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Ma critique de La Saga des Jeux vidéo + l’interview de l’auteur du livre

Ma critique de La Saga des Jeux vidéo + l’interview de l’auteur du livre

Il y a quelque temps je me suis mis à chercher un livre parlant de l’histoire d’un domaine qui me passionne : celui des jeux vidéo. Et je me suis aperçu finalement qu’il y avait assez peu de bouquins qui traitaient de ce sujet !

Après une recherche sur Internet, je suis tombé sur l’ouvrage La Saga des Jeux vidéo qui a récolté de bonnes critiques de la part des lecteurs et je me suis plongé dans sa lecture (non sans avoir eu un certain mal à le trouver, chaque nouvelle édition se vendant si bien qu’elle se retrouve rapidement épuisée en quelques semaines).

Je m’attendais à trouver un ouvrage plutôt descriptif techniquement, avec des photos des principales machines et des captures d’écrans des hits qui ont marqué l’histoire vidéoludique… et qu’elle ne fût pas ma surprise de découvrir que ce livre ne contenait pas du tout ce que j’attendais.

Mais c’était en fait une très bonne chose : plutôt que de suivre une bête ligne chronologique, on découvre l’envers du décor, les histoires humaines et les anecdotes incroyables qui ont permis la création de chefs d’oeuvre innovants, la création d’empires du jeu et même la chute de certains. Et au final, c’est un livre bien plus intéressant que ce que j’avais espéré lire 🙂

Bref, je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage, même si vous n’êtes pas un grand fan de jeux vidéo. Vous verrez d’un autre oeil le travail des développeurs et éditeurs de jeux, ainsi que les anciens titres qui ont permis d’inventer une nouvelle forme d’expression artistique.

Et puisque son auteur Daniel Ichbiah est une personne sympathique, il a bien accepté de répondre à une petite interview exclusive 😛

 

– Daniel Ichbiah, pouvez-vous nous présenter votre livre La Saga des Jeux vidéo ?

C’est à mon sens un témoignage unique sur ce domaine, un document qui sera de plus en plus précieux au fil des années car il dépeint une ambiance, une atmosphère, quelque chose d’indescriptible, que l’on peine à croire. L’histoire des créateurs de jeu vidéo est véritablement incroyable, il y a dans ce livre des anecdotes que l’on peine à croire comme lorsque Sony décide de créer la PlayStation avant tout parce que le PDG de Sony a subi un affront personnel du PDG de Nintendo, ou encore lorsque le créateur russe de Tetris découvre l’Amérique un soir à 23:00 alors qu’il n’en a jamais rien vu et se retrouve d’un seul coup plongé à Las Vegas et se demande si toute l’Amérique est comme cela… C’est cela que j’ai voulu transcrire…

 

– Pourquoi avez-vous choisi de parler de l’histoire des jeux vidéo ?

A force d’effectuer des tests et reportages pour des magazines, je suis devenu proche de certains créateurs. J’ai voulu dépeindre cette frénésie. Les créateurs d’un nouvel art sont des personnages hors du commun. J’ai voulu qu’une mémoire soit conservée des débuts de cet art… Aujourd’hui, ceux qui veulent savoir ce qu’était le cinéma vers 1910 lisent des histoires de l’époque. La Saga des Jeux Vidéo, c’est cela. Des récits incroyables, insensés, les histoires d’allumés qui ont créé un nouvel art de toutes pièces.

 

– Avez-vous rencontré des similitudes, ou au contraire des différences, dans cet univers vidéoludique par rapport à d’autres domaines d’activités créatifs, comme la musique, le cinéma ou l’écriture ?

Il y a la même vibration dans les divers domaines de création, que ce soit la musique, le cinéma, le jeu vidéo… Ce sont des êtres vraiment à part qui sévissent dans ces domaines. La création d’un grand album, d’un grand jeu, d’un film à la Apocalypse Now a quelque chose de similaire : c’est souvent une aventure avec ses délires, ses joies, ses déceptions, ses rebondissements… La vie, quoi ! Quelqu’un comme Shigeru Miyamoto ou encore les gens de chez Blizzard sont des artistes du niveau des plus grands. Ils ne sont pas reconnus comme tels mais Schubert ou Modigliani ne l’étaient pas non plus de leur vivant.

 

– Y a-t-il une personnalité que vous avez rencontré qui vous a particulièrement marqué ?

Il y en a au moins 3 : Peter Molyneux et Shigeru Miyamoto pour leur immense respect des joueurs, Will Wright pour son génie de mettre la vie en équation, mais en fait bien d’autres… En France, un type comme Philippe Ulrich dont nous suivons l’histoire d’un bout à l’autre du livre a un parcours fascinant. Il part de rien, crée un empire, tout s’effondre, il repart de plus belle, recrée un empire, se retrouve à nouveau dans la dèche et repart encore et encore.

