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Facebook se lance dans les sondages politiques… sans demander l’avis de ses utilisateurs

Facebook se lance dans les sondages politiques… sans demander l’avis de ses utilisateurs

Encore une fois le célèbre réseau social s’illustre par ses capacités à s’immiscer dans la vie privée de ses utilisateurs contre leur gré.

Après la récolte d’informations sur vos amis qui ne sont même pas inscrits à Facebook en passant par votre téléphone, voici que Mark Zuckerberg a vendu l’accès à certaines informations à un site américain de sondage politique pour constituer la plus importante base de sondage sur les opinions politiques de toute l’humanité.

Au pire, vous me direz que les gens n’ont qu’à pas remplir la case « Opinions politiques » du réseau social, et que cela serait suffisant pour protéger votre vie privée… Sauf que cet accord comprend aussi l’accès aux informations mentionnées dans vos messages publics… mais aussi privés !

Et c’est bien là qu’il y a un problème : le contenu de vos messages privés est vendu à une autre entreprise, sans que vous puissiez y changer quoi que ce soit car vous n’avez pas la possibilité de refuser cet état de fait.

Il s’agit pour le moment de compter le nombre d’occurrences des noms des candidats à l’investiture républicaine pour les élections présidentielles aux USA.

Et cela avec un échantillon pour le moins intéressant : avec plus de 800 millions d’utilisateurs, un objectif à court terme approchant le milliard, la possibilité de trier les résultats, par pays, âge, sexe, etc… le réseau social se transforme en une machine à obtenir des opinions sur à peu près tout ce que l’on souhaite, avec une précision inédite dans l’histoire de l’humanité.

De quoi changer le monde de la récolte de données, rien que ça !

Le revers de la médaille ?

C’est que vos données sont analysées malgré vous, vous n’avez pas la possibilité de refuser cette récolte, même lorsque vous échangez des messages à caractère strictement privé.

Je vous laisse imaginer les questions éthiques qui vont se bousculer quand une entreprise pourrait s’intéresser à ce genre d’informations en ce qui concerne la politique française. Après tout, rien n’empêcherait le New York Times de demander un accès lors des élections présidentielles françaises de 2012 et de publier ces données sur son site Internet, sans que nous n’ayons eu notre mot à dire sur la publication de nos opinions politiques privées…

Un autre problème en découle : Quid du contrôle des entreprises ayant accès à ces informations ? Qui est autorisé à analyser ces statistiques ?

Sachant en plus qu’il est facile d’obtenir frauduleusement les informations de nombreux utilisateurs de Facebook pour pouvoir se forger son propre échantillon, les enjeux futurs de la possession des données personnelles, de leur vol et de leur protection vont devenir plus encore importants.

Le futur ne s’annonce vraiment pas radieux pour nos vies privées, surtout quand on voit que certains députés français souhaiteraient bien qu’un organisme gouvernemental contrôle ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux.

Je vous laisse imaginer les énormes pouvoirs que pourrait obtenir cet organisme si cela se faisait un jour…

Source

10 Commentaires sur cet article

  1. TF1 a lancé (y a un an je crois) un truc dans le même genre, mais avec Twitter : http://lci.tf1.fr/politique/twittoscope/

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    • Là au moins les messages sont affichés publiquement sur Twitter, je trouve cela bien moins gênant que d’aller fouiller dans les données normalement inaccessibles !

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      • Qui ta dit que les données de FB sont inaccessibles ? elles appartienne a FB et tu n’a aucun droit dessus une fois postées… (rf : le règlement de FB)
        a chacun de postés ce qu’il veut et d’en tenir les conséquences…

        FB a bien raison ! il revend des informations qu’on leur donnés c’est nous les fautifs, pas FB !

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  2. Parce que ça étonne encore des gens?…
    Franchement, Facebook a très vite trouvé sa voie: vendre les informations de ses utilisateurs au plus offrant. Ça fait des années que c’est le principal fond de commerce de cette boîte.
    A une époque, le FBI tenait ce rôle, et aujourd’hui on a Facebook. Le pire c’est que les gens n’en ont rien à cirer. Et ce n’est pas un problème d’information ou d’exclusivité, puisque tout le monde le sait et qu’il y a des réseaux alternatifs. Seulement, tout le monde s’en tamponne le mou de savoir qu’une société vent leurs infos persos à d’autres entreprises. C’est désolant.
    je boycotte Facebook depuis son lancement justement pour cette raison, et qu’on puisse y rester en sachant ça, c’est un truc qui me tue…

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    • entièrement d’accord avec toi… mais au jour d’aujourd’hui les gens sont addict à facebook c’est déjà trop tard pour leur faire changer leur habitude…

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  3. Datawolf

    Super fiable comme « sondage » : si tu dis du mal d’un candidat tu es compté comme lui étant favorable.
    C’est du data mining de clown !

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  4. Georgette

    Si quelque-chose proposé par une entreprise est gratuit, c’est que le produit, c’est vous.

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  5. Parler en bien ou en mal de quelqu’un ou quelque chose est lui faire de la pub dans les deux cas.

    Trop d’information peut tuer l’information ; si on ne peut éviter de se faire filtrer, on peut au moins mélanger les mots-clefs avec d’autres mots, à l’aide par exemple d’une sorte de générateur de conversation aléatoire qui parlerait à notre place en notre absence pour brouiller les conversations… ça peut paraître idiot à première vue, car ça ressemble au principe des pourriels, sauf que les mots-clefs devraient mieux choisis.

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  6. Mapepite

    …et comme d’hab, tout est fait pour vous rassurer braves gens, et vous brosser dans le sens du poil ! La preuve ? Ce bon vieux Mark vient tout juste d’affirmer ceci :

     » Internet est l’outil le plus puissant que nous avons pour créer un monde connecté et plus ouvert. Nous ne pouvons pas laisser des lois mal réfléchies bloquer sérieusement le développement d’Internet. Facebook s’oppose à SOPA et PIPA et nous continuerons à nous opposer à n’importe quelles lois qui endommagerait Internet.
    Le monde d’aujourd’hui a besoin de leaders politiques qui soient pro-Internet. Nous avons travaillé avec beaucoup de ces personnes pendant des mois pour trouver de meilleures alternatives aux propositions actuelles. Je vous encourage à apprendre plus de ces questions et à dire à vos membres du Congrès que vous voulez qu’ils soient pro-Internet. »

    Nous pouvons donc dormir sur nos deux oreilles…
    Pour ceux justement qui n’y arrivent plus (dormir sur leurs deux oreilles !!!), des gens intéressants comme Nico osent publier de réelles alternatives et les partager avec le plus grand nombre.

    Entre autres publications, et sans aucun prosélytisme, je me permets de parler ici d’un « éveilleur de consciences » que j’estime devoir partager avec les lecteurs de ce site : il s’agit de la revue Nexus, en kiosque, qui ouvre de multiples perspectives alternatives.

    Tu a dis, le 17 janvier dans l’article « Grève générale d’Internet le 18 janvier en signe de protestation contre les lois Hadopi et SOPA », une phrase on ne peut plus juste :
    « Jusqu’où sont-ils prêts à aller ? Aussi loin qu’on le leur permet… »

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