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Téléchargement illégal ou paiement via iTunes, les artistes gagnent bien souvent tout autant dans les 2 cas…

Téléchargement illégal ou paiement via iTunes, les artistes gagnent bien souvent tout autant dans les 2 cas…

Depuis ces dernières années, le piratage a toujours été accusé de contribuer à la débâcle de l’industrie culturelle.

Le premier accusé a d’abord été la cassette audio, permettant la copie facile d’albums de musique. Puis sont apparus les premiers graveurs de CD, montrés comme de véritables tueurs de l’industrie musicale, sans compter par la suite sur l’essor de la musique numérique illégale, jugée encore plus responsable aujourd’hui de tous les maux de l’industrie culturelle.

L’un des arguments utilisés par ces majors du disque est que le téléchargement illégal rend les artistes pauvres, mais savez-vous que le téléchargement légal ne reverse absolument rien à la majorité des artistes ?

La Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes) tente de se battre contre cette situation depuis ces dernières années.

Actuellement, un artiste-interprète touche un cachet lors de l’enregistrement, et se sera leur seule et unique rémunération, même si la chanson se vend à des milliers d’exemplaires à travers le monde !

« Concrètement, un guitariste, un batteur, un bassiste, aussi créatif soit-il, recevra une centaine d’euros pour solde de tout compte, et cela même si l’enregistrement remporte un vrai succès et génère d’importants revenus sur internet. »

Pourquoi certains artistes défendent malgré tout les positions des majors de la musique en ce qui concerne la musique numérique ? Car ce problème ne touche que les petits artistes, qui représentent l’immense majorité des contrats. Les gros artistes sont en position de négociation pour pouvoir réclamer un pourcentage sur les ventes numériques et sur les revenus générés par les écoutes en streaming.

Mais il y a bien plus grave : il s’avère que ces majors ont aussi pris la liberté de diffuser, sans l’accord des artistes, les musiques de leur choix sur Internet, et qu’elles génèrent des revenus sur ces titres, toujours sans rien reverser aux interprètes.

Par quel tour de passe-passe ? Elles estiment que les autorisations signées durant les années 60 et 70 concernant la publication des oeuvres sur support physique peuvent être étendues aux supports dématérialisés (bien qu’Internet ne faisait pas du tout partie de la vie quotidienne de tout un chacun).

L’occasion d’apporter une nouvelle manne financière aux artistes ? Que nenni, l’intégralité des revenus générés reste dans la poche des maisons de disque, malgré le fait que cette situation soit éthiquement très difficile à justifier.

L’affaire a été portée devant les tribunaux, et la Spedidam vient malheureusement d’essuyer un revers. Il faut dire qu’en se battant contre le SNEP, EMI, SONY BMG, Warner et Universal, la bataille n’était pas gagnée d’avance… Mais la société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes ne baisse pas les bras, et prévoit d’aller porter l’affaire devant la Cour de Justice européenne s’il le faut.

Sachant que cette cour a déjà par le passé tranché en défaveur de l’industrie culturelle (voir ici et ici), il serait peut-être bon pour ces entreprises d’adopter une position plus éthique en faveur des artistes-interprètes.

Mais bien entendu, je doute que cet appel soit entendu.

Je laisserais un de mes lecteurs, Arnaud Le Gué, conclure sur cette affaire, car je trouve sa réflexion très pertinente :

« Que vous téléchargiez « illégalement » ou achetiez, l’artiste gagne bien souvent tout autant dans les 2 cas. Mais dans le second, vous payez pour cela. Amusant, le deuxième cas ressemble bien plus à mes yeux à de la contre-bande que le premier. »

Source et Image

6 Commentaires sur cet article

  1. 😉 merci pour l’info

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  2. en gros.Pour mieux rémunérer l’artiste il vaut mieux acheter un cd physique (album+pochette)et boycotter l’offre de téléchargement légale.

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  3. Elle vient d’où l’image d’intro ? Je la trouve excellente ^^.
    J’ai le droit d’en faire un t-shirt ou j’enfreins le droit d’auteur ;p ?

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  4. Je ne suis pas certain d’avoir tout compris mais pour info, sur une « oeuvre » sonore, l’interprète est celui qui touche le moins et c’est normal.

    Auteur, compositeur, arrangeur sont des postes qui touchent bien, il y a le coté création (la fameuse propriété intellectuelle) qui est rémunérée. En revanche lire la partition, ou le texte, ne rapporte qu’une fois.

    Rien ne me choque là dedans, ça a toujours été comme ça. Il faut néanmoins faire la distinction avec les auteurs-interprètes qui vont bien évidement percevoir une meilleure rémunération sur le long terme.

    Résumé : écrire des chansons pour les autres ça rapporte. Chanter les chansons des autres, non. A moins de monnayer cette interprétation lors de représentations publiques contre cachet.

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  5. Artistik

    Les décisions rendues par la Cour d’Appel de Paris, de rejeter toutes les demandes de la SPEDIDAM est une catastrophe pour les artistes interprètes. Cela signifie que les artistes n’ont droit à rien sur le téléchargement commercial. C’est un message très fort envoyé au grand public : le téléchargement dit légal, comme les usages pirates, ne rémunèrent pas la quasi totalité des artistes interprètes.

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  6. Excellent article qui rend bien compte à quel point on nous prend pour des idiots.

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