont pas inquiétés, bien qu’ils proposent un système similaire sur leurs plateformes respectives.

Pour conclure, la défense affirme que quand bien même ces accusations seraient fondées, elles ne concernent pas une entreprise qui n’est pas américaine et dont ses clients ne sont pour la grande majorité pas des ressortissants américains. Cette accusation ne serait qu’un flagrant abus de pouvoir des États-Unis en dehors de leurs frontières. Un peu comme si l’Union Européenne attaquait et faisait fermer Facebook car ses conditions d’utilisation ne respectent pas la législation européenne sur la vie privée.

Comme on le pressentait, le cas de Megaupload est bien loin d’être aussi simple que l’on a bien voulu nous le faire croire, et si l’affaire prend une tout autre tournure, cela créera un symbole que les représentants de l’industrie culturelle auront bien du mal à défaire, une sorte de The Pirate Bay inattaquable.

Affaire à suivre de très près…

Source et source



7 réponses à Megaupload contre-attaque le gouvernement américain sur 2 fronts en même temps

  1. Licha

    Merci de nous informer, j’espère que tu continueras à nous informer sur l’évolution de procès megauplaod :)

  2. mini

    Mais au fait, ils n’ont pas perdu leurs serveurs depuis le temps ?
    L’hébergeur ne doit pas vouloir garder du contenu qu’on ne lui paie pas, même si ce sont des « preuves ».

  3. nW44b

    Je suis mitigé.
    Je trouverais ça chouette que MU gagne son procès, ça ferait un bon pied de nez à la justice/fbi/… américaine qui se croit tout permis.
    Par contre MU a tué le principe de partage (p2p torrent), la centralisation c’est l’horreur.

    • gloubiboulga

      non! c’est hadopi qui tue le P2P ! le téléchargement direct est une altérnative à ce dernier vers laquelle beaucoup de gens se sont tournés pour ne pas se faire prendre par la gestapo des majors !

    • gloubiboulga

      de plus, le P2P est centralisé lui aussi, puisque qu’il passe par des serveurs ! sauf des logiciels comme Tribbler qui te permette accéder à un réseau complètement décentralisé !

  4. walafc0

    @gloubiboulga : Alors déjà le P2P n’est pas centralisé du tout, c’est le principe même du P2P la décentralisation. Avec la technologie des liens magnet, chaque leech trouve des peers sans problème. Tu parle du logiciel Tribler qui soit disant est 100% décentralisé : faux. Chaque fois que tu lance le soft, il envoi des requêtes vers 8 serveurs appartenant à l’université de Delft et d’Amsterdam, qui eux assure la liaison vers les peers. Si ces serveurs tombent, plus rien. Ensuite, des requêts sont envoyés vers différents serveurs sur des domaines en .net .com et .org, donc potentiellement filtrables par les USA.

    Ensuite, la Hadopi a tué le P2P, excusez-moi l’expression mais « lolilol ». Le P2P n’a absolument pas baissé en France contrairement à ce qu’affirme les « études » publiées. Et le téléchargement direct n’est absolument pas une alternative au P2P, c’est l’inverse. Si tu coupe la source, tu ne trouve plus rien, alors qu’avec le P2P, une tête tombe, 10 autres sont toujours là.

  5. P6A6B6C

    Je viens de penser à un truc : et si c’était voulu de la part du FBI toute cette histoire, et que depuis le début ils ne voulaient que réduire à néant Megaupload, même si le procès n’aboutit pas ? Là, toutes les données hébergées ont été effacées, et c’était peut-être le seul but du FBI… C’est à réfléchir, vous ne croyez pas ?

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