 

– Quel a été le plus grand succès dans cette saga des jeux vidéo ?

Tout dépend de ce que l’on appelle un ‘succès’. Si l’on parle en termes de ventes, Pokémon et les Sims surpassent tous les autres. Après, c’est une affaire de goût. Zelda, the Ocarina of Time n’est pas loin du jeu ultime. Cela dit, mon favori à moi c’est Final Fantasy IX.

 

– Et le plus grand flop ?

Sans doute le jeu E.T. en 1983 qui a entraîné Atari dans une chute vertigineuse qui s’est répercutée à cette époque sur toute l’industrie du jeu vidéo… Atari était devenue l’une des sociétés les plus florissantes du monde en 1982. La licence d’E.T. lui a coûté une fortune et comme le jeu était mauvais, en l’espace de 6 mois, Atari a connu une débâcle historique…

 

– Selon vous, la créativité des artistes travaillant dans ce domaine était-elle limitée, ou au contraire encouragée par les limites techniques des anciens systèmes de jeu ?

En fait, chaque avancée technique est un challenge pour les créateurs un peu comme l’arrivée de la guitare électrique et des effets a permis à un Jimi Hendrix d’émerger. De même l’Apple 2 génère Sim City, l’iPhone génère son Nate True qui crée Tap Tap… Cela dit la qualité d’un jeu ne se mesure pas en terme technique mais en ce qu’un créateur en fait à un moment donné.

 

– Quels ont été les changements les plus importants entre les débuts du jeu vidéo et l’industrie actuelle ?

C’était un geyser créatif avec des doux dingues qui parfois ne connaissaient pas grand-chose à la programmation et se lançaient malgré tout dans l’aventure. C’est devenu une « industrie » un peu comme le cinéma avec ses sorties annuelles, un ‘savoir-faire’ qui nuit sans doute ici ou là à la liberté créative.

 

– Que pensez-vous des jeux vidéo indépendants ?

Ils sont essentiels. C’est de là que vient souvent le jeu inattendu qui nous met par terre. En fait, ce qui était regrettable à partir du milieu des années 90, c’est qu’un jeu ne pouvait plus être créé par une seule personne comme au temps des premiers Ultima, Tetris ou Sims. Avec l’ère des stores (Wii, Apple, etc.) nous voyons revenir des jeux à la Tap Tap créés par un seul programmeur et c’est important.

 

– Quelles sont vos prédictions lorsque vous imaginez le futur des jeux vidéo ?

Je pense que tôt ou tard, tous les jeux pourront être abordés depuis une même console. Il n’est pas supportable d’avoir encore 7 standards différents (Xbox, Wii, PS3, iPhone/iPad, Windows, Mac et Android). Par ailleurs des pièces immersives vont apparaître, d’abord dans des salles d’arcade puis chez les gens.

 

– Pouvez-vous nous dévoiler la liste des jeux et des machines qui vous ont personnellement le plus marqué à travers les années ?

J’en ai cité deux plus haut : Zelda the OCarina of time et FF IX. Il y a également eu Monkey Island 3, Myst, Sim City à ses débuts… Les consoles les plus étonnantes pour leur époque ont sans doute été la Dreamcast et la PS1. Plus récemment, la Kinect m’a vraiment bluffé mais les jeux ne suivent pas… Mais patience, le Zelda de la Kinect va peut-être bientôt débarquer ?

 

– Et enfin pour terminer, que diriez-vous à un joueur n’ayant jamais connu toute cette histoire pour qu’il s’y intéresse et qu’il ait envie de jouer sur d’anciens supports ?

Qu’il y a un plaisir à retrouver d’anciens jeux qui n’est pas sans rappeler le plaisir que l’on a à regarder des films comme Casablanca. Certains jeux ont une « patte » d’auteur qui transpire à travers le jeu…

 

La Saga des Jeux Vidéo, dont la 5e édition vient de paraître, est encore disponible chez Pix’n Love au prix de 19 €, et croyez-moi, ça vaut le coup 😉

 

5 Commentaires sur cet article

  1. J’ai un panier de 111€ qui attend chez eux, ca serait bien si on pouvait réservé des livres :). Bref, j’ai quelques un de leur livre, et ils sont tout simplement géniaux.

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  2. Merci pour cette info. Je vais de ce pas m’empresser de commander ce livre! 🙂

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  3. Guillaume

    Je cherchais justement quoi lire ces derniers temps. Ah Final Fantasy IX, sans doute l’un de mes jeux préférés également 🙂

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  4. Moi aussi je veux une salle d’immersion :p

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  5. Salut Niko. Pour info, une version 2018 est disponible. Si tu veux refaire une interview, welcome

    http://ichbiah.online.fr/saga-des-jeux-video.htm

    Amicalement

    Daniel

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